Question écrite n° 2460 :
Francophonie

9e Législature

Question de : M. Pelchat Michel
- Union pour la démocratie française

M Michel Pelchat demande a M le ministre delegue aupres du ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, charge de la francophonie, s'il ne considere pas que le developpement de langues dites regionales dans les territoires francais d'outre-mer, notamment dans le Pacifique, nuit au rayonnement de notre langue dans ces regions du monde.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Dans les territoires d'outre-mer de Polynesie francaise, de Nouvelle-Caledonie et de Wallis-et-Futuna l'usage des langues locales est une des donnees de la vie familiale et sociale et une des composantes de la culture propre aux populations du Pacifique. Cependant leur diversite d'une part (ainsi, la Nouvelle-Caledonie compte plus de trente dialectes particuliers), leur caractere majoritairement oral d'autre part, limitent le champ d'emploi de ces langues. Seul le tahitien beneficie d'un statut relativement priviligie par rapport aux autres parlers traditionnels puisque, en Polynesie, il est langue officielle a parite avec le francais. Le regime d'autonomie administrative reconnu aux territoires d'outre-mer permet a ceux-ci de mener des activites specifiques de nature a preserver et developper leur patrimoine culturel et linguistique. Cependant l'enseignement demeure de la competence de l'Etat et la scolarisation des enfants s'effectue uniquement en francais, de la meme facon qu'en metropole. La prise en compte des specificites locales, comme le bilinguisme de fait, peut justifier le cas echeant une adaptation des methodes pedagogiques, comme le soulignait recemment le rapport d'information fait au nom de la commission des affaires culturelles du Senat a la suite d'une mission d'information effectuee du 5 au 21 fevrier 1988 chargee d'etudier dans les territoires de Polynesie francaise et de Nouvelle-Caledonie et en Australie la mise en place de l'universite du Pacifique ainsi que l'enseignement et la diffusion de la langue francaise. Elle justifie egalement la possibilite d'inscrire les langues locales parmi les matieres enseignees durant la scolarite. Cependant on ne saurait craindre que ces langues locales ou regionales puissent nuire a la diffusion du francais, qu'il s'agisse de son enseignement dispense a l'ensemble de nos concitoyens d'outre-mer ou de son rayonnement dans cette region du monde. La creation recente par l'Etat de l'universite francaise du Pacifique concretise d'ailleurs les efforts entrepris pour permettre une meilleure insertion des ressortissants des territoires d'outre-mer dans le dispositif de formation complet de l'education nationale, ainsi que pour assurer le developpement d'elites francophones dans le Pacifique et le rayonnement de la langue et de la culture francaise dans cette partie du monde.

Données clés

Auteur : M. Pelchat Michel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : francophonie

Ministère répondant : francophonie

Date :
Question publiée le 19 septembre 1988

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