Question écrite n° 6202 :
Encadrement législatif de l'activité « distillerie »

17e Législature

Question de : Mme Delphine Lingemann
Puy-de-Dôme (4e circonscription) - Les Démocrates

Mme Delphine Lingemann attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur la situation des distilleries françaises face à l'utilisation abusive du terme « distillerie » par des entreprises produisant principalement des liqueurs. Les distilleries sont soumises à des contraintes plus importantes que les producteurs de liqueurs. D'une part, l'activité de distillerie nécessitent des investissements matériels coûteux, notamment l'acquisition d'alambics, indispensables au processus de distillation. S'ajoutent à cela les délais liés à la production d'alcools distillés tels que la vodka, le gin, le rhum ou le whisky qui nécessite plusieurs mois, voire des années pour certains, en raison du temps de maturation indispensable à leur qualité, contrairement aux liqueurs, dont la fabrication est plus rapide et ne requiert pas ce processus. D'autre part, les distilleries doivent faire face à une fiscalité nettement plus lourde. En raison de leur titre alcoométrique généralement supérieur à 40 % vol, les spiritueux distillés sont soumis au taux plein des cotisations de sécurité sociale, fixé à 609,80 euros par hectolitre d'alcool pur. À l'inverse, les liqueurs, dont le degré d'alcool dépasse rarement les 18 %, bénéficient d'un taux réduit de 51,49 euros par hectolitre, ce qui crée un déséquilibre significatif en matière de taxation. Cette disparité crée une concurrence déloyale et induit en erreur les consommateurs, certaines entreprises utilisant abusivement le terme « distillerie » dans leur communication commerciale, alors qu'elles produisent essentiellement des liqueurs. Mme la députée interpelle donc M. le ministre afin de connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en place pour encadrer strictement l'usage du terme « distillerie » et en réserver l'emploi aux structures exerçant réellement une activité de distillation. Elle souhaite également être informée des sanctions prévues à l'encontre des entreprises ayant recours à un usage trompeur de cette appellation à des fins commerciales.

Réponse publiée le 16 septembre 2025

La DGCCRF contrôle chaque année plus de 200 établissements mettant sur le marché des boissons spiritueuses. Chaque mention portée sur l'étiquetage et dans la présentation des spiritueux (sites internet du professionnel et de revente, catalogues promotionnels, réseaux sociaux…) est ainsi analysée au regard des ingrédients, des méthodes de production et du matériel mis en œuvre pour assurer leur véracité et le respect des règles de production propre à chaque boisson. L'usage de la mention « distillerie », particulièrement valorisante car synonyme de savoir-faire maitrisé et donnant souvent lieu à la mise en avant du caractère local de la production, fait l'objet depuis plusieurs années d'une vigilance accrue. Ainsi, seule une entreprise réalisant elle-même la distillation des boissons spiritueuses qu'elle met sur le marché peut être qualifiée de « distillerie » et utiliser ce terme dans ses documents commerciaux, marques commerciales et sur l'étiquette de ses boissons. A cet égard, depuis 2022, plusieurs mesures de police administratives ont été adressées à des opérateurs pour qu'ils cessent de se présenter comme distillateurs, ou de le suggérer par le biais d'images, alors qu'ils ne peuvent justifier de cette qualité. Par ailleurs, en 2024, deux procès-verbaux pour pratique commerciale trompeuse ont été établis à l'égard de deux opérateurs réalisant des activités d'achat-revente qui avaient installé des alambics inactifs dans leurs boutiques afin de faire croire au consommateur qu'ils réalisaient eux-mêmes la distillation de leurs gins et eaux-de-vie. Les deux professionnels se sont acquittés de transactions pénales de 10 000 et 200 000 euros. Les professionnels qui auraient la connaissance d'abus sont invités à les signaler aux services de la DGCCRF qui pourront y apporter les suites appropriées et ainsi garantir la loyauté de la concurrence entre opérateurs et de l'information du consommateur.

Données clés

Auteur : Mme Delphine Lingemann

Type de question : Question écrite

Rubrique : Alcools et boissons alcoolisées

Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Ministère répondant : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Dates :
Question publiée le 29 avril 2025
Réponse publiée le 16 septembre 2025

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