Placement de l'entreprise Monster en cessation de paiement
Question de :
Mme Marie-Noëlle Battistel
Isère (4e circonscription) - Socialistes et apparentés
Mme Marie-Noëlle Battistel attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur la situation des salariés de l'entreprise de recherche d'emploi Monster France placée en cessation de paiement le 14 août 2025. Un an après la création d'une joint-venture avec CareerBuilder, la liquidation de Monster pourrait intervenir rapidement. Un accord collectif signé en 2023 sous l'égide de Ranstad alors actionnaire unique, prévoyait pourtant des dispositif d'accompagnement renforcés pour les salariés jusqu'en 2027. Or ni Ranstad ni Apollo n'entendent aujourd'hui contribuer au financement des indemnités de licenciement, justifiant leur désengagement par le nouveau statut d'actionnaire minoritaire de Ranstad. Cette situation conduit à faire reposer sur l'AGS et donc indirectement sur le contribuable, l'intégralité des salaires impayés et indemnités de licenciement alors même que ces groupes disposent des moyens financiers d'assumer cette responsabilité. Elle souhaite connaître sa position sur ce dossier et quelles mesures immédiates elle entend prendre pour que les engagements prévus par l'accord collectif de 2023 soient respectés. Elle lui demande également si des mesures générales seront proposées pour éviter à l'avenir que des montages ou changements d'actionnariat ne permettent de contourner des engagements sociaux opposables, laissant des licenciements à la charge de la collectivité.
Réponse publiée le 16 juin 2026
L'entreprise de recherche d'emploi Monster France était depuis 2016 une filiale du groupe Randstad. En septembre 2024, le groupe a souhaité vendre la société Monster qui est alors devenue une joint-venture après la fusion avec son concurrent américain Career Builder. Lors de cette opération, Randstad a cédé 51 % de ses parts au fonds d'investissements Apollo et en a conservé 49 %. En juin 2025, la joint-venture Monster-Career Builder, en état de cessation des paiements, a fait l'objet de l'ouverture d'une procédure Chapter 11, équivalente au redressement judiciaire en France. Elle a été rachetée par la société Bold qui n'a pas souhaité reprendre les activités localisées en Europe. Dès lors, les flux financiers ont cessé entre les Etats-Unis et l'Europe. Le 27 août 2025, le tribunal judiciaire de Nanterre a placé la société française Monster Worldwide en liquidation judiciaire. La réunion d'information du Comité social et économique (CSE) a eu lieu le 4 septembre 2025, les 24 salariés de l'entreprise se sont vu notifier leur licenciement pour motif économique. Le CSE a dénoncé le non-respect d'un accord signé en 2023 entre Monster Worldwide et les organisations syndicales qui prévoyait des mesures d'accompagnement pour les salariés concernés par un licenciement économique. Si cet accord était valable jusqu'en 2027, la situation financière de l'entreprise Monster Worldwide a compromis son applicabilité. Le respect des engagements pris dans un tel accord ne relève pas du contrôle de l'administration mais est de la seule compétence du juge judiciaire. Les services du ministère chargé de l'emploi ont reçu les représentants de l'entreprise en France et suivi le dossier pour accompagner les salariés. Une importance toute particulière a été accordée à la qualité de l'accompagnement des salariés de Monster Worldwide avec pour préoccupation première leur retour à l'emploi.
Auteur : Mme Marie-Noëlle Battistel
Type de question : Question écrite
Rubrique : Entreprises
Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Ministère répondant : Travail et solidarités
Dates :
Question publiée le 7 octobre 2025
Réponse publiée le 16 juin 2026