Question écrite n° 65504 :
Compagnies

9e Législature

Question de : M. Perrut Francisque
- Union pour la démocratie française

M Francisque Perrut appelle l'attention de M le ministre de l'equipement, du logement et des transports sur les consequences des recentes mesures envisagees par la compagnie Air France dans le cadre de son plan d'equilibre. L'arret de toutes les formations de pilotes de ligne en cours, lancees entre 1989 et 1992, compromet l'avenir de 200 jeunes stagiaires qui voient s'arreter brutalement leur formation professionnelle, et sont condamnes soit a accepter cet arret pendant une duree indeterminee, soit a abandonner apres deux annees de formation recues en pure perte. De telles mesures sont inacceptables pour ces jeunes en formation, victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables, et conduits ainsi a sacrifier leur carriere. Il lui demande quelles dispositions peuvent etre prises pour eviter ces consequences dramatiques pour les eleves-pilotes d'Air France.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Air France s'est trouvee, des 1988, comme la plupart des compagnies mondiales, dans l'impossibilite de trouver rapidement sur le marche de l'emploi, les pilotes dont elle avait besoin a court et moyen terme. Elle a concu a cette date un important programme de formation. Entre 1988 et 1990, ce sont environ cinq cents jeunes, de niveau bac + 2 au minimum, qui ont suivi ces cursus de formation d'eleves pilotes abinitio, dans plusieurs centre en France et aux Etats-Unis. La degradation brutale de la conjoncture economique a laquelle le transport aerien est extremement sensible, a inverse la tendance, et de deficitaire, l'effectif des pilotes devient excedentaire. C'est ainsi que dans le cadre du programme de retour a l'equilibre d'octobre 1992, la compagnie nationale a pris la decision de surseoir provisoirement a la formation des stagiaires abinitio qu'ils soient en provenance d'Air-France ou d'UTA. Les cent dix-sept stagiaires titulaires, ou en cours de formation pratique continuent temporairement de percevoir le salaire qui leur etait garanti, dans le cadre de leur contrat de formation. Ils ont ete informes par courrier des dates de debut et de fin de stage qu'ils effectuent actuellement au sol. Par ailleurs, Air France a reclasse quelques uns d'entre eux aupres des compagnies sous-traitantes. Pour ce qui concerne les deux cents jeunes en formation theorique, le ministre de l'equipement, du logement et des transports a d'ores et deja demande a la direction generale de l'aviation civile de modifier les conditions d'acces aux concours d'eleves pilotes de transport, organises par l'ecole nationale de l'aviation civile afin qu'ils soient ouverts a des candidats detenteurs de certains titres professionnels du transport aerien, tel que le certificat theorique du brevet de pilote de ligne. Dans le meme esprit, les limites d'age ont ete reculees. Ainsi les eleves pilotes ab initio d'Air France, laureats de ces concours, auront la possibilite de beneficier de la prise en charge par l'Etat de la fin de leur cursus de formation. Par ailleurs, la direction generale de l'aviation civile a obtenu que ceux d'entre eux qui etaient beneficiaires d'aides a la formation, puissent continuer de les percevoir, en poursuivant leur formation aupres d'autres organismes. Enfin, la direction generale de l'aviation civile a entrepris des demarches aupres du ministere d travail pour obtenir l'extension des dispositions nouvelles sur le travail a temps partiel au transport aerien. Si cette mesure, souhaitee par les syndicats de pilotes etait retenue, elle pourrait eventuellement faciliter la creation d'emplois et accelerer l'integration des stagiaires titulaires.

Données clés

Auteur : M. Perrut Francisque

Type de question : Question écrite

Rubrique : Transports aeriens

Ministère interrogé : équipement, logement et transports

Ministère répondant : équipement, logement et transports

Date :
Question publiée le 14 décembre 1992

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