Question écrite n° 6913 :
Situation préoccupante dans le quartier du Mathiolan (Meyzieu)

17e Législature

Question de : Mme Tiffany Joncour
Rhône (13e circonscription) - Rassemblement National

Mme Tiffany Joncour alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la situation intolérable d'insécurité qui gangrène et sévit dans le quartier du Mathiolan à Meyzieu (Rhône). La violence, le trafic de drogue et le squat y sont désormais quotidiens, comme l'illustrent les récents tirs survenus de nuit, semant la terreur parmi les habitants. Le mardi 6 mai 2025, Mme la députée s'est rendue sur place, à la demande de riverains profondément choqués et à bout. Les témoignages recueillis sont bouleversants : « On ne vit plus, on survit », « Nos enfants ne dorment plus, ils ont entendu les balles siffler », « On a peur de sortir, même en plein jour ». La peur s'est installée et le sentiment d'abandon est devenu insupportable. Depuis octobre dernier, Mme la députée alerte les autorités compétentes. Un courrier a déjà été adressé au ministre de l'intérieur, M. Bruno Retailleau, à la préfète du Rhône, Mme Fabienne Buccio, ainsi qu'au maire de Meyzieu. Tous sont restés sans aucune réponse : aucun acte concret n'a suivi, aucune patrouille supplémentaire... Ni le commissaire, ni le procureur, ni la préfète n'ont jugé utile de répondre à ses sollicitations ou de se saisir sérieusement de la situation. Depuis, rien n'a changé. Le quartier du Mathiolan continue de sombrer dans la violence et devient progressivement une véritable zone de non-droit, où les secours comme les forces de l'ordre peinent désormais à intervenir sans être menacés ou pris pour cible. Dans ce contexte, Mme la députée juge que les mots ne suffisent plus. Elle réclame aujourd'hui des actes forts et immédiats pour restaurer l'ordre républicain. Elle demande : le renforcement urgent des effectifs de police nationale à Meyzieu, avec des patrouilles visibles et dissuasives ; l'installation de caméras de vidéoprotection supplémentaires dans les zones les plus sensibles du quartier du Mathiolan ; une enquête de police approfondie dont l'objectif est de démanteler durablement le trafic de drogue qui empoisonne le quotidien des habitants; une réponse pénale ferme et visible, à la hauteur de la gravité des actes commis. Elle rappelle que les caméras existantes sont régulièrement prises pour cible et que les forces de l'ordre, elles-mêmes régulièrement visées par des tirs de mortier, ne peuvent remplir efficacement leur mission sans un soutien clair de l'État. Elle lui demande donc s'il compte écouter les sollicitations locales et appliquer ces mesures de bon sens.

