Question écrite n° 2582 :
Lapins : Pays-de-la-Loire

9e Législature

Question de : M. Le Meur Daniel
- Communiste

M Daniel Le Meur appelle l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur les difficultes que rencontrent les producteurs de lapins des Pays de la Loire. Cette region compte 1 200 producteurs de lapins. Regroupes, ils traitent avec les abattoirs implantes dans la region ou a proximite, les conditions de l'ecoulement de leurs animaux. En amont comme en aval il y a aussi les entreprises de toutes la filiere lapin (selection aliment). Il faut donc multiplier par plus de deux le nombre des eleveurs pour obtenir celui des emplois de ce secteur. Or, les abatteurs viennent de se soustraire aux engagements qu'ils avaient pris a l'egard des producteurs. Sans aucune concertation, ils envisagent desormais de payer le lapin a un prix derisoire. Ils vont se referer pour cela aux cours enregistres sur le seul marche de Rungis, place sur laquelle ne transitent que des volumes limites. Depuis quelques mois des importations en forte augmentation des pays tiers font chuter les cours de 2,50 francs par kilogramme. Sur de telles bases les couts de production ne sont plus couverts. Pourtant il s'agit d'une production deficitaire tant dans la CEE qu'en France. Il conviendrait donc d gerer ces entrees des pays tiers au Marche commun pour eviter la speculation sur le lapin. Cela s'avere indispensable d'ailleurs pour que toutes les entreprises de la filiere puissent developper leur activite avec une saine concurrence entre elles. Les importations anarchiques a n'importe quel prix nuisent a tous, y compris aux consommateurs eux-memes. Car si ceux-ci a tout moment recherchent les meilleurs prix, la regularite de ces derniers est tout aussi importante. Il lui demande quelles dispositions il entend prendre pour proteger les producteurs d'importations abusives, financer le stockage des excedents et obtenir le redressement des cours pour atteindre un niveau remunerateur.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - La production estivale de lapins de chair, traditionnellement plus elevee en cette periode, a revele cette annee le desequilibre structurel croissant de l'offre et de la demande dans cette filiere. Ainsi les augmentations des abattages controles de 3 p 100 en 1987 par rapport a 1986, puis de 4,9 p 100 au cours des cinq premiers mois de 1988 par rapport a 1987, sont a rapprocher de l'evolution de la consommation qui a diminue, durant ces memes periodes, respectivement de 3 p 100 et de 0,2 p 100. Les importations ne representent pas plus de 12 p 100 en volume de la production estimee et leur augmentation sensible de 530 tonnes durant le premier semestre de 1988 (+ 10 p 100) est a attribuer a l'augmentation des arrivages de produits congeles chinois (+ 1 200 tonnes, soit + 58 p 100 par rapport a la meme periode de 1987) principalement a usage des collectivites, donc peu concurrentiels des lapins francais. Par ailleurs, on peut constater une diminution des importations de carcasses fraiches de lapins, originaires des pays de l'Est (Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie) qui representaient 2 394 tonnes a la fin du premier semestre 1987 et seulement 1 484 tonnes pour la meme periode en 1988 (soit - 910 tonnes et - 38 p 100 par rapport a la meme periode de 1987). La consequence du desequilibre entre l'evolution des abattages controles et celle de la consommation des menages a ete une chute des prix de gros et une rupture des engagements contractuels entre les agents economiques. Les negociations engagees sous l'egide du ministere de l'agriculture ont permis de retablir le dialogue entre les familles professionnelles et d'envisager la mise en place progressive d'actions structurelles beneficiant a l'ensemble des operateurs de la filiere. Notamment les pouvoirs publics ont decide, en accord avec les familles professionnelles de ne plus publier la cotation du lapin en carcasse de Rungis, dont la reference etait contestee par les operateurs qui s'en servaient pour fixer le niveau des transactions. La mise en place d'une cotation plus representative est a l'etude dans mes services avec la participation des professionnels. L'organisation communautaire de marche pour ce secteur prevoit une libre regulation par les mecanismes du marche, sans autre intervention publique. La filiere doit donc utiliser au mieux les lois economiques regissant les rapports de l'offre et de la demande. Ainsi il est de la responsabilite des agents economiques d'eviter qu'une situation semblable a celle de ces derniers mois ne se reproduise.

Données clés

Auteur : M. Le Meur Daniel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Elevage

Ministère interrogé : agriculture et forêt

Ministère répondant : agriculture et forêt

Date :
Question publiée le 19 septembre 1988

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