Politique fiscale
Question de :
M. Raynal Pierre
- Rassemblement pour la République
M Pierre Raynal M le ministre de l'agriculture et de la foret sur les consequences de la perte de densite du tourisme vert. En vingt ans, la part des Francais qui prennent leurs vacances au vert est passee de 35 a 25 pour cent. Pourtant, pendant ces vingt memes annees, l'effort d'equipement dans le domaine a ete important, mais n'a pas permis de rattraper la Suisse et l'Autriche, qui sont plus performantes. Cette evolution laisse cependant entrevoir des perspectives interessantes pour un secteur d'activite seul capable d'absorber l'accroissement de clientele touristique. Le tourisme vert, s'il n'est pas rentable comme activite, peut etre envisage comme une activite d'appoint d'une structure agricole. Aujourd'hui, 1,5 pour cent des agriculteurs developpent une activite de tourisme. Bien souvent, se sont des regles fiscales ou sociales trop rigides, qui dissuadent l'agriculteur de s'engager dans cette voie. Le decret no 88-25 du 4 janvier 1988 relatif au caractere agricole, au sens de l'article 1144 (1o)du code rural, des activites d'accueil touristique developpees sur l'exploitation agricole, est une premiere etape vers l'assouplissement de ces regles. Il lui demande les mesures qu'il entend prendre afin de poursuivre l'effort de reforme dans cette voie.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Les problemes evoques par l'honorable parlementaire concernant la pluri-activite et plus particulierement l'exercice d'activites d'accueil touristique par les agriculteurs trouvent leur solution dans les mesures qui viennent d'etre prises. Conscient de ce que represente la pluri-activite comme facteur essentiel de developpement de la vitalite economique de certaines regions, notamment en montagne, mais egalement comme source de revenus souvent indispensable a de nombreux agriculteurs, le Gouvernement reconnait tout l'interet et le bien-fonde des mesures pouvant en faciliter l'exercice. Les dispositions de l'article 32 de la loi du 17 janvier 1986 et celles du decret du 4 janvier 1988 relatives au caractere agricole des activites d'accueil touristique developpees sur les exploitations agricoles, constituaient un progres en matiere sociale. Elles permettaient en effet aux agriculteurs exercant a titre accessoire une activite complementaire, touristique ou hoteliere, de relever du seul regime agricole des lors que le revenu retire d'une telle activite ne depassait pas un certain montant. Il est apparu, cependant, que ces assouplissements a la regle generale selon laquelle les personnes exercant simultanement plusieurs activites sont affiliees et cotisent aupres de chacun des regimes d'assurance maladie dont relevent ces activites, etaient insuffisants. C'est pourquoi la loi no 90-85 du 23 janvier 1990, complementaire a la loi d'adaptation agricole du 30 decembre 1988, comporte des dispositions favorisant l'exercice de la pluriactivite et visant notamment a remedier aux problemes que rencontraient les agriculteurs pratiquant des activites agro-touristiques et susceptibles de relever de deux regimes sociaux. Ainsi, l'une des mesures prevues dans ladite loi assimile-t-elle desormais les activites d'accueil touristique developpees sur l'exploitation a des activites agricoles, et permet aux agriculteurs exercant de telles activites de relever du seul regime agricole et de cotiser aupres de ce regime sur l'ensemble de leurs revenus, sans qu'il soit dorenavant necessaire d'apprecier l'importance relative de ces activites. Dans ces conditions, les dispositions du decret du 4 janvier 1988 prises pour determiner le caractere accessoire de l'activite touristique et limitant a 35 p 100 du plafond de la securite sociale le montant des revenus tires de cette activite pour qu'elle puisse etre consideree comme non salariee agricole sont devenues sans objet. La mesure ainsi adoptee permet aux agriculteurs de diversifier leur activite tout en simplifiant les formalites imposees.
Auteur : M. Raynal Pierre
Type de question : Question écrite
Rubrique : Impots et taxes
Ministère interrogé : agriculture et forêt
Ministère répondant : agriculture et forêt
Date :
Question publiée le 11 juillet 1988