Question de : M. Jérôme Guedj
Essonne (6e circonscription) - Socialistes et apparentés

M. Jérôme Guedj attire l'attention de M. le ministre des armées sur l'évolution de l'aide militaire apportée par la France à l'Ukraine dans le cadre du conflit en cours contre la Russie. Alors que la guerre s'intensifie dans l'Est de l'Ukraine et que les besoins en matériel militaire se font croissants, notamment en matière de munitions, de missiles longue portée et de systèmes anti-aériens, il souhaiterait connaître les nouvelles mesures envisagées pour soutenir les capacités défensives ukrainiennes, en particulier via les livraisons de matériel militaire (missiles SCALP, drones, artillerie Caesar) et les programmes de formation assurés par les forces armées françaises. Il lui demande également si une stratégie pluriannuelle est prévue pour anticiper les besoins de l'Ukraine à moyen terme.

Réponse publiée le 25 novembre 2025

Depuis le début de la guerre, la France apporte son soutien à l'Ukraine selon notamment trois critères : la livraison de ce dont l'Ukraine a besoin, sans fragiliser nos propres armées, et en maîtrisant l'escalade du conflit ; la réorientation de l'action vers le développement de la coopération industrielle de défense ; le financement des acquisitions par les intérêts des avoirs russes gelés. La France inscrit son action dans l'ensemble des coalitions capacitaires (CC) du « Ukraine Defense Contact Group », visant à fournir à l'Ukraine les capacités militaires nécessaires pour se défendre. Elle est, avec les États-Unis, le leader de la CC « artillerie » et le partenaire principal avec l'Allemagne de la CC « défense aérienne » (IAMD). Depuis 2022, les cessions de matériels contribuent principalement au renforcement des capacités en artillerie, mobilité sous blindage, défense antiaérienne, défense antichars, frappes aériennes et soutien aux forces spéciales. En 2024, la France a acheminé des bombes aéroportées AASM, des missiles SCALP et des munitions de 105 mm. Au premier semestre 2025, le soutien militaire s'est renforcé dans le domaine des capacités de combat avec la fourniture de onze missiles SCALP, de Mirage 2000 (M2000) et une dizaine de missiles sol-air Crotale. La cession des M2000, effective depuis le 6 février dernier, est une contribution significative aux capacités de défense de l'espace aérien ukrainien et constitue un engagement significatif des armées françaises sur le long terme. Entre février 2022 et mars 2024, la France a fourni un soutien militaire évalué à un montant total de 3,035 milliards d'euros. Le document détaillant les matériels livrés est communiqué aux commissions chargées de la défense de l'Assemblée nationale et du Sénat. Un fonds de soutien national, doté de 400 millions d'euros en 2023 et 2024, a contribué à financer les études, le retraitement des poudres, le maintien en condition opérationnelle et certaines acquisitions comme le canon CAESAR. Le non-renouvellement de ce fonds en 2025 a conduit à l'étude de solutions alternatives, comme celle d'un prêt G7. La France encourage ses entreprises à investir et à produire en Ukraine. Plusieurs partenariats ont été signés entre les industriels français et ukrainiens. Ainsi, en juin 2024, le groupe Thales a signé trois accords avec l'industrie ukrainienne pour faciliter la livraison et l'exploitation d'équipements de systèmes de défense électronique (Thales/UDI : Sovereign Sky Defender). Le groupe franco-allemand KNDS, fabricant des canons CAESAR, a officialisé pour 2025 la production de munitions de 155 mm via le projet KNDS/KZVV. Concernant la formation des soldats ukrainiens, la contribution française est significative et reconnue. Elle s'appuie sur un dialogue opérationnel structuré autour de trois axes : les formations de spécialité, les formations des cadres et les formations collectives de niveau bataillon. Au total, près de 18 300 personnes ont été formées par la France, dont la grande majorité proviennent de la mission d'assistance militaire de l'Union européenne en soutien à l'Ukraine (EUMAM Ukraine). La France est ainsi le 3ème pays contributeur après la Pologne et l'Allemagne. En 2025, la France poursuit dans cette voie. Depuis le début de l'année, près de 400 soldats ukrainiens ont été formés dans divers domaines dont 24 pilotes d'Alphajet, 19 mécaniciens et des plongeurs démineurs. Enfin, la Coalition des volontaires sous leadership de la France et du Royaume-Uni, regroupant 35 pays, a élaboré des options militaires de garanties de sécurité à l'Ukraine, activables à la suite d'un accord de paix. Le commandement de niveau stratégique de l'opération est localisé à Paris. L'objectif est de batir les fondations d'une nouvelle architecture de sécurité européenne en s'appuyant sur le leadership franco-britannique et en profitant du momentum associé au développement des garanties de sécurité.

Données clés

Auteur : M. Jérôme Guedj

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : Armées

Ministère répondant : Armées et anciens combattants

Dates :
Question publiée le 17 juin 2025
Réponse publiée le 25 novembre 2025

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