Fermeture du centre PMA d'Epinal dans les Vosges
Question de :
M. Sébastien Humbert
Vosges (4e circonscription) - Rassemblement National
M. Sébastien Humbert alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur l'annonce de la fermeture du centre PMA implanté à Epinal dans le département des Vosges. Le 31 janvier 2026, par voie de presse locale, les Vosgiens ont appris que les opérations de PMA seraient partiellement rapatriées d'Epinal vers Nancy et donc que le centre de PMA d'Epinal arrêterait certaines activités, notamment les fécondations in vitro (FIV), à partir de juin 2026. Cette annonce est perçue comme un véritable coup de massue par l'ensemble des couples vosgiens qui ont des difficultés à concevoir un enfant mais qui souhaitent agrandir leur famille et participer au dynamisme démographique local. Effectivement, moins d'enfants dans le département signifie aussi des fermetures de classe et donc à terme des fermetures d'écoles, un recul du service public de proximité faute de débouchés suffisants et donc in fine un territoire qui perd de l'attractivité. Le corps médical et en particulier les gynécologues locaux regrettent l'iniquité de cette décision vis-à-vis des patientes vosgiennes qui devront donc se déplacer jusqu'à Nancy pour leur suivi de parcours PMA, une solution peu efficace si l'on examine par exemple la disponibilité des praticiens : pour un rendez-vous, le délai d'obtention est de 8 mois au CHRU de Nancy contre 2 à Epinal. De plus, l'agence régionale de santé a indiqué que des travaux de réfection, estimés à 200 000 euros, étaient nécessaires pour garder une antenne vosgienne pour les FIV. Doit-on comprendre que l'État ne souhaite pas investir 200 000 euros pour garantir aux vosgiens un centre de procréation médicalement assistée localement ? Si tel est le cas, ce serait en totale contradiction avec le plan France fertilité lancé début février 2026. Aussi, il l'alerte sur les conséquences de l'annonce de la fermeture du centre PMA implanté à Epinal pour l'attractivité du département et lui demande quelle mesure elle compte prendre pour sauvegarder cette structure de soins locale.
Réponse publiée le 12 mai 2026
Depuis plusieurs années, les équipes de l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est accompagnent les acteurs vosgiens dans leurs réflexions visant à permettre le maintien et le développement d'une activité d'Assistance médicale à la procréation (AMP) sécurisée, conforme aux exigences réglementaires et reposant sur un projet médical solide et durable. Les différents travaux conduits ces derniers mois ont mis en évidence des difficultés majeures, tenant notamment à l'absence de mise en conformité des structures existantes, aux contraintes organisationnelles et aux ressources médicales nécessaires pour garantir la sécurité, la qualité et la continuité de cette activité. Ces constats ont été partagés avec les acteurs eux-mêmes. Ainsi, lors de la séance du conseil de surveillance du 19 décembre 2025, il a été clairement indiqué que le projet d'AMP, tel qu'envisagé initialement, ne pouvait être porté dans des conditions satisfaisantes, notamment en raison de l'absence de ressources médicales suffisantes et de l'absence d'un projet médical stabilisé. Dans ce contexte, le conseil de surveillance a pris acte et soutenu l'évolution vers une organisation territoriale reposant sur un parcours public - public structuré, permettant d'assurer les consultations, le suivi et l'accompagnement des patientes au plus près de leur lieu de vie, tout en confiant la réalisation des actes techniques les plus spécialisés à un établissement hautement qualifié et disposant de l'ensemble des compétences requises. Cette organisation n'est pas le résultat d'une décision unilatérale de l'ARS, mais bien l'aboutissement d'un travail collectif, conduit avec les établissements et les professionnels concernés, et validé dans les instances de gouvernance de l'établissement. Dans le même temps, l'ARS Grand Est a apporté et continue d'apporter un soutien particulièrement significatif au centre hospitalier Émile Durkheim. À ce titre, près de 29,6 millions d'euros d'aides ont été versés à l'établissement entre 2023 et 2025, représentant près de 10 % de l'ensemble des soutiens accordés aux établissements de la région sur cette période. Cet engagement financier majeur témoigne, s'il était encore nécessaire de le faire, de la volonté de l'ARS de soutenir durablement cet établissement et de renforcer son rôle au service de la population vosgienne. Il établit clairement que les évolutions relatives à l'AMP ne relèvent en aucun cas d'un désengagement financier de l'ARS. L'objectif de garantir aux habitants des Vosges un accès à une offre d'AMP ancrée sur leur territoire n'est nullement remis en cause. L'organisation actuellement mise en place constitue une étape visant à sécuriser immédiatement la prise en charge des couples, tout en laissant la possibilité de créer les conditions nécessaires à l'émergence, à terme, d'un projet territorial médicalement solide, conforme aux exigences réglementaires et soutenable dans la durée. L'ARS Grand Est continuera, dans ce cadre, à accompagner les acteurs du territoire, avec exigence et détermination, afin de permettre le développement d'une offre de soins adaptée aux besoins de la population vosgienne.
Auteur : M. Sébastien Humbert
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 17 février 2026
Réponse publiée le 12 mai 2026