Question de : M. Hendrik Davi
Bouches-du-Rhône (5e circonscription) - Écologiste et Social

M. Hendrik Davi alerte Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur l'avenir de l'entreprise Veracyte installée à Marseille. L'entreprise américaine, qui a repris la société de fabrication en biopharmacie de Luminy, a déposé le bilan le 7 mai 2025. 164 emplois sont menacés de disparition. Ces suppressions d'emplois s'ajoutent à une liste déjà bien longue à Marseille : ID logistic, le groupe Fnac Darty, les Galeries Lafayette, etc. Selon la CGT, ce sont près de 360 plans de licenciement qui seraient en cours à l'heure actuelle dans toute la France, ce qui représente 220 000 emplois directs ou indirects. Outre ces licenciements économiques, ce sont des savoir-faire qui disparaissent et des technologies essentielles dans le domaine de la santé. Veracyte SAS possède une expertise dans le diagnostic des cancers in vitro reconnue dans le monde entier. Elle fabrique des tests, notamment pour les cancers du sein, fabriqués jusqu'à maintenant exclusivement à Marseille. Des milliers de femmes n'y auraient plus accès, faute de production. Les salariés se battent pour trouver un repreneur et conserver à la fois leurs emplois, mais aussi cette expertise. Comme pour de nombreuses entreprises françaises, l'État a dépensé des millions d'euros par le biais du crédit impôt recherche. 200 milliards d'euros sont versés en aides publiques chaque année, sans contrepartie. C'est pourquoi il lui demande ce qu'il compte faire pour sauver le site de Veracyte SAS.

Réponse publiée le 20 janvier 2026

Créée en octobre 2014 et rachetée en août 2021 par la société américaine Veracyte Inc., groupe mondial spécialisé dans les diagnostics, l'entreprise SAS Veracyte, devenue la filiale à 100 % de Veracyte Inc., exerce principalement une activité de recherche et développement en biotechnologie et notamment une expertise scientifique en immuno-oncologie. Pour justifier son projet de réorganisation, l'entreprise met en avant des difficultés à atteindre l'équilibre depuis son rachat, ainsi que l'augmentation des coûts d'investissement pour répondre aux exigences réglementaires de mise sur le marché de dispositif médicaux. Dans ce contexte, la maison mère, Veracyte Inc. a fait savoir en février 2025 sa volonté de cesser de financer sa filiale et a engagé dès le mois de mars une recherche de repreneurs. La société a été contrainte de déposer une déclaration de cessation des paiements auprès du tribunal des activités économiques de Marseille. Une procédure de redressement judiciaire a été ouverte le 7 mai 2025, en vue d'un projet de cession permettant d'assurer la pérennité de son activité, ainsi que le maintien des emplois rattachés. Par jugement du 16 juillet 2025, le tribunal des activités économiques de Marseille a ordonné la cession de la SAS Veracyte à la société Helio Diagnostics reprenant 38 (dont 37 Contrats de travail à durée indéterminée - CDI) salariés sur 151 et a autorisé en conséquence le licenciement de 106 salariés en CDI non repris. La procédure d'information-consultation sur le projet de plan de sauvegarde de l'emploi engagée le 23 juin 2025 a abouti à la décision d'homologation le 23 juillet 2025 par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Outre la proposition du contrat de sécurisation professionnelle, le budget des mesures de formation, d'aides au projet d'entreprise et d'aides à la mobilité géographique a été abondé de 264 000 euros par la société-mère Veracyte Inc. Ces dispositions ont été complétées par l'accord de l'association de garantie des salaires au financement des mesures annexes. La DREETS s'est ainsi assurée, outre de la régularité de la procédure en vue de son homologation, que les mesures pouvant être prises dans le contexte de difficultés économiques pourraient concourir au reclassement des salariés non repris. Les services de l'État continueront d'assurer le suivi de ce dossier, en lien avec l'ensemble des acteurs concernés, notamment pour garantir la bonne exécution des engagements pris par le repreneur dans le cadre de la cession et pour accompagner le reclassement des salariés non repris.

Données clés

Auteur : M. Hendrik Davi

Type de question : Question écrite

Rubrique : Entreprises

Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles

Ministère répondant : Travail et solidarités

Dates :
Question publiée le 17 juin 2025
Réponse publiée le 20 janvier 2026

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