Solutions de stockage des productions de la filière viticole française
Question de :
M. Hervé de Lépinau
Vaucluse (3e circonscription) - Rassemblement National
M. Hervé de Lépinau interroge Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur la situation des stocks de la filière viticole française. Cette dernière traverse une crise sans précédent, particulièrement sévère, provoquée, d'une part, par les prises de position de la Commission européenne à l'international et, d'autre part, par la baisse globale de la consommation de produits issus de la vigne, notamment le vin et les spiritueux. Les régions armagnacaises et cognaçaises, dont les productions reposent à 98 % pour le cognac et 58 % pour l'armagnac sur l'exportation, subissent de plein fouet les conséquences de cette situation alarmante. Pour faire face à la crise, nombre de viticulteurs laissent une partie de leurs parcelles en jachère, voire procèdent à l'arrachage des pieds de vigne, licencient massivement ou réduisent leurs marges. Malgré toutes ces mesures, qui ne permettent que de contenir marginalement la crise, les producteurs se trouvent confrontés à une problématique majeure : l'accumulation des stocks et ses conséquences. Les producteurs ne disposent aujourd'hui ni des infrastructures adaptées, ni des moyens nécessaires pour les mettre en place. Dans cette situation exceptionnelle, il souhaite donc savoir si elle envisage de proposer, ou propose déjà, une solution de stockage ou d'autres solutions similaires en attendant une reprise du marché.
Réponse publiée le 2 décembre 2025
Le ministère chargé de l'agriculture a pleinement conscience des difficultés et défis auxquels la filière fait face, et travaille aux côtés de ses représentants afin d'identifier les vecteurs les plus appropriés pour y apporter des réponses structurelles. À cet égard, à la suite de deux mesures de distillation de crise (2020-2021 puis 2023-2024) ayant consommé plus de 400 millions d'euros (M€) de crédits publics, un mouvement de réduction définitive du potentiel de production visant à contribuer au rééquilibrage structurel de l'offre et la demande a été engagé, au travers de la mise en œuvre d'une mesure d'arrachage de vigne pour un montant de 120 M€. Ce rééquilibrage passe également par l'adaptation du vignoble, pour laquelle existe une mesure de restructuration et de reconversion du vignoble, ouverte chaque année et financée à hauteur de plus de 100 M€ de crédits du fonds européen agricole de garantie. La ministre chargé de l'agriculture a reçu l'ensemble des organisations professionnelles de l'amont viticole le 15 juillet 2025 afin de faire le point sur la situation du vignoble, ainsi que les réflexions et travaux en cours au bénéfice de la filière, notamment dans le cadre de la révision de la réglementation européenne. À cette occasion, il a été convenu qu'un nouveau rendez-vous à l'automne soit organisé, une fois la situation des stocks, de la vendange et des perspectives commerciales connues, ainsi qu'un bilan qualitatif réalisé de la mesure d'arrachage définitif en cours de déploiement.
Auteur : M. Hervé de Lépinau
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire
Ministère répondant : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Dates :
Question publiée le 24 juin 2025
Réponse publiée le 2 décembre 2025