Question écrite n° 65312 :
Deportes internes et resistants

9e Législature

Question de : M. Lefort Jean-Claude
- Communiste

M Jean-Claude Lefort attire l'attention de M le secretaire d'Etat aux anciens combattants et victimes de guerre sur la situation des anciens prisonniers des Japonais. Le 9 mai 1945 les forces japonaises attaquerent les troupes francaises stationnees en Indochine et plus de 9 000 militaires furent faits prisonniers. Ces prisonniers ont ete detenus dans des conditions inhumaines dans les camps japonais de triste memoire. Les lois de 1948 ont reconnu ces faits, en permettant a la plupart des civils qui en ont ete victimes de recevoir reparation. Cependant tous les militaires francais concernes n'ont pas encore obtenu reparation des consequences de cette captivite. Compte tenu de la moyenne d'age elevee pour un petit nombre de personnes, il lui demande quelles mesures il entend prendre pour donner suite a leurs legitimes revendications.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Les anciens prisonniers des camps japonais en Indochine souhaitent beneficier de dispositions identiques a celles prevues par la loi no 89-1013 du 31 decembre 1989 portant creation du statut de prisonnier du Viet-Minh. L'intervention de la loi du 31 decembre 1989 a eu pour but d'aligner les droits des anciens prisonniers du Viet-Minh sur ceux deja ouverts par le code des pensions militaires d'invalidite et des victimes de guerre en faveur des deportes. Or, les personnes detenues par les forces d'occupation japonaises en Indochine peuvent deja pretendre, en application des lois du 6 aout et du 9 septembre 1948, soit au benefice du statut de deporte, soit a celui du statut d'interne en fonction du lieu et du motif de leur detention, ainsi que des droits a pension d'invalidite y afferents, si elles remplissent les conditions exigees par le code des pensions militaires d'invalidite et des victimes de la guerre. Le secretaire d'Etat est cependant sensible aux difficultes qui s'opposent parfois a la reconaissance du droit au statut de deporte pour les prisonniers de guerre des Japonais, notamment pour ceux dont la duree de detention a ete inferieure a 90 jours. C'est pourquoi il a demannde a ses services de soumettre systematiquement ces dossiers a la Commission consultative medicale (CCM) et d'attribuer le titre de deporte politique lorsque la CCM aura conclu que la captivite par les forces japonaises est manifestement a l'origine des affections presentees par les interesses, afin que justice soit enfin rendue a tous ceux qui ont souffert des outrages et des tortures infliges par les militaires japonais.

Données clés

Auteur : M. Lefort Jean-Claude

Type de question : Question écrite

Rubrique : Anciens combattants et victimes de guerre

Ministère interrogé : anciens combattants et victimes de guerre

Ministère répondant : anciens combattants et victimes de guerre

Date :
Question publiée le 14 décembre 1992

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