Question écrite n° 5867 :
Réglementation de la médiation équine

17e Législature
Question renouvelée le 22 juillet 2025

Question de : M. Thomas Ménagé
Loiret (4e circonscription) - Rassemblement National

M. Thomas Ménagé interroge Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur l'absence de réglementation de la profession de la médiation équine en France. La médiation équine, qui consiste à utiliser le cheval comme intermédiaire dans des démarches éducatives, thérapeutiques ou sociales, connaît un essor significatif depuis plusieurs années. Elle répond à une demande croissante de structures médico-sociales, scolaires, hospitalières ou d'insertion, convaincues de ses effets bénéfiques pour des publics variés : personnes en situation de handicap, enfants en difficulté, adultes souffrant de troubles psychiques ou encore personnes âgées en perte d'autonomie. Selon une étude de l'Institut du droit équin (IDE), les activités de médiation équine sont composées de pratiques très diverses. L'offre est portée par une multiplicité de profils, allant de professionnels du cheval à des personnes issues des secteurs du soin, du social ou de l'éducation, sans que ne soit exigée une qualification ou une formation certifiée spécifique. Les formations existantes, souvent privées, ne bénéficient pas d'une reconnaissance officielle de l'État. Cette hétérogénéité, combinée à l'absence de cadre légal, génère de nombreuses incertitudes sur le professionnalisme des médiateurs, la qualité des pratiques, les conditions de sécurité pour les bénéficiaires, les responsabilités juridiques encourues ainsi que les normes déontologiques applicables. L'absence de réglementation empêche également la professionnalisation et la structuration du secteur. Le Syndicat interprofessionnel des praticiens de la médiation équine (SIPME), qui regroupe les professionnels du secteur, appelle depuis plusieurs années à la mise en place d'un cadre juridique clair et adapté. Il a, à ce titre, élaboré une charte de bonnes pratiques et des référentiels de compétences, afin d'assurer une base commune à ses membres. Toutefois, en l'absence d'un cadre légal, ces initiatives ne peuvent suffire à encadrer l'ensemble des pratiques ni à offrir une reconnaissance institutionnelle aux professionnels du secteur. La reconnaissance officielle de la profession, par la définition d'un référentiel métier, de conditions d'accès encadrées par des certifications professionnelles reconnues et d'un statut juridique spécifique permettrait non seulement de sécuriser les bénéficiaires mais aussi d'asseoir la légitimité des médiateurs équins. Elle ouvrirait également la voie à une meilleure intégration de la médiation équine dans les politiques publiques de santé, d'inclusion et de cohésion sociale, en facilitant les partenariats avec les collectivités, les établissements publics et les organismes de protection sociale. Elle pourrait, enfin, permettre l'émergence d'une filière de formation structurée, susceptible de renforcer l'attractivité du secteur, en particulier dans les zones rurales. Il lui demande donc si le Gouvernement entend prendre des mesures afin de reconnaître et réglementer la profession de médiateur équin, en lien avec les acteurs de la filière, dans l'objectif d'assurer la qualité des pratiques, la sécurité des publics concernés et le développement pérenne de cette activité à fort impact social et territorial.

Réponse publiée le 16 septembre 2025

Les pratiques de médiation équine visent à utiliser les interactions entre l'humain et le cheval à des fins éducatives, thérapeutiques ou sociales. Comme de nombreuses études confirment leur utilité, elles suscitent un intérêt croissant de la part des structures œuvrant dans les champs du médico-social, de la santé, de l'insertion ou de l'éducation spécialisée. Il convient de souligner que ces activités ne relèvent pas à ce stade d'une profession unifiée. En effet, les conditions d'accès aux métiers permettant ces pratiques, de même que les critères de reconnaissance des compétences, relèvent des dispositifs de droit commun portés par les ministères compétents pour chaque domaine. Néanmoins, des compétences spécifiques peuvent être reconnues et les acteurs de la médiation équine ont la possibilité de solliciter l'enregistrement de titres ou de certifications au répertoire national des certifications professionnelles, sur la base de référentiels métiers consolidés. Par ailleurs, le dispositif de validation des acquis de l'expérience (VAE) constitue un levier pour sécuriser les parcours professionnels dans ce domaine. La structuration progressive de cette activité repose aujourd'hui sur des initiatives professionnelles, telles que l'élaboration de référentiels de compétences ou de chartes de bonnes pratiques. Ces démarches, portées par des organisations représentatives du secteur, contribuent à clarifier les attentes en matière de qualité des interventions, de sécurité des bénéficiaires et de responsabilité des intervenants. Le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire est particulièrement attentif à l'évolution des pratiques et à la structuration de ce secteur, en lien avec les ministères concernés et les acteurs de la filière équine.  Au titre de ses missions d'accompagnement de la filière et de développement de l'attractivité de ses métiers, l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) est pleinement mobilisé pour accompagner les professionnels de la médiation équine. L'établissement a ainsi diligenté trois études pour caractériser l'offre en médiation équine, expertiser le cadre légal et la réglementation applicable à ces activités et analyser la demande des bénéficiaires potentiels. Il a mis en place en 2023 un groupe de travail « Recherche et développement » en médiation équine qui promeut les activités pratiquées par des professionnels spécifiquement formés, dans le respect du bénéficiaire et du partenaire cheval. De même, s'agissant de la structuration de la profession, l'IFCE est à l'origine des Equimeeting médiation, lieu de rencontre et de débats des personnes actives dans ce domaine. En ce sens, le conseil de l'emploi et de la formation de l'IFCE a été saisi à plusieurs reprises par les professionnels de la médiation équine. Cet organe consultatif, réunissant les institutions et les représentants de la filière équine, est utilement mobilisé pour proposer aux administrations compétentes des pistes d'amélioration pour offrir un accompagnement et un encadrement adapté à ce secteur émergent.

Données clés

Auteur : M. Thomas Ménagé

Type de question : Question écrite

Rubrique : Animaux

Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire

Ministère répondant : Agriculture, souveraineté alimentaire

Renouvellement : Question renouvelée le 22 juillet 2025

Dates :
Question publiée le 15 avril 2025
Réponse publiée le 16 septembre 2025

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