14ème législature

Question N° 1692
de M. Yannick Moreau (Union pour un Mouvement Populaire - Vendée )
Question au gouvernement
Ministère interrogé > Intérieur
Ministère attributaire > Intérieur

Rubrique > ordre public

Titre > maintien

Analyse > groupements violents. dissolution.

Question publiée au JO le : 26/02/2014
Réponse publiée au JO le : 26/02/2014 page : 2292

Texte de la question

Texte de la réponse

MANIFESTATION DU 22 FÉVRIER À NANTES


M. le président. La parole est à M. Yannick Moreau, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.

M. Yannick Moreau. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre, chef d'un gouvernement à la dérive. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe UMP. - « C'est minable ! » sur les bancs du groupe SRC.) Samedi dernier, devant leur télévision, les Français ne savaient plus très bien si les images diffusées venaient de Kiev ou de Nantes. Cette ville, d'ordinaire paisible, était livrée aux vandales et à la guérilla urbaine. Honneur aux forces de l'ordre, et notamment aux huit blessés.

Comment votre gouvernement a-t-il pu en arriver là ? Votre ministre de l'intérieur a-t-il été bercé par l'angélisme de sa collègue, qui multipliait les appels à manifester en cherchant en vain à se faire sortir du Gouvernement ? Dès le 1er octobre 2013, par deux questions écrites, j'avais pourtant demandé au ministre de l'intérieur de dissoudre les groupes d'extrême gauche dits « antifa ». Il m'avait alors répondu que « ces groupes ne représentaient pas de risques graves de trouble à l'ordre public ». (Exclamations et huées sur les bancs du groupe UMP.) Cinq mois plus tard, sur les plateaux de télévision, M. Valls qualifiait les hordes qui se sont abattues sur Nantes « d'ultra-gauche radicalisée ».

Monsieur le Premier ministre, les Français sont atterrés de tant d'amateurisme et de sévérité sélective (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP.) À la vérité, ils se demandent vraiment pourquoi votre gouvernement se montre si faible avec les durs de l'ultra-gauche radicale, et si dur avec les pacifiques familles de la Manif pour tous (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) Le 24 mars 2013, un million de manifestants défilent pacifiquement. Bilan : 98 interpellations. Le 22 février 2014, 1 000 vandales saccagent le cœur de Nantes. Bilan : seulement 14 interpellations. (Huées sur les bancs du groupe UMP.)

Monsieur le Premier ministre, allez-vous, oui ou non, dissoudre les groupuscules d'extrême gauche ? Allez-vous, oui ou non, cesser votre deux poids, deux mesures, qui ne fait que diviser et fractionner le peuple français ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur. Monsieur le député, face à la violence, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne, notamment vis-à-vis des forces de l'ordre, policiers et gendarmes, qui accomplissent leur mission avec courage et professionnalisme, il n'y a qu'une seule réponse : la fermeté. Tous ceux qui s'en prennent au mobilier urbain, à des commerces, aux forces de l'ordre, doivent trouver une seule réponse, celle de l'ordre républicain, de la justice et de l'État. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

M. Claude Goasguen. Montrez-le !

M. Manuel Valls, ministre . Contrairement à vous, nous, nous ne trions pas face à cette violence, nous ne sommes complaisants avec personne. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Nous ne sommes complaisants avec personne : à chaque fois qu'on s'en prend aux valeurs de la République et à l'ordre républicain, nous n'avons qu'une seule réponse, monsieur le député, celle de la fermeté !

Vous avez été complaisants, au cours de ces derniers mois, avec ceux qui, à quelques mètres d'ici, s'en prenaient aux valeurs de la République, au rôle du Parlement, à la majorité parlementaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC, du groupe écologiste et du groupe RRDP.) Ici, il y a des députés, de votre groupe, qui ont été complaisants avec ceux qui cassaient…

M. Claude Goasguen. C'est vous !

M. Manuel Valls, ministre . …qui s'en prenaient aux policiers et aux gendarmes. (Protestations sur les bancs du groupe UMP.) Eh bien, ce gouvernement est ferme avec tous ceux qui s'en prennent aux valeurs de la République, qui s'en prennent aux forces de l'ordre, aux policiers et aux gendarmes. Face à l'ultra-gauche,…

M. Claude Goasguen. Vous ne faites rien !

M. Manuel Valls, ministre . …face à l'ultra-droite, ou face à cette extrême droite, nous répondons. Monsieur Goasguen, vous en venez, vous, de l'extrême droite. Vous savez ce qu'il en est ! Nous, nous ne sommes complaisants avec personne ! Vous, vous êtes complaisants. Les choses sont claires, avec nous ! (Les députés du groupe SRC se lèvent et applaudissent. - Vives protestations sur les bancs du groupe UMP.)