Question écrite n° 11918 :
Faits de maltraitance dans un foyer de l'ASE et défaillance des contrôles

17e Législature

Question de : M. Pouria Amirshahi
Paris (5e circonscription) - Écologiste et Social

M. Pouria Amirshahi attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur des faits particulièrement graves de maltraitance révélés dans un foyer parisien de l'ASE géré par l'association Jean-Cotxet. Une vidéo diffusée le 9 décembre 2025 par Franceinfo montre un enfant dont la tête est rasée de force par une éducatrice, dans un objectif manifeste de l'humilier. Selon plusieurs éléments rendus publics, cette pratique aurait été présentée comme une « punition corporelle » infligée au mineur. Ces faits, enregistrés en février 2025, n'ont pourtant donné lieu à aucune sanction disciplinaire, ni à l'égard de l'éducatrice mise en cause, ni de sa hiérarchie. Par ailleurs, il semble qu'aucune enquête interne n'a été engagée par l'association gestionnaire. Cette situation interroge profondément sur la capacité des structures de protection de l'enfance à garantir la sécurité, la dignité et l'intégrité des mineurs qui leur sont confiés. Alors même que les enfants suivis par l'ASE figurent parmi les plus vulnérables de la République, ces défaillances, si elles sont confirmées, constituent une atteinte grave à la mission de protection de l'enfance. Il lui demande donc de préciser quelles mesures immédiates le Gouvernement entend prendre pour s'assurer que toute situation de maltraitance signalée dans un foyer de l'ASE fasse l'objet d'enquêtes internes systématiques, rapides et transparentes. Aussi, il souhaite savoir quels moyens supplémentaires seront déployés pour renforcer le contrôle des structures associatives habilitées et, dans ce cadre, quelles actions seront engagées pour améliorer la coordination entre les services départementaux, les parquets et les services de l'État pour éviter que des situations de maltraitance puissent rester sans réponse pendant plusieurs mois.

Réponse publiée le 14 juillet 2026

Les faits rapportés, à l'instar de tout acte de maltraitance signalé aux autorités compétentes, sont intolérables et vont à l'encontre des valeurs fondamentales qui doivent animer toute structure dédiée à la protection de l'enfance. Le Gouvernement leur accorde toute la vigilance et la considération nécessaires. Une mission a été confiée à l'inspection générale des affaires sociales afin d'éclairer les conditions d'exercice de la tutelle par les départements sur les établissements qui accueillent des enfants confiés. Lorsque des faits de maltraitance envers des enfants accueillis dans des établissements de protection de l'enfance sont portés à la connaissance des services de l'État, ceux-ci se rapprochent sans délai des conseils départementaux concernés, en leur qualité d'autorité de tarification et de contrôle, afin de s'assurer qu'une inspection de l'établissement a bien été diligentée. Les faits sont également systématiquement portés à la connaissance de l'autorité judiciaire qui a seule compétence pour décider ou non de l'engagement de poursuites. Le Gouvernement rappelle que la révélation de mauvais traitements infligés à un mineur constitue une obligation légale pour tout professionnel et que le défaut de signalement est susceptible d'engager des poursuites pénales. Le contrôle des établissements et services de protection de l'enfance relève en première intention des conseils départementaux, en leur qualité d'autorité chargée de délivrer l'autorisation, ainsi que des services déconcentrés de l'État par subsidiarité ou pour ce qui concerne les établissements soumis à autorisation conjointe. Les préfets de région ont la charge de s'assurer que les directions régionales et départementales chargées de l'emploi, du travail et des solidarités exercent pleinement leurs missions d'inspection, notamment dans les structures associatives habilitées. Il convient enfin de rappeler que la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a significativement renforcé le cadre du contrôle en instituant notamment l'obligation pour les structures de mettre en place des procédures internes de signalement des incidents graves, ainsi que des dispositifs de protection des lanceurs d'alerte.  Les services compétents veilleront à ce que les faits survenus au sein du foyer géré par l'association Jean-Cotxet, comme dans toute structure chargée de la protection de l'enfance, reçoivent les suites appropriées, dans le respect des procédures en vigueur et des attributions de chacun. La protection de l'intégrité et de la dignité des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance demeure une priorité absolue.

Données clés

Auteur : M. Pouria Amirshahi

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enfants

Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Dates :
Question publiée le 23 décembre 2025
Réponse publiée le 14 juillet 2026

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