Question écrite n° 7752 :
Constats alarmants dressés par la Cour des comptes sur l'enseignement primaire

17e Législature

Question de : M. Frédéric Weber
Meurthe-et-Moselle (3e circonscription) - Rassemblement National

M. Frédéric Weber alerte Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur les conclusions du rapport de la Cour des comptes publié le 20 mai 2025 concernant l'enseignement primaire, qui met en évidence une dégradation alarmante du niveau des élèves, notamment en français et en mathématiques. La France se classe dernière parmi les 21 pays de l'Union européenne en mathématiques et parmi les trois derniers en compréhension de l'écrit pour les élèves de CM1. À l'entrée en sixième, près d'un élève sur trois est en difficulté en français et un sur quatre en mathématiques. Au niveau national, ce rapport souligne des performances globales en recul et des inégalités territoriales persistantes. En Meurthe-et-Moselle, la situation illustre concrètement ces constats. Selon L'Est Républicain, 31 professeurs des écoles ont démissionné au cours de l'année scolaire 2023-2024, contre 19 l'année précédente, ce qui aggrave les difficultés de remplacement, notamment dans les zones rurales. Ces difficultés sont d'ailleurs loin d'être résorbées en 2025. La Cour dénonce également une organisation du temps scolaire inadaptée, une gouvernance trop centralisée, un pilotage peu efficace, un encadrement insuffisant, une formation des enseignants à revoir et une attractivité en baisse du métier. Elle formule plusieurs recommandations portant sur la clarification du rôle des directeurs d'école, l'amélioration de la formation, une meilleure répartition des moyens et la nécessité d'un pilotage territorial renforcé. Pour toutes ces raisons, il lui demande de préciser les mesures que le Gouvernement envisage de mettre en œuvre et remédier aux graves dysfonctionnements relevés dans ce rapport.

Réponse publiée le 18 novembre 2025

Le ministère de l'éducation nationale est particulièrement attentif aux conclusions du rapport de la Cour des comptes publié le 20 mai 2025 concernant l'enseignement primaire et aux différents constats évoqués dans la question : les résultats des élèves, les inégalités territoriales, la question des rythmes scolaires, la formation des enseignants, l'attractivité du métier et la clarification du rôle des directeurs d'école. Une action volontariste vise le renforcement des fondamentaux. Des nouveaux programmes en français et en mathématiques du cycle 1 ou cycle 3 sont entrés en vigueur à la rentrée scolaire 2025. Plus exigeants sur leurs contenus, ils s'appuient sur les résultats récents de la recherche pour intégrer les pratiques pédagogiques les plus efficaces dans l'acquisition des savoirs fondamentaux, notamment en mathématiques avec la mise en oeuvre d'un enseignement explicite, autrement connu sous le nom de "méthode de Singapour".  Les évaluations standardisées à chaque début d'année de l'école élémentaire permettent de prendre en compte les besoins de chaque élève en français et mathématiques. Depuis leur instauration, à l'entrée en 6e, on constate que les élèves français progressent en mathématiques et plus fortement en français. L'écart entre l'éducation prioritaire et le hors éducation prioritaire est significativement réduit et à mettre en lien avec la mise en œuvre des classes dédoublées de la grande section au CE1 pour les élèves depuis 2017. Les évaluations internationales PIRLS (2021) et TIMSS (2023) montrent que la France a enrayé la baisse continue du niveau des élèves depuis plus de deux décennies.  Concernant la semaine de quatre jours, le Président de la République a annoncé, le 2 mai 2025, une convention citoyenne sur les temps de l'enfant (vacances et les horaires scolaires) pour considérer cet objet complexe et les impacts qu'ils ont sur le bien-être et les résultats des élèves. Depuis septembre 2023, l'ensemble des professeurs bénéficient d'une hausse inconditionnelle de leur rémunération, quels que soient leur statut, leur corps ou leur ancienneté. Annoncée avec le Premier ministre, une réforme du recrutement et de la formation initiale des professeurs est en cours pour être mise en place au printemps 2026. Enfin, la fonction de directeur d'école est en pleine évolution. Afin d'apporter une première réponse à cette évolution et à l'exigence des missions de direction d'école, la circulaire du 25 août 2020 a initié la mise en place de référents départementaux des directeurs d'école dont une des missions, en tant que pairs experts, est de contribuer à l'élaboration des contenus de formation, à leur mise en œuvre ainsi qu'à un accompagnement de proximité de leurs collègues. Depuis l'année scolaire 2021-2022, une formation à l'échelle nationale s'adresse aux référents départementaux des directeurs d'école. La loi n° 21-1716 du 21 décembre 2021 (loi dite Rihac) prévoit à l'alinéa 7 de l'article 2 une offre de formation régulière tout au long de la carrière et obligatoire tous les cinq ans. Le rôle du directeur d'école est renforcé par la loi Rihac qui précise que le directeur administre l'école et en pilote le projet pédagogique, avec une responsabilité accrue dans l'analyse des résultats, la présentation en conseil d'école, et l'orientation des actions pédagogiques. Cette loi marque une volonté de recentrer le directeur sur ses missions de pilotage, tout en lui conférant une délégation de compétences pour mieux accompagner la vie et la pédagogie de l'école, sans instaurer une autorité hiérarchique sur les enseignants.

Données clés

Auteur : M. Frédéric Weber

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement maternel et primaire

Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 24 juin 2025
Réponse publiée le 18 novembre 2025

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