Question écrite n° 385 :
Chili

9e Législature

Question de : M. Montdargent Robert
- Communiste

M Robert Montdargent attire l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres sur l'arrestation entre le 6 et le 13 septembre 1987 par les organismes de securite de la junte chilienne de MM Jose Julian, Pena Maltes, Manuel Jesus Sepulvedo Sanchez, Alejandro Alberto Pinochet Arenos, Gonzalo Ivan Fuenzalida Navarrete et Julio Orlando Munoz Otarola. Les interesses ont disparu depuis cette periode et les autorites de Santiago refusent de reconnaitre leur detention. Ces nouveaux cas de recours par les forces de repression aux disparitions forcees d'opposants confirme que le regime du Gouvernement Pinochet est decide a continuer de fouler aux pieds les droits de l'homme au Chili. La France ne peut demeurer indifferente devant ces pratiques criminelles. Elle doit les condamner, avec force, agir concretement pour exiger la liberation immediate des personnes arretees et exprimer son soutien a la lutte du peuple chilien pour le retablissement de la democratie. Il lui demande s'il entend agir en ce sens.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le Gouvernement francais suit, avec la plus grande attention, la situation au Chili et a toujours marque sa reelle preoccupation concernant les droits de l'homme dans ce pays, ainsi que sa volonte d'encourager par la voie du dialogue, en reprouvant la violence d'ou qu'elle vienne, le retour a la democratie au Chili. Avec ses partenaires de la Communaute economique europeenne, il a, dans une declaration commune, le 9 octobre 1987, puis le 18 juillet dernier, demande aux autorites chiliennes de faire en sorte que soit respectees les regles democratiques et notamment la liberte d'expression dans la perspective des elections a venir. Par ailleurs, la France coparraine la resolution sur la situation des droits de l'homme au Chili presentee a l'assemblee generale des Nations Unies et a la commission des droits de l'homme a Geneve. Ce souci permanent des droits de l'homme, clairement affirme, a conduit le Gouvernement francais a effectuer de nombreuses demarches aupres des autorites chiliennes en faveur de prisonniers politiques et a s'inquieter du sort des disparus. En ce qui concerne les cinq personnes citees par l'honorable parlementaire, elles seraient, selon les informations qui ont pu etre recueillies, membres du Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR) qui est engage dans l'opposition armee au regime du general Pinochet. Leur enlevement, en septembre 1987, a ete revendique par un groupe terroriste d'extreme droite qui l'a presente comme une reponse au rapt d'un officier de l'armee de terre chilienne qui aurait ete commis par le FPMR Alors que le Gouvernement chilien decline toute responsabilite dans cette affaire, le Gouvernement francais pour sa part, par l'intermediaire de l'ambassade de France a Santiago, garde le contact avec les organismes de defense des droits de l'homme qui continuent a chercher, mais en vain jusqu'a present, a savoir ce que sont devenues ces cinq personnes. Cette tache est d'autant plus difficile que les disparus comme les auteurs de l'enlevement appartiennent a des groupes clandestins.

Données clés

Auteur : M. Montdargent Robert

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Date :
Question publiée le 4 juillet 1988

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