Entreprises : Seine-Saint-Denis
Question de :
M. Brard Jean-Pierre
- Communiste
M Jean-Pierre Brard attire l'attention de M le ministre de l'industrie et de l'amenagement du territoire sur la decision prise par le conseil d'administration de la societe Sofresid, a Montreuil (Seine-Saint-Denis), avec l'aval du Gouvernement, de faire de John Brown, filiale britannique du groupe financier Trafalgar House, le premier actionnaire de l'entreprise en lui cedant 35 p 100 du capital. L'existence meme de l'ingenierie francaise est ainsi menacee. L'insuffisance des investissements productifs, la politique de desindustrialisation menee depuis de nombreuses annees par les gouvernements successifs, la gestion mercantile de la diretion ont considerablement affaibli les positions de l'entreprise et accelere la recession organisee par les groupes financiers tels que Paribas, Elf, Total ou Sacilor. Les pouvoirs publics qui ne cessent de deplorer la degradation du solde industriel du commerce exterieur laissent pourtant l'essentiel de l'activite de l'ingenierie francaise se replier sur quelques zones de plus en plus reduites, alors que des besoins majeurs existent en France et a l'etranger dans la chimie, la pharmacie, la productique, l'agro-alimentaire et bien d'autres secteurs. Dans ce contexte, le rachat de la Sofresid par John Brown, loin d'etre une cooperation entre deux societes permettant un developpement reciproque, est une operation qui, en favorisant la recuperation des parts de marche pour exporter a partir de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, met non seulement en cause les potentiels existants d'ingenierie en France, mais constitue egalement une atteinte particulierement grave a l'interet national. Il lui demande donc : 1o de bien vouloir lui faire connaitre son opinion sur cette affaire et de preciser les raisons pour lesquelles le Gouvernement a donne son accord a cette operation ; 2o de preciser les mesures qu'il entend mettre en oeuvre afin de garantir l'independance economique nationale et de maintenir une ingenierie puissante en France par une strategie de relance de cette activite essentielle au developpement industriel.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Les difficultes economiques auxquelles a ete confrontee la societe Sofresid en 1988 marquent le terme d'une periode fortement influencee par la recession des grands investissements mondiaux. Les actionnaires de la societe ont d'abord finance, a la fin de 1987, un plan de restructuration qui a permis a Sofresid de redevenir une unite d'ingenierie viable et particulierement qualifiee pour conquerir de nouveaux marches. Simultanement, ces actionnaires ont voulu donner a Sofresid une dimension europeenne afin d'affirmer son image et d'elargir son horizon commercial. L'entree de John Brown dans le capital a repondu a cette attente, confirmant ainsi la valeur et la qualite technique de la societe francaise. Cette association de deux grandes societes d'ingenierie a permis la mise en commun de capacites techniques et economiques qui feront de Sofresid une des principales societes europeennes dans ses specialites. Cette prise de participation de John Brown dans le capital social de Sofresid ne met en cause ni les performance ni la presence internationale de l'ensemble de l'ingenierie francaise. Celle-ci a aujourd'hui surmonte les consequences de la recession et a reussi sa conversion dans les secteurs ou s'imposait la necessite d'une operation de cette nature.
Auteur : M. Brard Jean-Pierre
Type de question : Question écrite
Rubrique : Services
Ministère interrogé : industrie et aménagement du territoire
Ministère répondant : industrie et aménagement du territoire
Date :
Question publiée le 17 octobre 1988