Service civique : qualité effective des missions et moyens de contrôle
Question de :
Mme Sandra Delannoy
Nord (3e circonscription) - Non inscrit
Mme Sandra Delannoy alerte Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur la qualité effective des missions proposées dans le cadre du service civique et sur les moyens de contrôle dont dispose l'Agence du service civique pour la garantir. Depuis sa création par la loi du 10 mars 2010, le service civique a permis à plus de 875 000 jeunes de s'engager dans des missions d'intérêt général, au sein de structures dont 80 % sont des associations. Le dispositif prévoit un engagement d'au moins 24 heures par semaine, pour une durée de six à douze mois. L'État finance l'essentiel de l'indemnité versée aux volontaires, à hauteur de 504,98 euros mensuels, auxquels l'organisme d'accueil ajoute 114,85 euros, portant l'indemnité totale à 619,83 euros nets par mois. Si les dérives liées à la substitution à l'emploi sont régulièrement documentées, le phénomène inverse (des missions dont le contenu réel est insuffisant pour occuper substantiellement le volontaire pendant la durée contractuelle d'engagement) reste largement absent des évaluations institutionnelles. Pourtant, des témoignages récurrents de volontaires font état de journées marquées par l'inactivité, un manque de tâches concrètes à accomplir ou des missions dont le périmètre a été insuffisamment défini par l'organisme d'accueil. L'enquête menée en 2024 par l'Agence du service civique auprès des recruteurs évoque la nécessité d'améliorer l'adéquation entre la qualité des missions et les aspirations des jeunes, ce qui suggère que le problème est identifié en interne sans être pleinement mesuré. Cette lacune est d'autant plus préoccupante que les moyens de contrôle de l'Agence du service civique n'ont pas suivi la montée en puissance du dispositif. Depuis 2010, le nombre de volontaires a été multiplié par 25, passant de 6 000 à près de 150 000 en 2024, sans que les effectifs dédiés au contrôle qualité au sein de l'Agence et des services déconcentrés n'aient connu une progression comparable. Le rapport public annuel 2025 de la Cour des comptes, consacré aux politiques en faveur des jeunes, a souligné l'insuffisance générale des outils d'évaluation dont dispose l'État pour mesurer l'efficacité de ses politiques de jeunesse, notant que « les outils d'évaluation étaient trop faibles ». Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de ramener l'enveloppe du service civique de 580 à 465 millions d'euros, imposant une réduction de la cible annuelle de 150 000 à 110 000 volontaires. Cette contraction rend d'autant plus nécessaire un pilotage rigoureux de la qualité des missions restantes. Si le dispositif ne peut plus garantir un volume élevé de missions, il doit au minimum garantir que chaque mission proposée offre un contenu substantiel et formateur au volontaire qui s'y engage. Elle lui demande, d'une part, de préciser les effectifs affectés au contrôle de la qualité des missions au sein de l'Agence du service civique et des services déconcentrés, le nombre de contrôles sur site réalisés annuellement rapporté au nombre de structures agréées et les indicateurs qualitatifs utilisés pour évaluer la densité et le contenu effectif des missions au-delà des seuls indicateurs d'insertion post-engagement. Elle lui demande, d'autre part, si le Gouvernement envisage, dans le contexte de la réduction budgétaire prévue pour 2026, de conditionner le maintien ou le renouvellement des agréments à des critères portant sur le contenu effectif des missions, afin de garantir que chaque volontaire bénéficie d'un engagement substantiel, conforme à l'esprit de la loi.
Réponse publiée le 28 juillet 2026
Si le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait un budget de 465 M€ permettant de financer 110 000 missions, les débats budgétaires ont permis de porter le budget consacré au service civique à 495 M€ en 2026 pour permettre l'accueil de 135 000 engagés. Depuis sa création, le service civique fait l'objet d'un pilotage rigoureux. La qualité des missions, qui est la garantie de l'expérience vécue par les engagés, constitue un point d'attention prioritaire qui n'est pas dépendant du nombre de missions proposées. Le contrôle de la qualité des missions repose sur un dispositif structuré associant l'Agence du service civique et les services déconcentrés jeunesse et sports. En 2025, l'Agence du service civique disposait de 67,7 ETPT, dont 9 ETPT (13,3 %) dédiés au contrôle et à l'animation territoriale. Les services déconcentrés mobilisaient 134,4 ETP, dont 20,4 ETP (15,2 %) consacrés aux contrôles. Au total, 29,4 ETP, soit 14,5 % des effectifs, étaient spécifiquement affectés aux missions de contrôle. Cette même année, 8 198 organismes étaient agréés et 591 contrôles ont été réalisés. Les contrôles visent à garantir la qualité des missions proposées et le respect des principes fondamentaux du dispositif (intérêt général, citoyenneté, mixité, accessibilité, etc.). La qualité des missions est appréciée au moyen d'indicateurs de suivi inscrits dans le contrat d'objectifs et de performance de l'Agence du service civique, portant notamment sur la formation civique et citoyenne, la formation des tuteurs (plus de 19 000 en 2025), ainsi que sur la satisfaction des volontaires à l'égard de leur mission (87 %) et de leur accompagnement (81 %). Par ailleurs, la qualité des missions proposées dans le cadre du service civique est appréciée dès la demande d'agrément, qu'il s'agisse d'une demande initiale ou de renouvellement. Une évaluation approfondie est menée pour s'assurer de la conformité aux exigences du service civique afin de garantir que les organismes disposent des capacités nécessaires pour proposer des missions conformes aux principes du service civique et assurer un accompagnement de qualité des volontaires. La qualité de l'expérience vécue par les engagés n'est plus à démontrer. En 2025, un an après la fin de leur mission, 87 % des engagés se déclarent très satisfaits ou satisfaits de leur mission, 53 % des jeunes déclarent souhaiter poursuivre une démarche d'engagement. Alors que 7 jeunes sur 10 étaient sans emploi et sans études à leur entrée en mission, ils sont 7 sur 10 à avoir retrouvé un emploi ou à avoir repris des études en sortie.
Auteur : Mme Sandra Delannoy
Type de question : Question écrite
Rubrique : Jeunes
Ministère interrogé : Sports, jeunesse et vie associative
Ministère répondant : Sports, jeunesse et vie associative
Dates :
Question publiée le 30 juin 2026
Réponse publiée le 28 juillet 2026