Question écrite n° 6427 :
Difficultés de recrutement dans les ateliers industriels de l'aéronautique

17e Législature

Question de : M. Florent Boudié
Gironde (10e circonscription) - Ensemble pour la République

M. Florent Boudié appelle l'attention de M. le ministre des armées sur l'impact des difficultés de recrutement et de fidélisation des ouvriers de l'État dans les ateliers industriels de l'aéronautique (AIA), en particulier celui de Bordeaux. Ces ouvriers jouent un rôle stratégique dans le maintien en condition opérationnelle des aéronefs militaires et autres équipements aéronautiques de l'État. Or depuis plusieurs années, ils font face à une perte d'attractivité croissante de leur métier, en raison d'une stagnation de leur rémunération, inférieure aux standards des entreprises privées du secteur. La suppression des bordereaux ouvriers en 2017, ainsi que l'indexation des salaires sur un point d'indice gelé pendant plusieurs années, puis revalorisé de manière insuffisante, ont conduit à une baisse relative de leur pouvoir d'achat estimée à plus de 20 %. Cette situation fragilise les AIA, qui peinent à recruter et à conserver leurs effectifs qualifiés. Dans un contexte où la disponibilité opérationnelle des aéronefs est un enjeu majeur pour la défense nationale, il lui demande quelles mesures il entend prendre pour garantir l'attractivité des AIA et assurer le maintien des compétences indispensables à la souveraineté aéronautique de la France.

Réponse publiée le 25 novembre 2025

La loi de programmation 2024-2030 souligne l'importance stratégique du secteur aéronautique pour la défense nationale, face à une concurrence accrue avec le secteur privé (Airbus, Dassault, Safran, Thales) et à des enjeux de souveraineté. Les compétences techniques rares (maintenance aéronautique, dont moteurs et structures et matériaux composites) sont très recherchées, rendant le recrutement et la fidélisation difficiles. Le ministère des armées et des anciens combattants met en œuvre une stratégie RH ambitieuse pour renforcer l'attractivité et la compétitivité du secteur aéronautique public. D'une part, il modernise son recrutement d'opérateurs sous statut ouvrier de l'État en simplifiant les épreuves (remplacement de l'épreuve théorique par un entretien pratique). Par ailleurs, il reconnait davantage l'expérience des candidats, notamment par la reprise d'ancienneté et une rémunération plus attractive, comme pour les opérateurs expérimentés. D'autre part, il propose des parcours de formation sur mesure, alliant modules techniques et transverses, dispensés en interne ou via des partenariats (ex : Aéro Campus Aquitaine), afin d'assurer une montée en compétence rapide et de fidéliser les nouvelles recrues. La politique RH du service industriel de l'aéronautique (SIAé) s'adapte en permanence grâce à une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), anticipant les besoins futurs (évolution des flottes, des matériaux, des équipements, de la mise en œuvre de techniques nouvelles), tout en favorisant la mobilité interne et l'amélioration de la qualité de vie au travail. Les ateliers industriels de l'aéronautique (AIA), celui de Bordeaux en particulier, s'efforcent d'améliorer la réalisation de leurs plans de recrutement en renforçant les partenariats avec les écoles et les acteurs privés, en développant l'apprentissage et les actions de communication en faveur du rayonnement des établissements et de la notoriété des métiers. L'accent est mis sur la diversification des profils des agents recrutés même si cela engendre des coûts de formation plus élevés. Les établissements du SIAé entretiennent de bonnes relations avec les autres acteurs de la maintenance aéronautique notamment privés. Pour permettre aux AIA de préserver leurs ressources et compétences, des échanges ponctuels ont lieu avec les industriels privés du secteur d'activité afin de garantir un gentlemen's agreement. Le ministère œuvre ainsi afin de garantir la souveraineté de l'État dans le domaine du MCO aéronautique et s'efforce de s'offrir des alternatives étatiques, sur un marché concurrentiel, pour répondre aux besoins des forces dans des conditions optimales de coûts, de délais et de qualité, tout en valorisant les missions de service public.

Données clés

Auteur : M. Florent Boudié

Type de question : Question écrite

Rubrique : Défense

Ministère interrogé : Armées

Ministère répondant : Armées et anciens combattants

Dates :
Question publiée le 6 mai 2025
Réponse publiée le 25 novembre 2025

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