Reunion : agroalimentaire
Question de :
M. Legros Auguste
- Rassemblement pour la République
M Auguste Legros attire l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur la situation de plusieurs milliers d'agriculteurs qui vivent directement et exclusivement de la culture de la canne a sucre, qui represente pour l'ile de la Reunion l'activite principale de l'agriculture. Il lui rappelle que ces planteurs ont a faire face a une situation difficile creee par la depression « Clotilda » de 1987 et la secheresse de 1988 en meme temps qu'a une augmentation tres faible du prix de la tonne de canne a sucre et cela, au moment ou des efforts de modernisation et de productivite importants leur sont demandes en vue de l'echeance europeenne. Il lui demande de lui preciser ses intentions en vue du retablissement de l'aide exceptionnelle attribuee dans la region de Savannah dans le cadre de la lutte contre le ver blanc. De meme, souhaiterait-il savoir s'il n'estime pas que les criteres de replantation pour l'attribution de la totalite de l'aide sociale ne devraient pas etre appliques systematiquement pour les producteurs livrant moins de 500 tonnes de canne a sucre. Il lui demande enfin de reunir les differents partenaires (producteurs, industriels, administration) pour aborder les problemes existants, et notamment les conditions d'analyse et de paiement de la richesse, la repartition des recettes concernant la valorisation des sous-produits, les modalites d'aide et d'incitation pour la modernisation des exploitations et la prise en compte des handicaps naturels.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Le prix de reference de la canne paye au planteur lors de la campagne 1987-1988 a ete releve de 4,3 p 100 par rapport au prix de 1986-1987, ou l'augmentation avait ete de 3 p 100. Cette hausse etait egalement superieure a celle du prix industriel de la canne fixe par rapport au prix communautaire de la betterave et releve de 3,8 p 100 en 1987. L'aide economique de l'Etat a ete ainsi de 48,04 francs par tonne, soit un soutien total des pouvoirs publics au titre de la garantie de prix de la canne de plus de 105 millions de francs. Par ailleurs, pres de 15 millions de francs de credits ont ete verses en fin de campagne 1987 pour l'indemnisation des pertes de recolte de cannes, a la suite du passage du cyclone Clotilda. Pour 1988-1989, l'aide economique de l'Etat connait egalement une hausse importante avec un montant de 52,66 francs par tonne, soit un accroissement de 9,6 p 100 par rapport a 1987-1988. Par contre, l'aide supplementaire de 5 francs par tonne pour les cannes du bassin de Savannah accordee a titre exceptionnel pour 1987-1988 afin d'accompagner la fermeture de la sucrerie sur ce site et d'aider la livraison des cannes n'a pas ete reconduite. Le bon deroulement de la recolte et des livraisons releve desormais de la seule collaboration entre les familles professionnelles interessees, planteurs et usiniers, l'Etat participant aux actions contre le developpement du ver blanc avec la mise en place des moyens techniques de lutte adaptes. Afin d'accelerer le renouvellement de la sole canniere, indispensable au maintien de la filiere, les pouvoirs publics ont egalement conditionne le versement d'une fraction du complement de prix aux petits planteurs au respect d'un certain pourcentage de replantation effective. Compte tenu des circonstances defavorables de la campagne 1987, le controle de cette condition de replantation n'a cependant pas ete effectue pour les petits producteurs livrant mois de 300 tonnes de cannes. A travers leur soutien, les pouvoirs publics entendent renforcer les efforts d'adaptation de la filiere canne-sucre a des conditions de marche particulierement difficiles. La mise en oeuvre a la Reunion des methodes culturales hawaiennes et la modernisation de l'appareil industriel sucrier traduisent la volonte de l'ensemble des partenaires de renforcer la competitivite de la filiere. Dans cette perspective, il est indispensable que les dispositions relatives a l'avenir de la production sucriere soient prises en etroite concertation entre les partenaires professionnels, planteurs et sucriers, mais egalement avec les collectivites territoriales et l'Etat.
Auteur : M. Legros Auguste
Type de question : Question écrite
Rubrique : Dom-tom
Ministère interrogé : agriculture et forêt
Ministère répondant : agriculture et forêt
Date :
Question publiée le 12 septembre 1988