Politique de la vieillesse
Question de :
M. Masson Jean-Louis
- Rassemblement pour la République
M Jean-Louis Masson attire l'attention de M le ministre des affaires sociales et de l'integration sur l'importance des dossiers concernant les personnes agees. A plusieurs reprises, le Gouvernement s'est engage a definir une veritable politique du troisieme age. De nombreuses mesures evoquees n'ont helas obtenu aucune suite : cas du projet du relevement a 52 p 100 de la pension de reversion des veuves des regimes particuliers (fonctionnaires, agriculteurs, commercants) ; cas du projet d'octroi aux personnes de soixante-cinq ans et plus d'un abattement forfaitaire sur la taxe d'habitation ; cas de l'insuffisance des credits pour la creation de maisons d'accueil specialisees Le probleme des retraites est le plus inquietant car on va vers un desastre. S'il n'est pas compense, le deficit du regime de repartition desequilibrera tout le systeme. Les ressources des retraites seraient alors amputees, ce qui est inacceptable. Pour eviter une telle derive, il faut elaborer au plus tot une loi-cadre assurant une garantie collective au financement des retraites. Il souhaiterait donc qu'il lui indique s'il envisage de proposer au Parlement un projet de loi-cadre.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - En vue d'assurer la perennite de nos regimes de retraite, le Gouvernement a engage avec la publication du « Livre blanc sur les retraites », un large debat dans l'opinion publique, debat qu'a anime la mission presidee par M Cottave. Une mission de concertation avec les partenaires sociaux a egalement ete confiee a M Brunhes. Le gouvernement dispose ainsi d'une large palette d'avis permettant de mettre en evidence les points de desaccord ou de consensus. Il apparait que toute mesure d'ajustement des depenses de regimes de retraite devra respecter deux conditions : en premier lieu, elle ne devra pas remettre en cause la reparation comme principe essentiel de fonctionnement de notre systeme de retraite ; en second lieu, elle ne devra pas porter atteinte a la retraite a soixante ans. Au cours de la decennie ecoulee, les gouvernements successifs sont parvenus a maintenir le pouvoir d'achat des retraites. En effet, les prix ont progresse de 71,4 pcent entre 1981 et 1992. Or, au cours de la periode, les revalorisations cumulees des pensions du regime general se sont elevees a 71,5 pcent et le montant du minimum vieillesse a ete releve de 98,1 pcent. Le pouvoir d'achat d'une pension liquidee en 1981 a donc ete strictement preserve jusqu'en 1993 et celui du minimum vieillesse a progresse de plus de 25 pcent. A cette importante garantie s'ajoute l'ensemble des mesures favorables aux retraites prises depuis une dizaine d'annees : abaissement de l'age de la retraite a soixante ans, creation de minima de pensions dans la plupart des regimes, relevement du taux de la pension de reversion, mensualisation des pensions. Par ailleurs, le Gouvernement a propose a l'Assemblee nationale, qui l'a adopte en premiere lecture, un projet de loi portant creation d'un fonds de solidarite vieillesse, dont le but est de prendre en charge des depenses de retraites qui relevent effectivement de la solidarite nationale. Ce texte met en oeuvre les decisions annoncees a l'occasion du conseil des ministres du 29 juillet 1992 quant au partage entre ce qui releve de l'assurance collective et ce qui releve de la solidarite nationale en matiere de retraites. Cette reforme, qui repond au souci de consolider les regimes de retraite par repartition, doit etre accompagnee d'une clarification des responsabilites dans la gestion de l'assurance vieillesse. Les discussions engagees a ce sujet par l'Etat avec les partenaires sociaux se poursuivent.
Auteur : M. Masson Jean-Louis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Personnes agees
Ministère interrogé : affaires sociales et intégration
Ministère répondant : affaires sociales et intégration
Date :
Question publiée le 25 janvier 1993