Défaillance des structures de soin en oncologie en Guadeloupe
Publication de la réponse au Journal Officiel du 3 mars 2026, page 1938
Question de :
M. Olivier Serva
Guadeloupe (1re circonscription) - Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
M. Olivier Serva interroge M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins sur les carences actuelles dans la prise en charge des patients atteints de cancers en Guadeloupe, notamment en raison de la pénurie de radiotraceurs et des nombreux dysfonctionnements du Centre d'imagerie moléculaire de Guadeloupe (CIMGUA). En effet, la Guadeloupe est souvent touchée par des pénuries de radiotraceurs utilisés pour les scintigraphies, étant dépendante des réacteurs dans l'Hexagone. Cette situation entraîne une forte réduction des examens diagnostiques disponibles pour les patients guadeloupéens, obligeant les professionnels de santé à limiter les examens aux urgences les plus immédiates et à reporter certains suivis, ce qui peut compromettre la qualité des soins pour des pathologies graves comme le cancer. Cependant, cette fermeture oblige les patients à se rendre en Martinique ou dans l'Hexagone, augmentant leur stress et perturbant la continuité des soins. Les écarts de chance de survie entre patients atteints de cancer en Guadeloupe et ceux de l'Hexagone sont déjà préoccupants, particulièrement pour certains cancers dont le pronostic est intermédiaire ou défavorable. La situation actuelle risque d'accentuer ces inégalités et met en lumière la fragilité des infrastructures de santé dans l'archipel face à des interruptions de service, même temporaires. Dans ce contexte, M. le député souhaite savoir quelles mesures concrètes M. le ministre envisage pour mettre fin à ces dysfonctionnements et garantir la continuité des soins pour les patients guadeloupéens. Plus précisément, il souhaite connaître les actions qui seront mises en place pour sécuriser l'approvisionnement en radiotraceurs en cas de futures pannes et les solutions d'assistance qui pourraient être proposées aux structures de santé locales. Par ailleurs, il l'interroge sur les dispositifs envisagés pour compenser les fermetures temporaires de centres de soin spécialisés comme le CIMGUA et réduire les perturbations dans l'accès aux soins en oncologie pour les habitants de Guadeloupe.
Réponse publiée le 3 mars 2026
Le Gouvernement a fait de la prévention et de la prise en charge des pathologies cancéreuses l'une de ses priorités en matière de santé publique, qui s'est notamment traduite par l'élaboration de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030. Cette stratégie repose sur l'amélioration de la prévention des cancers, la limitation des séquelles et l'amélioration de la qualité de vie, la lutte contre les cancers de mauvais pronostic, et l'assurance que les progrès bénéficient à tous. A ce titre, le Gouvernement s'est fixé des objectifs ambitieux associés à ce plan d'action, visant notamment à réduire de 60 000 par an le nombre de cancers évitables à horizon 2040, et à réaliser un million de dépistages en plus à horizon 2025 sur le périmètre des dépistages existants. Par ailleurs, en accord avec la mesure 23 du précédent comité interministériel des Outre-mer, un plan cancer spécifique aux outre-mer est en cours de déploiement pour augmenter significativement les actions de prévention et réduire les délais de prise en charge. Ces orientations sont reprises et spécifiées par l'agence de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, dans son Schéma régional de santé adopté en 2023. Un effort tout particulier a été engagé sur les actions de prévention et de dépistage, afin de limiter au maximum le développement des formes de cancer et d'engager précocement les prises en charge nécessaires. A ce titre, la campagne de vaccination contre le papillomavirus humain en milieu scolaire a été initiée dès 2023 et a permis, au cours de la première phase, de rehausser de respectivement 8 et 5 points les taux de couverture vaccinale des jeunes filles et jeunes garçons. L'agence s'est également engagée dans le développement de l'éducation et l'accès à la prévention pour les cancers du sein via des formations à l'autopalpation, ainsi que dans le renforcement des dispositifs d'« aller-vers » afin de diminuer les inégalités d'accès au dépistage des cancers. Un appel à projet a ainsi été publié en 2024 afin de financer des actions visant à inciter les femmes à se faire dépister. L'agence de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy prévoit également de renforcer la qualité des prises en charge des patients atteints de cancers, en développant notamment les dispositifs de télé-expertise ou en consolidant le dispositif spécifique régional du cancer, qui permettra d'améliorer le parcours des patients. Dans le cadre des objectifs quantifiés de l'offre de soins, l'agence prévoit enfin de développer la filière oncologique sur le territoire d'ici à 2028, notamment en matière de chirurgie oncologique thoracique. La dépendance aux radiotraceurs en provenance de l'Hexagone constitue une réalité pour le Centre d'Imagerie Moléculaire de Guadeloupe (CIMGUA) dans la réalisation de ses diagnostics comme pour l'ensemble des établissements ultramarins. Deux évènements passés distincts mais concomitants ont pu générer une inquiétude sur la prise en charge des patients, leurs conséquences sont actuellement neutralisées et les indicateurs de gestion du CIMGUA ne présentent pas d'anomalie comparés aux standards du secteur.
Auteur : M. Olivier Serva
Type de question : Question écrite
Rubrique : Établissements de santé
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 8 septembre 2025
Dates :
Question publiée le 21 janvier 2025
Réponse publiée le 3 mars 2026