Question écrite n° 841 :
Personnel

9e Législature

Question de : M. Ehrmann Charles
- Union pour la démocratie française

M Charles Ehrmann attire l'attention de M le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale, porte-parole du Gouvernement sur la situation des infirmiers et infirmieres diplomes d'Etat dans les hopitaux publics. La profession est l'objet, actuellement, d'un mouvement de mecontentement profond qui trouve sa source dans la parution d'un arrete ministeriel en date du 23 decembre 1987 et dans la grille indiciaire qui n'a pas ete reevaluee depuis de nombreuses annees et qui fait injustement de la profession d'infirmier ou d'infirmiere l'une des plus basses dans la hierarchie sociale. L'arrete ministeriel du 23 decembre 1987 relatif aux conditions d'admission dans les ecoles preparant au diplome d'Etat d'infirmier ou d'infirmiere est le pretexte a de nombreuses actions revendicatives associant manifestations et autres actions de masse tres largement suivies pour protester contre les nouvelles facilites d'acces a la profession au titre du service national, de l'education d'un enfant, de l'inscription comme demandeur d'emploi, de la participation a un dispositif de formation professionnelle ou de l'exercice d'une activite sportive de haut niveau. Les infirmiers et infirmieres diplomes d'Etat exercant dans les hopitaux publics ou dans le secteur liberal ont, a la suite de la parution de cet arrete ministeriel, le sentiment que leur filiere de formation est un fourre-tout social qui ne se justifie par aucune des caracteristiques du metier qu'ils exercent. Le terme de devaluation de la profession revient sur toutes les levres et l'avis general est qu'une desertion de la profession va s'ensuivre, sans compter que les medecins habitues a faire reposer une grande partie de leur activite sur le savoir-faire, la competence et l'esprit de methode des infirmieres seront surpris que le souci des redacteurs de l'arrete en cause soit de marcher a contre-courant d'une evolution qui s'etait faite d'elle-meme sans heurt vers une amelioration et une plus grande responsabilite dans les divers actes infirmiers pratiques quotidiennement et reconnus par un recent decret portant statut de la profession. En ce qui concerne la grille indiciaire des infirmiers et infirmieres diplomes d'Etat des hopitaux publics, l'incomprehension le dispute a la stupeur quand on constate qu'une infirmiere atteint seulement apres douze ans d'une carriere au deroulement normal le huitieme echelon a l'indice 335 qui est l'indice du premier echelon en debut de carriere d'un instituteur en application de l'arrete du 9 fevrier 1988 modifiant l'arrete du 26 janvier 1983 relatif a l'echelonnement indiciaire applicable au corps des instituteurs. Etant donne les sujetions de service et notamment le travail effectue eventuellement la nuit, les dimanches et les jours feries par les infirmiers et infirmieres des hopitaux publics, sans contrepartie veritable pas meme pour le calcul des conges annuels si largement attribues au corps enseignant, il apparait comme une injustice d'une particuliere gravite que le corps professionnel des infirmiers et infirmieres diplomes d'Etat des hopitaux publics soit aussi mal paye pour le travail effectue. Il lui demande s'il a l'intention d'abroger l'arrete du 23 decembre 1987 dans les plus brefs delais pour acceder a la demande unanime de la profession concernee et s'il prevoit un reechelonnement indiciaire du corps des infirmiers et infirmieres des hopitaux publics qui soit digne de l'excellent travail dont le corps medical ne peut que se louer et qui est sans commune mesure avec le confort du travail d'enseignement et qui, en tout etat de cause, ne merite pas moins que ce dernier.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Les negociations qui se sont deroulees entre le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale et les differentes organisations representatives des infirmiers hospitaliers se sont conclus par un accord prevoyant un ensemble de mesures qui devraient permettre de resoudre les problemes evoques par l'honorable parlementaire. La mise en oeuvre de ces mesures s'est operee dans les delais les plus brefs, puisqu'elle s'est traduite par la publication au Journal officiel du 1er decembre 1988, de treize decrets ou arretes. L'arrete du 30 novembre 1988 relatif aux conditions d'admission dans les ecoles preparant au diplome d'Etat d'infirmier et d'infirmiere, qui abroge l'arrete du 23 decembre 1987, contient des dispositions permettant d'assurer le maintien du niveau des candidats admis aux concours d'entree dans les ecoles d'infirmiers sans pour autant fermer la possibilite de promotion professionnelle. Le decret no 88-1077 du 30 novembre 1988 portant statuts particuliers des personnels infirmiers de la fonction publique hospitaliere, complete par divers decrets et arretes du meme jour, donne aux infirmiers une carriere plus rapide et plus complete. Cette carriere se deroule desormis sur trois niveaux, dont le deuxieme sera accessible a terme, par inscription au tableau d'avancement a 28 p 100 de l'effectif des deux premiers niveaux ; le troisieme est reserve aux surveillants et surveillants chefs, ces derniers beneficiant en outre d'une bonification indiciaire mensuelle soumise a retenue pour pension egale a trente points d'indice nouveau majore. Les infirmiers specialises, et notamment ceux qui sont specialises en anesthesie reanimation, beneficieront, dan ce cadre statutaire, de mesures specifiques afin de tenir compte de leur qualification technique et des responsabilites particulieres qui sont les leurs. L'arrete du 30 novembre 1988 fixant le montant de la prime specifique a certains agents porte le montant de cette prime a 350 francs pour tous les agents concernes, parmi lesquels les infirmiers, et ce quelle que soit l'anciennete de service. L'arrete du 30 novembre 1988 fixant le taux des indemnites horaires pour travail de nuit et de la majoration pour travail intensif augmente de 10 p 100 cette majoration. Enfin une prime nouvelle de 200 francs sera attribuee en deux etapes (100 francs au 1er decembre 1989 et 100 francs au 1er decembre 1990) aux infirmiers se trouvant aux deux premiers echelons de la carriere. Par ailleurs seront prises des dispositions visant a ameliorer tant l'organisation que les conditions du travail, avec notamment l'octroi aux etablissements de credits supplementaires permettant d'assurer dans de meilleures conditions le remplacement des agents en conge. Une reflexion, dont les modalites ont ete precisees par circulaire du 26 novembre 1988, sera engagee sur ces sujets dans chaque etablissement. Une synthese en sera dressee au niveau national au debut de l'annee 1989 ; elle permettra d'eclairer les travaux de la commission chargee de reflechir sur la place et le role de l'infirmiere dans l'organisation des soins qui sera mise en place dans les prochains jours. Enfin, la representation des personnels non medicaux sera accrue tant dans les conseils d'administration des etablissements qu'au conseil superieur des hopitaux. L'ensemble du dispositif decrit ci-dessus manifeste la volonte du Gouvernement non seulement d'ameliorer la situation materielle des infirmiers hospitaliers, mais d'assurer a une profession dont la competence et le devouement sont unanimement reconnus la consideration qu'elle merite.

Données clés

Auteur : M. Ehrmann Charles

Type de question : Question écrite

Rubrique : Hopitaux et cliniques

Ministère interrogé : solidarité,santé et protection sociale,porte-parole du gouvern

Ministère répondant : solidarité,santé et protection sociale,porte-parole du gouvern

Date :
Question publiée le 25 juillet 1988

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