Question écrite n° 7599 :
Sécurisation de l'accès routier dans la commune du Mont-Doré

17e Législature

Question de : M. Nicolas Metzdorf
Nouvelle-Calédonie (1re circonscription) - Ensemble pour la République

M. Nicolas Metzdorf attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la situation sécuritaire alarmante de la route provinciale traversant la tribu de Saint-Louis, dans la commune du Mont-Doré, en Nouvelle-Calédonie. Depuis des années, ce tronçon stratégique de cinq kilomètres fait l'objet de troubles graves et récurrents à l'ordre public : barrages illégaux, caillassages, car-jackings, incendies volontaires, agressions d'automobilistes et attaques contre les forces de l'ordre. Cette portion de route, essentielle pour relier le sud et le nord de la commune ainsi que la zone urbaine de Nouméa, est qualifiée depuis longtemps par les habitants comme une zone de non-droit. Lors de l'insurrection de mai 2024, cette situation s'est considérablement aggravée : la route a été bloquée pendant plus de huit mois consécutifs, empêchant des milliers de personnes d'accéder à leur lieu de travail, à l'école, ou aux soins. Des convois de gendarmerie ont dû être mis en place pour assurer une circulation minimale, sans pour autant garantir la sécurité des usagers. La présence permanente de 200 à 300 gendarmes jour et nuit n'a pas suffi à rétablir durablement l'ordre. Encore récemment, en juin 2025, trois incendies ont visé l'école primaire catholique de Saint-Louis, confirmant la persistance de tensions et l'absence d'autorité républicaine dans la zone. Si la route a pu être rouverte depuis février 2025, les menaces restent vives et les actes de délinquance réguliers. Plusieurs pistes de contournement sont à l'étude : voie maritime, tranchée couverte, ou encore l'installation de murs de protection de part et d'autre de la chaussée. Mais leur coût, estimé jusqu'à 60 milliards de francs CFP, rend leur réalisation impossible sans un engagement structurant de l'État. Il souhaite donc savoir quelles garanties et quels moyens concrets l'État entend mobiliser pour assurer, à moyen et long terme, la sécurisation effective et durable de cet axe vital à la cohésion du territoire.

Réponse publiée le 11 novembre 2025

La situation de la route provinciale traversant la tribu de Saint-Louis sur la commune du Mont-Doré est une préoccupation majeure pour les forces de sécurité intérieure et les représentants de l'État. Dès 2022, en raison des premiers troubles importants causés par des jeunes de la tribu de Saint-Louis, les services de l'État ont mis en place un dispositif de verrous nocturnes filtrants, composé de moyens blindés déployés en amont, au lieu-dit Thabor (dénommé « Verrou Nord »), et en aval de la tribu, au lieu-dit La Coulée (dénommé « Verrou Sud »). Au début du mois de mai 2024, alors que les prémices de tensions croissantes émergeaient au sein de la tribu, il a été envisagé de faire évoluer ce dispositif afin de maintenir ces verrous en permanence, jour et nuit. Cependant, à partir du 13 mai, début des émeutes, la violence des insurgés a mis en lumière les limites du dispositif et souligné la nécessité d'un changement d'échelle dans l'approche. Des affrontements quasi quotidiens impliquant l'utilisation d'armes à feu contre les forces de l'ordre par la tribu étaient constatés sur les verrous, accompagnés de violences et de vols graves commis sur les usagers de la RP1. A partir du 20 juillet 2024, le verrou a été durci, entraînant une fermeture complète de l'axe, afin de coordonner l'action de l'ensemble des services mobilisés contre les fauteurs de troubles. La pression judiciaire et opérationnelle, combinée à un maintien du dialogue et de la négociation avec les autorités coutumières, ont conduit à l'interpellation et à l'incarcération des principaux auteurs d'exactions. En septembre 2024, la gendarmerie a interpellé cinq individus suspectés d'être à l'origine de plusieurs faits criminels commis sur la RP1. L'attrition judiciaire menée par la gendarmerie sur cette période a permis une baisse des actes délinquants et, dès la fin du mois de septembre, une réouverture progressive des « verrous ». La réouverture progressive de la route a nécessité un dispositif conséquent de sécurisation face à un flux de 3 500 véhicules/jour à l'ouverture, puis de près de 9 000 véhicules/jour en janvier 2025. Les verrous mis en place par la gendarmerie sont complètement levés depuis le lundi 3 février 2025. Au quotidien cette mission mobilisait 4 escadrons de gendarmerie mobile (EGM). Bien que la situation d'apaisement actuelle constitue un signal positif, elle ne doit pas masquer la persistance de tensions profondes et d'actes de malveillance, qui entretiennent une situation complexe à endiguer et particulièrement sensible en matière de maintien de l'ordre public. L'axe routier nord-sud RP1 reste un moyen de pression pour les fauteurs de troubles ou pour la tribu pour traduire leur mécontentement, voire leur colère. En juillet 2025, 20 EGM sont engagés sur l'ensemble du territoire calédonien. Une partie de ces forces est dédiée à la surveillance, à la sécurisation et à la protection des édifices publics et des zones d'activité du Sud Nouméa. 4 EGM sont dédiés au secteur de la Tribu St Louis et de la RP1, et sont en mesure d'assurer ces missions en continu, 24h/24 et 7j/7, en particulier sur les verrous.

Données clés

Auteur : M. Nicolas Metzdorf

Type de question : Question écrite

Rubrique : Outre-mer

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Dates :
Question publiée le 17 juin 2025
Réponse publiée le 11 novembre 2025

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