Question écrite n° 4328 :
Tunisie

9e Législature

Question de : M. Bachelet Pierre
- Rassemblement pour la République

M Pierre Bachelet rappelle a M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, les difficultes rencontrees par de nombreux ressortissants francais en matiere d'indemnisation des biens immobiliers par les autorites tunisiennes, dans le cadre des divers accords et traites signes par la France. Lors des precedents accords de 1984, les Francais de Tunisie avaient ete tres mal indemnises et nettement spolies : d'apres le journal Tunis-Hebdo no 717 du 19 septembre 1988, il semblerait qu'un accord serait intervenu entre le Gouvernement tunisien et le Gouvernement francais pour la mise en application d'un coefficient general d'indemnisation de 2,5 au lieu de 2 anterieurement pour les 8 000 locaux, appartements des proprietaires francais, alors que nos ressortissants avaient reclame un coefficient de 8. Parallelement, malgre l'accord du 25 septembre 1986 et l'accord du 9 decembre 1987, il semble que tous les avoirs en compte en Tunisie ne soient pas aussi aisement transferables que cela etait prevu et que, dans ce cas encore, la reciprocite n'est pas totalement imposee par la France, puisque les Tunisiens peuvent envoyer leur argent dans leur pays, sans formalites. Il lui signale egalement qu'une partie des immeubles pris en gestion par la SNIT, le 1er janvier 1984, n'a pas encore fait l'objet d'offres d'achat de la part des Tunisiens, mais entre temps cette societe encaisse les loyers de ces immeubles sans les virer au compte bancaire des proprietaires legitimes. Il lui demande en consequence, compte tenu des recents avantages consentis a la Tunisie, notamment en matiere de deblocage d'allocations sociales, en matiere d'aide contre la secheresse, de fournitures de cereales, d'aide militaire et de dotations financieres, que l'Etat francais impose en contrepartie le reglement rapide et honnete de l'indemnisation des biens immobiliers des proprietaires francais de Tunisie.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Les ressortissants francais qui possedaient des biens immobiliers en Tunisie en sont demeures proprietaires. Ils peuvent en disposer, dans le cadre de la legislation locale. Cette situation n'ouvre pas droit a indemnisation. Les accords de 1984 precisent les modalites de cession, generales et particulieres, de ces biens. Il a notamment ete prevu, pour les seuls immeubles a caractere social de la zone de Bizerte, qu'une offre publique d'achat serait faite par les autorites tunisiennes a un prix determine. Cette procedure, assortie de facilites de transfert du produit des ventes, a ete acceptee par la tres grande majorite des proprietaires francais. Quelques dossiers encore en instance devraient aboutir prochainement. Des negocations se poursuivent par ailleurs sur une extension de cette procedure a l'ensemble du patrimoine immobilier francais a caractere social de Tunisie. Pour tenir compte de la diversite des situations, l'hypothese d'un zonage fait actuellement l'objet d'un examen approfondi. Au cours de ces pourparlers les droits et interets de nos compatriotes ont ete rappeles et sont defendus. S'agissant des transferts de fonds, les accords des 25 septembre 1986 et 9 decembre 1987 ont marque d'importants progres. Ils connaissent, apres un temps de mise en place, une application normale.

Données clés

Auteur : M. Bachelet Pierre

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Date :
Question publiée le 24 octobre 1988

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