Question écrite n° 3192 :
Reinsertion professionnelle et sociale

9e Législature

Question de : M. Cauvin Bernard
- Socialiste

M Bernard Cauvin attire l'attention de M le secretaire d'Etat aupres du ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale, charge des handicapes et des accidentes de la vie, sur les preoccupations des parents d'enfants inadaptes et plus particulierement sur leur difficulte majeure rencontree dans l'accueil en structure de travail protege des jeunes handicapes adultes de vingt ans qui, atteints par la limite d'age, doivent imperativement quitter les instituts medico-professionnels bien que ne pouvant etre accueillis en centres d'aide par le travail faute de places. Il est demande au secretaire d'Etat de preciser les dispositions envisagees par le Gouvernement pour remedier a cette situation. Parmi ces dispositions, la loi no 87-517 du 10 juillet 1987, relative a l'emploi des travailleurs handicapes, oblige les entreprises qui ne peuvent pretendre integrer dans leurs effectifs pour diverses raisons (emplois a risques, etc) des handicapes mentaux a participer au financement d'un Fonds national de formation. Il est demande au secretaire d'Etat de faire le point sur la mise en oeuvre de cette mesure et le mode de repartition retenu pour l'affectation de ce Fonds national aux centres d'aide au travail et ateliers proteges, cette repartition devant permettre de pourvoir a des postes d'encadrement de travailleurs handicapes, rendant ainsi possible une extension des CAT et ateliers proteges.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le Gouvernement est tout a fait conscient de l'important retard pris en ce qui concerne l'accueil des adultes handicapes, notamment les personnes handicapees mentales et les polyhandicapes. Il entend oeuvrer pour que soient mis a la disposition des handicapes les moyens necessaires pour leur permettre de realiser toute l'autonomie dont ils sont capables et d'acceder a l'insertion sociale. Il s'agit, en particulier, d'offrir une prise en charge adaptee aux nombreux jeunes lourdement handicapes qui sortent des institutions specialisees pour l'enfance et qui arrivent a l'age adulte, par la creation d'un nombre de places suffisant tant dans le secteur du travail protege que dans celui de l'accueil des handicapes les plus lourds. Afin de traduire dans les faits cette priorite, le Gouvernement a pris pour 1989 plusieurs mesures : creation de 1 840 places de centres d'aide par le travail, ce qui marque une progression de plus de 50 p 100 par rapport a l'annee precedente. Parallelement, le developpement des ateliers proteges et l'insertion individuelle dans les entreprises de travailleurs issus de structures de travail protege seront encourages ; constitution d'une enveloppe nationale exceptionnelle qui, s'ajoutant a l'effort de redeploiement opere dans les departements, permettra de creer, en 1989, 700 places supplementaires pour personnes gravement handicapees ; pour faire face a une situation d'urgence, une disposition legislative a ete prise permettant, grace a une modification dans ce sens de la loi d'orientation du 30 juin 1975, le maintien, si necessaire, de jeunes adultes handicapes dans les etablissements medico-educatifs au-dela de la limite d'age d'accueil, dans l'attente d'une solution adaptee a leurs besoins. Il est indispensable que cet effort soit accompagne par celui des conseils generaux qui, depuis les lois de decentralisation, sont responsables de l'hebergement et du maintien a domicile des personnes handicapees et doivent creer des foyers occupationnels pour les adultes disposant d'une certaine autonomie mais ne pouvant pas travailler, ainsi que des foyers pour l'hebergement de ceux qui exercent leur activite professionnelle en secteur protege. En ce qui concerne le fonds de developpement pour l'insertion professionnelle des handicapes, cree par la loi no 87-517 du 10 juillet 1987, en faveur de l'emploi des travailleurs handicapes, il est indique a l'honorable parlementaire que l'objectif qui lui est assigne consiste a accroitre les moyens consacres a l'insertion des handicapes en milieu ordinaire de travail, ce qui exclut la possibilite d'affecter les fonds collectes a l'extension de centres d'aide par le travail dont le financement est assure sur credits d'Etat.

Données clés

Auteur : M. Cauvin Bernard

Type de question : Question écrite

Rubrique : Handicapes

Ministère interrogé : handicapés et accidentés de la vie

Ministère répondant : handicapés et accidentés de la vie

Date :
Question publiée le 3 octobre 1988

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