Question au Gouvernement n° 1061 :
Transports ferroviaires

17e Législature

Question de : M. Bartolomé Lenoir
Creuse (1re circonscription) - Union des droites pour la République

Question posée en séance, et publiée le 4 décembre 2025


TRANSPORTS FERROVIAIRES

Mme la présidente . La parole est à M. Bartolomé Lenoir.

M. Bartolomé Lenoir . