Question écrite n° 2583 :
Veaux

9e Législature

Question de : M. Le Meur Daniel
- Communiste

M Daniel Le Meur appelle l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur les consequences qu'entraine pour les eleveurs de veaux francais l'utilisation de substances a effets anabolisants dans d'autres pays de la CEE Plusieurs elements permettent de penser en effet que la directive communautaire interdisant l'usage de ces substances n'est pas appliquee dans toute sa rigueur dans certains pays. Ainsi, de nouveaux activateurs appeles Beta-agonistes seraient administres durant une longue periode d'elevage en dehors des affections que ces produits sont censes traiter. L'utilisation de ces traitements ameliore notablement la croissance et permet d'abaisser le cout de 5 a 6 F le kilogramme de viande. L'augmentation considerable des importations en provenance des Pays-Bas pourrait trouver sa source dans cette concurrence deloyale. Aussi, il lui demande quelles dispositions il compte mettre en oeuvre pour proteger les eleveurs francais de cette concurrence et assurer aux consommateurs une viande loyale.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - En ce qui concerne les hormones a effet anabolisant, la reglementation est claire : la directive no 88-146 CEE, qui reprend a l'identique les termes de la directive no 85-649 CEE annulee pour vice de procedure, interdit l'utilisation de substances a effets thyreostatique, oestrogene, androgene ou gestagene pour l'engraissement des animaux d'elevage a compter du 1er janvier 1988. Chaque Etat membre a transcrit cette reglementation dans son droit national ; la France a pour cela retire les autorisations de mise sur le marche des substances dont l'usage etait devenu interdit. En complement de ces dispositions, la directive no 86-469 CEE fixe les modalites de recherche des residus dans les animaux et dans les viandes fraiches. Dans ce cadre, chaque Etat membre a remis a la Commission un plan de controle soumis pour accord a l'ensemble des pays ; la mise en oeuvre de ces plans harmonises soumet l'ensemble des eleveurs aux memes types de verifications (sondage et controle renforces, en elevage et a l'abattoir). Par ailleurs, l'emploi frauduleux d'activateurs de croissance de substitution de la famille chimique des beta-agonistes a ete mis en evidence dans plusieurs Etats membres au debut de l'annee 1988. Les services du ministere de l'agriculture et de la foret ont ete amenes a prendre des mesures nationales avec rappel de l'interdiction d'emploi de ces molecules chez les animaux d'elevage et mise en place de controles adequats sur les animaux et les carcasses produits en France et importes, avec, le cas echeant, retrait de la consommation et saisie des denrees. Parallelement, a la demande de la France, un renforcement des actions concernant les beta-agonistes au sein de la Communaute economique europeenne a ete decide au cours de l'ete. Ce dossier d'actualite est suivi avec une attention particuliere par le ministere de l'agriculture et de la foret et la position francaise reste tres ferme sur ce sujet, a Bruxelles comme dans le cadre des contacts bilateraux avec certains de nos partenaires europeens. Les partenaires professionnels concernes sont tenus etroitement informes des conditions de mise en oeuvre de l'ensemble de ces mesures et savent que, parallelement aux actions qu'ils menent eux-memes, toutes les dispositions sont prises par les pouvoirs publics pour preserver la qualite des produits et l'equilibrage des marches d'elevage.

Données clés

Auteur : M. Le Meur Daniel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Elevage

Ministère interrogé : agriculture et forêt

Ministère répondant : agriculture et forêt

Date :
Question publiée le 19 septembre 1988

partager