Politique energetique
Question de :
M. Ollier Patrick
- Rassemblement pour la République
M Patrick Ollier interroge M le ministre de l'industrie et de l'amenagement du territoire sur la politique qu'il envisage de conduire dans le domaine de l'energie, et en particulier de l'energie electrique. Il apparait en effet que les capacites de production d'electricite ne seraient qu'en partie utilisees en France dans les annees a venir si la consommation continuait a augmenter faiblement, comme le montrent de recentes etudes. Or, notre pays s'est dote, en prenant les mesures necessaires lorsque la crise de l'energie a eclate, d'un parc electro-nucleaire qui lui assure, outre son independance energetique une securite d'approvisionnement. Il reste que la surcapacite de production porterait sur cinq a dix tranches nucleaires d'ici a l'horizon 1990-1995. Dans ces conditions, n'est-il pas opportun de rechercher, des a present, les moyens de mieux utiliser l'energie electrique ainsi disponible ? En particulier, n'est-il pas souhaitable de lever certains obstacles administratifs et financiers, qui empechent aujourd'hui une augmentation plus forte des ventes d'electricite ?
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - L'excedent envisage pour 1990-1995 de la capacite de production francaise d'electricite a plusieurs causes : 1o surestimation des previsions de consommation ; 2o previsions de prix des combustibles fossiles superieures aux donnees actuelles et aux estimations pour les annees a venir ; 3o meilleure disponibilite des centrales nucleaires. Pour ces raisons, le Gouvernement a donne mission a EDF de mener une politique active de substitution de l'electricite aux energies importees, en priorite dans l'industrie, et d'accroitre les exportations d'electricite. Ces orientations ont ete reprises dans le contrat de plan signe en octobre 1984 par les pouvoirs publics et EDF pour la periode 1984-1988. La priorite donnee aux placements dans l'industrie et aux exportations s'explique par les caracteristiques des consommations de ces secteurs, qui sont reparties regulierement sur l'annee et contribuent de ce fait a valoriser le parc nucleaire. Les placements supplementaires dans le secteur industriel entre 1983 et 1987 ont represente plus de 21 milliards de kWh et le solde exportateur est passe de 3,8 milliards de kWh en 1982 a 29,8 milliards de kWh en 1987. En complement des placements dans les secteurs industriels traditionnellement gros consommateurs (Eurodif, aluminium, chlore, etc), ou dans les usages captifs de l'electricite, les pouvoirs publics ont souhaite le developpement de techniques innovantes et performantes d'utilisation de l'electricite dans les procedes industriels. EDF s'attaque aujourd'hui a des marches de plus petite taille, mais en expansion, avec des produits specifiques ou innovants ; l'avenir commercial de l'electricite devrait ainsi etre assure en grande partie grace au developpement de techniques innovantes de sechage et de cuisson (rayonnement infrarouge, micro-ondes, etc), de concentration (techniques membranaires), a la maitrise des traitements a haute temperature (torches a plasma), ou au perfectionnement de techniques existantes (congelation). Pour ce faire, EDF travaille sur ces techniques en liaison avec constructeurs et industriels. S'agissant des ventes a l'etranger, les discussions engagees a Bruxelles sur le theme du grand marche interieur de l'energie, prevu par l'actre europeen pour la fin de 1992, devraient permettre de progresser dans la voie d'une plus grande liberalisation des echanges. Ce marche devrait permettre de mieux valoriser une production electrique competitive.
Auteur : M. Ollier Patrick
Type de question : Question écrite
Rubrique : Energie
Ministère interrogé : industrie et aménagement du territoire
Ministère répondant : industrie et aménagement du territoire
Date :
Question publiée le 11 juillet 1988