Cameroun
Question de :
M. Autexier Jean-Yves
- Socialiste
M Jean-Yves Autexier appelle l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, sur les multiples fraudes et irregularites qui ont entache le scrutin presidentiel du 11 octobre 1992 au Cameroun. Bien qu'aucune proclamation serieuse de resultats n'ait ete effectuee, le president sortant se considere investi dans la poursuite de son mandat. Son adversaire a l'election presidentielle, qui estime avoir emporte la majorite des suffrages, est assigne a residence et prive de contacts avec le monde exterieur. Dans ces conditions, il lui demande quelle sera l'attitude de la France. Ne juge-t-il pas perilleux de tenir pour legitime la position adoptee par le president sortant, des lors que le pays a manifeste sa defiance ? Estime-t-il necessaire de prendre des initiatives tendant a l'organisation d'une nouvelle election presidentielle sous un controle incontestable ?
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Comme le sait l'honorable parlementaire, l'election presidentielle qui s'est deroulee au Cameroun le 11 octobre de l'an dernier a ete marquee par une certaine effervescence dans le pays, en particulier dans les provinces de l'ouest. Si ce scrutin a pu etre entache d'un certain nombre d'irregularites, comme de nombreuses personnes de bonne foi l'ont fait observer, la cour supreme a fait connaitre le 23 octobre les resultats, qui ont ete favorables au president Biya. Celui-ci l'aurait emporte, d'une courte tete, sur le principal candidat de l'opposition, M Fru Ndi (39,9 p 100 contre 35,9 p 100 des voix). Le scrutin a ete suivi par une periode de tension de plusieurs semaines marquees par des violences et justifiant aux yeux du gouvernement l'instauration, le 27 octobre, de l'etat d'urgence dans la province du nord-ouest, ou M Fru Ndi, lui-meme assigne a residence, avait obtenu des resultats tres favorables. Aujourd'hui, cette effervescence a largement disparu. Des mesures d'apaisement ont ete adoptees par les autorites. L'etat d'urgence a ete leve le 28 decembre et les personnes arretees ont toutes ete relachees. M Fru Ndi a retrouve sa liberte de mouvement. La France a regrette les difficultes survenues apres l'election presidentielle. Elle a fait part de ses preoccupations aux autorites du Cameroun, ainsi qu'aux principaux responsables politiques de ce pays, notamment lorsque des violences et autres actes contraires aux droits de l'homme ont ete observes. Cela etant, la France ne souhaite pas intervenir dans la situation interieure au Cameroun. La question d'une nouvelle election presidentielle dans ce pays est du ressort exclusif des autorites, des responsables politiques et du peuple camerounais.
Auteur : M. Autexier Jean-Yves
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Date :
Question publiée le 7 décembre 1992