Virus West Nile en Haute-Garonne
Question de :
M. Jean-François Portarrieu
Haute-Garonne (5e circonscription) - Horizons & Indépendants
M. Jean-François Portarrieu attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur une problématique sanitaire qui concerne l'ensemble du territoire national et, plus particulièrement, la Haute-Garonne. Un premier cas d'infection humaine au virus West Nile vient d'être confirmé dans une commune au nord de Toulouse, ayant conduit à l'hospitalisation d'une personne. Il s'agit du premier cas humain recensé dans le département et du quatrième en Occitanie cette saison. Parallèlement, un cas équin a également été détecté en Haute-Garonne, ce qui témoigne de la circulation active de ce virus, alors même que d'autres cas suspects sont en cours d'analyse. Chaque été, les habitants du Nord toulousain constatent l'invasion croissante des moustiques. Or les opérations de démoustication demeurent encore trop rares. Au-delà de la nuisance quotidienne, de jour comme de nuit, ces insectes deviennent désormais un véritable danger sanitaire. Il souhaite donc savoir quelles mesures de surveillance et de prévention le Gouvernement entend renforcer dans le département. Et, plus largement, comment il compte rassurer les citoyens et mieux protéger les territoires face à ces risques sanitaires émergents liés aux moustiques.
Réponse publiée le 2 juin 2026
Le virus West Nile, désormais détecté sur une large part du territoire national, constitue un enjeu important de santé publique, à l'instar de l'ensemble des maladies transmises par les moustiques. Ces pathologies constituent une préoccupation croissante dans un contexte marqué par le changement climatique, l'urbanisation et l'intensification des échanges mondiaux. À la différence des virus transmis d'homme à homme par le moustique tigre (Aedes albopictus), le virus West Nile est transmis par les moustiques du genre Culex, dits « moustiques communs ». Ce virus circule principalement entre les oiseaux, qui en sont le réservoir naturel. L'homme et le cheval peuvent être infectés à la suite d'une piqûre, mais ils demeurent des hôtes accidentels et ne participent pas à la transmission du virus. Contrairement aux situations impliquant le moustique tigre pour lesquelles des opérations de démoustication ciblée peuvent être conduites autour des cas de dengue ou de chikungunya dans un rayon de 150 à 200 mètres, correspondant à son faible rayon de vol, les moustiques Culex peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Pour cette raison, les interventions visant leur réduction de densité ne sont réalisées qu'en milieu urbain. Néanmoins, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail a été saisie en 2025 sur les risques associés aux virus transmis par les moustiques Culex, notamment sur les actions de prévention et de lutte antivectorielle, afin que les autorités sanitaires puissent mettre en œuvre des mesures complémentaires pour prévenir les maladies transmises par les moustiques Culex. De manière générale, la prévention repose avant tout sur la réduction des gîtes larvaires, notamment par la détection et l'élimination de tout récipient pouvant contenir de l'eau stagnante, même de petite taille. Cette lutte préventive mobilise l'ensemble des acteurs, en particulier les communes. Au titre de leurs missions d'hygiène et de salubrité publique, celles-ci peuvent sensibiliser les habitants, recenser et traiter les sites publics, intégrer des prescriptions d'urbanisme adaptées et renforcer la gestion des déchets. Elles peuvent également solliciter l'appui des départements compétents en matière de lutte contre les nuisances liées aux moustiques. Enfin, l'État, via les Agences régionales de santé (ARS), assure la surveillance des espèces vectrices, réceptionne et gère les déclarations de cas humains et décide, le cas échéant, des interventions ciblées. Des supports d'information et de prévention élaborés ou soutenus par les ARS sont mis à disposition des collectivités. Les pouvoirs publics pilotent une surveillance coordonnée entre la santé humaine, la santé animale et l'environnement. Ce dispositif, basé sur des outils de suivi spécifiques, permet d'identifier avec précision les zones à risque et d'adapter les actions de l'État en fonction des besoins locaux. Ce maillage territorial garantit une stratégie proportionnée, cohérente et efficace.
Auteur : M. Jean-François Portarrieu
Type de question : Question écrite
Rubrique : Maladies
Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 7 octobre 2025
Réponse publiée le 2 juin 2026