Réponse publiée le 11 novembre 2025

Renforcer la sécurité de nos concitoyens dans leur vie quotidienne constitue une priorité absolue du ministère de l'intérieur et les forces de l'ordre sont donc totalement mobilisées. Tel est le cas à Meyzieu, dans le Rhône, et notamment dans le quartier du Mathiolan, qui fait l'objet d'une attention constante de la police nationale (circonscription de police nationale de Lyon). Le travail des policiers comme l'engagement des acteurs locaux du continuum de sécurité (bailleurs notamment) ont permis de relativement stabiliser la situation. Dès 2023, des « groupes de partenariat opérationnel » (GPO) spécifiques à ce quartier du Mathiolan avaient été constitués par la police nationale avec les acteurs locaux : associations de quartiers, associations de locataires du bailleur social, éducation nationale, etc. Cette mobilisation et le travail partenarial produisent des résultats. Au cours des 5 premiers mois de 2025, la délinquance générale est en baisse à Meyzieu et dans le quartier du Mathiolan, notamment en matière de délinquance de voie publique, tandis que les infractions révélées par l'action d'initiative de la police nationale augmentent, témoignant de la présence soutenue des forces sur la voie publique. S'il ne s'agit en aucun cas de minorer la réalité de la délinquance ni le sentiment d'insécurité, évoquer une « situation intolérable d'insécurité » dans ce quartier paraît donc excessif. Les problèmes d'insécurité n'en sont pas moins réels. Le quartier n'échappe par exemple pas à des épisodes ponctuels de violences urbaines, que ce soit lors d'événements festifs ou en réaction à des opérations de police (interpellations, contrôles routiers…). La riposte des forces de l'ordre est alors immédiate. Par ailleurs, dans ce quartier comme ailleurs, le fléau du trafic de stupéfiants est une réalité. Un point de deal du quartier a ainsi été le théâtre, les 2 et surtout 6 mai derniers, de tirs d'armes automatiques, comme évoqué dans la question écrite. De nombreux impacts étaient découverts sur les façades d'immeuble et des véhicules en stationnement. Les enquêtes relatives à ces faits sont en cours. Ces événements, qui ont légitimement suscité beaucoup d'émotion, ont conduit la mairie à organiser le 22 mai une réunion publique, à laquelle la police nationale a participé afin d'exposer et d'expliquer son action dans le quartier. Déterminée à intensifier la lutte contre le trafic et son écosystème, une vaste « opération ville de sécurité renforcée » était menée dans le quartier dès le 13 mai 2025, pendant 2 jours, mobilisant plus de 70 policiers tant pour des opérations judiciaires que pour des actions sur la voie publique (contrôles d'identités, etc.) et dans les transports en commun, permettant notamment 5 interpellations. Cette action était menée en lien avec diverses administrations et les partenaires locaux de la sécurité, notamment les bailleurs (visites de parties communes…) et la police municipale. Cette opération s'ajoute aux autres opérations mise en œuvre depuis le début de l'année dans le quartier par les services de la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) du Rhône : 1 opération CODAF (comité départemental anti-fraude), 4 opérations de visites des parties communes, 1 opération de contrôles d'identités, 5 opérations de contrôles routiers avec l'appui de la police municipale, etc. D'autres opérations anti-délinquance sont déjà programmées. Le combat contre la délinquance repose dans le Rhône sur des moyens substantiels. La direction interdépartementale de la police nationale s'appuie sur plus de 3 540 agents – auxquels s'ajoutent plus de 250 réservistes opérationnels. La circonscription de police nationale de Lyon (qui couvre 17 communes, dont Meyzieu) bénéficie en outre régulièrement du renfort de CRS. La zone de défense et de sécurité Sud-Est bénéficie en particulier de l'implantation à Chassieu de la CRS n° 83, unité à projection rapide qui peut intervenir en cas de besoin dans toutes les communes de la région. En tout état de cause, la situation des effectifs de cette circonscription de police est suivie avec attention. Des efforts sont ainsi et notamment engagés pour renforcer le recrutement de policiers adjoints, et poursuivre le mouvement de montée en puissance de la réserve opérationnelle, dont les agents constituent un renfort important pour les équipages de police sur le terrain. La guerre contre la délinquance doit être poursuivie avec la plus totale détermination et la plus grande fermeté. Tel est le cas, dans le cadre du plan d'action départemental de restauration de la sécurité du quotidien qui a été présenté par la préfète du Rhône le 21 février 2025. Il fixe 2 axes prioritaires, notamment une lutte tous azimuts contre le trafic de stupéfiants mobilisant toutes les ressources policières et administratives ainsi que les moyens de la police des étrangers. En application de ce plan d'action, les services de la direction interdépartementale de la police nationale ont un objectif clair : « pilonner » les secteurs de forte délinquance et sécuriser l'espace public, en partenariat avec les acteurs du continuum de sécurité. La mise en œuvre du plan d'action départemental produit des résultats, ainsi qu'en a rendu compte la préfète du Rhône le 30 juillet. Au cours du premier semestre 2025, plus de 1 000 trafiquants de drogue ont été interpellés (+12 %) dans le département et plus de 4 300 consommateurs de stupéfiants ont été verbalisés (+ 7 %). Par ailleurs, une quinzaine de dossiers d'expulsions locatives visant des familles de trafiquants sont en cours, en application des nouvelles dispositions offertes par la loi dite « narcotrafic ». Dans la seule circonscription de police nationale de Lyon, plus de 490 opérations visant le démantèlement de points de deal ont été menées au cours du premier semestre 2025, permettant ainsi plus de 500 gardes à vue. À Meyzieu comme dans tout le département, tout est mis en œuvre pour faire reculer la délinquance et garantir aux habitants la sécurité et la tranquillité qu'ils exigent légitimement. Enfin, dans le Rhône comme partout France, la sécurité est l'affaire de tous, y compris des collectivités territoriales, dont il convient de rappeler en particulier la compétence en matière de vidéoprotection. 

Données clés

Auteur : Mme Tiffany Joncour

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité des biens et des personnes

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Dates :
Question publiée le 20 mai 2025
Réponse publiée le 11 novembre 2025

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