Question écrite n° 2592 :
Commerce extracommunautaire

9e Législature

Question de : M. Vasseur Philippe
- Union pour la démocratie française

M Philippe Vasseur attire l'attention de M le ministre de l'industrie et de l'amenagement du territoire sur les menaces qui pesent sur la survie des verreries francaises et europeennes. En effet, face aux pays a bas salaires (Turquie, Coree du Sud, Taiwan, Indonesie), la CEE doit exiger la stricte reciprocite des droits et avantages. Ainsi, la Turquie, toujours consideree comme pays en voie de developpement ne devrait pas pouvoir continuer a importer en CEE 19 530 tonnes de verrerie de table, soit plus de 10 p 100 du tonnage que la Verrerie Cristallerie d'Arques, la plus importante verrerie de table du monde, y vend. Ce chiffre represente l'emploi de 1 000 ouvriers. Aujourd'hui, la breche est ouverte et la verrerie turque Pasabache, beneficiant de capitaux et techniques americaines, s'equipe rapidement et a installe ses services de vente a Bruxelles meme. Il lui demande s'il compte intervenir aupres de la Commission europeenne afin qu'elle suspende rapidement les importations quand il y a distorsion et remettre de l'ordre dans les services en faisant publier les statistiques en temps opportun pour eviter les absences comme celles du 1er semestre 1988.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - La Turquie beneficie d'exemption de droits de douane dans ses echanges avec la CEE, en vertu de l'accord d'association CEE-Turquie signe a Ankara en 1963. Cet accord, et les protocoles qui l'ont suivi, prevoient, a terme, une union douaniere. La Communaute a pour sa part pratiquement respecte les engagements de demantelement tarifaire auxquels elle a souscrit, notamment ceux relatifs aux produits du chapitre 70, articles en verre. Il n'en est pas de meme pour la Turquie qui a pris des mesures contraires a l'accord d'association (taxes diverses a l'importation et mesures pour encourager ses exportations). La Communaute est consciente de tous ces problemes et s'efforce de les regler ponctuellement dans le cadre d'un groupe d'experts ad hoc charges d'examiner les points litigieux dans le cadre de l'accord d'association. Dans le cas present, les services du ministere de l'industrie et de l'amenagement du territoire sont d'ores et deja en relation avec les industriels du secteur, afin de preparer, le cas echeant, une demarche aupres de la Communaute economique europeenne (mise en place eventuelle de droits antidumping, ou de mesures antisubventions). En ce qui concerne les statistiques, les retards du premier semestre 1988 sont dus a la mise en place du systeme harmonise de codification des marchandises et du document administratif unique. De tels retards ne devraient plus se produire.

Données clés

Auteur : M. Vasseur Philippe

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politiques communautaires

Ministère interrogé : industrie et aménagement du territoire

Ministère répondant : industrie et aménagement du territoire

Date :
Question publiée le 19 septembre 1988

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