Non-remplacement annoncé de fonctionnaires pour 2025
Publication de la réponse au Journal Officiel du 16 septembre 2025, page 7975
Question de :
Mme Clémentine Autain
Seine-Saint-Denis (11e circonscription) - Écologiste et Social
Mme Clémentine Autain interroge M. le ministre de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l'action publique sur le non-remplacement annoncé de fonctionnaires pour l'année 2025. En 2023, un rapport du collectif « Nos Services publics » faisait état d'un fossé qui ne cesse de se creuser entre d'un côté, les moyens financiers consacrés aux services publics par l'État et de l'autre, les besoins grandissants et émergeants de la population (urgence climatique, vieillissement de la population, nombre croissant d'étudiants du supérieur, etc.). Depuis 2021 et l'après-covid, l'image qu'ont les Français des services publics ne cesse de se dégrader (44 % d'opinion positive en 2023, soit une baisse de 8 points par rapport à 2021). Dans ce contexte et au regard du fait que « l'accès à des services publics de qualité » est un des chantiers prioritaires annoncés par M. le Premier ministre, Mme la députée demande comment, en supprimant des postes de fonctionnaires, de pareilles annonces peuvent être tenues. Elle ajoute que la baisse des moyens dévolus aux services publics impactera nécessairement à la hausse les inégalités dans le pays. Si la provision de services publics gratuits pour tous contribue de moitié à la réduction des inégalités, la baisse de la qualité rendue par les services publics laisse un espace grandissant à l'offre privée lucrative, qui, on le sait, n'est pas à la portée de tous les concitoyens. Mme la députée demande à M. le ministre comment il compte, pour reprendre ses termes, « faire plus avec moins de moyens ». Elle demande par ailleurs des précisions sur le nombre de postes qui seront supprimés et sur les métiers qui seront touchés, notamment suite au rapport de la Cour des comptes en date du 2 octobre 2024. Alors qu'on connaît les inégalités d'accès aux services publics entre les territoires, la Cour des comptes préconise la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires dans les collectivités territoriales, dans le but de réaliser 4,1 milliards d'euros d'économies d'ici 2030. Cette proposition a été jugée irréaliste par l'Association des maires de France, qui a mis en exergue l'impossibilité pour les services publics dans les territoires de continuer à fonctionner sans ces agents publics. Elle souhaite connaître sa position sur le sujet.
Réponse publiée le 16 septembre 2025
En 2025, notre pays compte près de 5,8 millions d'agents publics. Cela représente une progression de 23 % depuis 1997, alors même que la population n'a crû que de 14 % sur la même période. Cet écart de 9 points traduit une réalité : l'emploi public a augmenté plus vite que les besoins démographiques, et cette dynamique n'est pas soutenable. Elle pèse lourdement sur la dépense publique, donc sur les finances de l'État, mais aussi, in fine, sur les contribuables et les agents eux-mêmes, dont le pouvoir d'achat se trouve fragilisé par la hausse de la charge fiscale. Il n'est ni possible, ni souhaitable de continuer à augmenter indéfiniment le nombre de postes dans la fonction publique. Plus précisément, l'objectif est de faire "mieux avec moins" : moins de dispersion, plus de ciblage, davantage de moyens là où ils sont vraiment nécessaires et la poursuite d'un effort général de simplification et de modernisation afin de rendre le meilleur service public possible dans un contexte où la contrainte budgétaire est un paradigme durable. Concrètement, cela signifie que des baisses sont indispensables dans certains secteurs où l'organisation peut être simplifiée, mais que d'autres doivent également être renforcés en prenant compte différents enjeux, notamment démographiques et sociétaux, en ciblant en priorité : l'éducation de nos enfants, notre sécurité, notre justice, notre santé. Le ministère de l'Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification porte une vision claire : une fonction publique recentrée, modernisée, qui mise sur la réallocation des effectifs, des gains d'efficacité permis par le numérique et l'intelligence artificielle, et une simplification radicale des procédures. Ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons offrir à nos concitoyens un service public à la fois performant et soutenable.
Auteur : Mme Clémentine Autain
Type de question : Question écrite
Rubrique : Fonctionnaires et agents publics
Ministère interrogé : Fonction publique, simplification et transformation de l’action publique
Ministère répondant : Action publique, fonction publique et simplification
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 26 mai 2025
Dates :
Question publiée le 29 octobre 2024
Réponse publiée le 16 septembre 2025