Aide alimentaire
Question de :
M. Boucheron Jean-Michel
- Socialiste
M Jean-Michel Boucheron (Charente) attire l'attention de M le ministre de la cooperation et du developpement sur la campagne « Pour une Afrique verte ». Depuis trois ans, une partie, qui va croissante, de l'aide alimentaire francaise a l'Afrique, est achetee, non plus en France, mais sur place dans les zones excedentaires voisines des zones de famine. Rapportes au 200 000 tonnes d'aide alimentaire francaise, ces achats restent faibles mais ils ont le merite d'exister. Une reconversion de 10 p 100 de l'argent de l'aide alimentaire en achats locaux en Afrique, afin de rendre irreversible l'evolution salutaire entamee, est souhaitee par de nombreuses organisations non gouvernementales. Cette reconversion contribuera a ameliorer considerablement le sort economique et social de regions entieres en Afrique. L'aide alimentaire doit etre consideree d'abord comme une aide au developpement. En consequence, il lui demande que 10 p 100 de l'aide alimentaire francaise soit reconvertie en achats locaux.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - La demande transmise a l'honorable parlementaire par l'association « Terres des hommes », dans le cadre de la campagne « Pour une Afrique verte », fait, a juste titre, le point sur les dangers que represente pour les economies locales l'attribution d'une aide alimentaire concurrencant les produits locaux et allant ainsi a l'encontre de l'objectif d'autosuffisance alimentaire. Il est tout a fait certain que l'aide alimentaire, qui s'est certes revelee indispensable en 1984, doit etre geree avec une precaution pour ne pas destabiliser les economies locales. C'est pourquoi les dispositions deja prises seront poursuivies : la premiere consiste a ne plus verser d'aide alimentaire gratuite aux pays les moins necessiteux et de verser les sommes recueillies par la vente de cette aide sur un compte special permettant de financer des projets de developpement ; la seconde consiste a developper les aides dites triangulaires permettant l'achat de cereales dans un pays en voie de developpement et leur transport dans un pays voisin dont la production est deficitaire. Le ministere de la cooperation et du developpement a meme finance des operations de distribution de cereales d'une region productrice a une region necessiteuse d'un meme pays. L'aide dite triangulaire est relativement onereuse en raison essentiellement du cout des achats locaux qui doivent generalement etre faits a des prix superieurs aux cours mondiaux et des couts de transport. Elle sera neanmoins poursuivie soit directement par le ministere, soit indirectement par le biais de subventions versees a des organisations non gouvernementales pour mettre en oeuvre ces operations (une telle action est actuellement en cours de realisation pour la fourniture de mais blanc achete au Mozambique et livre a des refugies mozanbicains au Malawi). La sauvegarde des economies des pays en voie de developpement implique des choix difficiles ; les orientations actuelles de la politique de cooperation et de developpement doivent nous conduire a favoriser les echanges sud-sud. Par ailleurs, des actions dites de diversification consistant a envoyer dans les pays qui le souhaitent des produits alimentaires autres que ces cereales sont des maintenant engagees : elles pourraient atteindre bientot 10 p 100 du total de l'aide alimentaire.
Auteur : M. Boucheron Jean-Michel
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : coopération et développement
Ministère répondant : coopération et développement
Date :
Question publiée le 26 septembre 1988