Projet de loi de finances pour 2026
Question de :
M. Éric Ciotti
Alpes-Maritimes (1re circonscription) - Union des droites pour la République
Question posée en séance, et publiée le 26 novembre 2025
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2026
Mme la présidente . La parole est à M. Éric Ciotti.
M. Éric Ciotti . Avant de poser ma question, je tiens à exprimer ma reconnaissance envers Olivier Marleix pour ce qu'il a apporté à notre assemblée et surtout à notre pays, avec la force de ses convictions. J'ai eu beaucoup d'honneur et de fierté à travailler avec lui lorsqu'il était président du groupe LR. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR, RN et sur quelques bancs du groupe DR. – M. Thierry Benoit applaudit également.)
Monsieur le premier ministre, vendredi soir, un seul député a voté votre budget. (Sourires et exclamations sur quelques bancs du groupe SOC.)
M. Rodrigo Arenas. Il est où, d'ailleurs ?
M. Éric Ciotti . C'est un fait inédit sous la Ve République. Sans doute voulait-il entrer dans votre gouvernement ; peut-être pourrez-vous répondre à son appel. En tout cas, ce vote est le terrible symbole de l'effondrement de votre pouvoir. Dans n'importe démocratie respectueuse des institutions, un premier ministre responsable aurait immédiatement démissionné. Pas vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.) Comme le président Macron, vous refusez de partir.
M. François Cormier-Bouligeon . C'est la démocratie !
M. Éric Ciotti . Vous refusez de laisser un pouvoir qui ne vous appartient plus, depuis longtemps. (Sourires et exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)
M. Erwan Balanant . Rendez les clés du bureau !
M. Éric Ciotti . Pour quoi faire ? Uniquement pour durer, et pour durer cyniquement. Vous prétendez rechercher la stabilité mais c'est en fait la vôtre que vous préservez, quoi qu'il en coûte, et ce, malgré un véritable effondrement du pays : une dette historique, un déficit abyssal, une immigration hors de contrôle, une insécurité foudroyante, des services publics en ruine, un record de défaillances d'entreprise. Ce bilan, vous le partagez désormais avec votre copilote gouvernemental : Matignon est dirigé par celui dont vous êtes devenu le passeur de plats. Olivier Faure décide, vous exécutez ; François Hollande pilote, vous obéissez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Sourires sur les bancs du groupe SOC. – M. François Cormier-Bouligeon s'exclame.)
Les Français sont inquiets, le pays hagard. Où allez-vous ? Avec qui ? Pour quoi faire ? À quand un sursaut de dignité ? Quand assumerez-vous enfin la responsabilité qui s'impose à vous et que tout un pays attend ? Allez-vous rompre avec la gauche irresponsable ou continuer de mener le pays à la ruine ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
M. Antoine Léaument . Cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu !
Mme la présidente . La parole est à M. le premier ministre.
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Rien de tel qu'un peu de finesse pour rafraîchir l'atmosphère. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et sur quelques bancs des groupes SOC et LIOT. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Rien de tel qu'un peu de subtilité pour nous détendre. Depuis le temps que je vous connais !
Pour vous répondre sérieusement, dans une démocratie, il serait bon qu'un président de groupe siégeant ici depuis tant d'années…
M. Antoine Léaument . Quand il siège !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . …défende le principe même de l'exercice parlementaire, défende l'Assemblée nationale et le débat parlementaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Vous m'avez écrit, sur un papier à en-tête UDR – certainement pour vous réclamer du gaullisme, ce qui ne manque pas de malice eu égard à vos nouvelles alliances électorales – (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN),…
M. Laurent Jacobelli . Regardez les vôtres !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . …une lettre par laquelle vous m'annonciez que vous aviez un contre-budget pour la France. Vous proposiez des économies : 19,5 milliards d'euros sur l'immigration, 9,5 milliards sur l'action extérieure de l'État, 35,5 milliards sur la politique sociale,…
Mme Hanane Mansouri . Vous l'avez lue : vous avez la recette !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . …10 milliards sur l'énergie ou encore 23 milliards d'euros grâce à la simplification administrative.
M. Éric Ciotti . Eh oui !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Nous n'avons pas trouvé trace de ces propositions dans les amendements que votre groupe a déposés à la première partie du projet de loi de finances. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Mme Stella Dupont applaudit également.)
M. Éric Ciotti . Vous avez mal lu !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Or il nous aurait été agréable, pour la transparence de l'exercice parlementaire et par respect pour vos électeurs, que vous défendiez ici, amendement par amendement, vos propositions pour la nation. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Mais votre courrier ne s'arrête pas là. (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe Dem.)
Mme Sandra Marsaud . Nous allons tout savoir !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Vous dites : « En parallèle de cet effort de redressement, je tiens à fixer, au nom de notre groupe parlementaire, des lignes rouges claires et non négociables. » La première d'entre elles : « Aucune augmentation des prélèvements obligatoires, sur les particuliers comme sur les entreprises ». (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)
Mme Hanane Mansouri . Bravo !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . N'hésitez pas à en parler avec le groupe du Rassemblement national (Sourires et applaudissements prolongés sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Plusieurs députés des groupes EPR, Dem et HOR se lèvent pour applaudir) qui, dans le cadre du budget, a voté 35 milliards d'euros supplémentaires d'impôts sur les entreprises et sur les ménages. Cessez vos doubles discours ! L'absence de 49.3 entraînera la grande clarification. On ne peut pas avoir une équipe qui va dîner avec les grands patrons pour les rassurer et une autre qui, ici, augmente les impôts sur les particuliers et sur les entreprises. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Désormais, l'hémicycle fonctionne à cœur ouvert, en toute transparence.
M. Laurent Jacobelli . Il faut partir !
M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Nous vivons un grand moment de clarification. Pour finir, monsieur Ciotti, on ne peut pas promettre l'ordre à Nice et le désordre à Paris ! (Applaudissements nourris sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT. – Plusieurs députés des groupes EPR et Dem, ainsi que Mme Justine Gruet, se lèvent pour applaudir. – Mme Stella Dupont applaudit également. – Exclamations les bancs des groupes RN et UDR.)
M. Pierre-Henri Carbonnel . Pourquoi ceux qui vous applaudissent n'ont-ils pas voté le budget ?
M. Éric Ciotti . Personne n'a voté le budget !
Auteur : M. Éric Ciotti
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Finances publiques
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère répondant : Premier ministre
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 26 novembre 2025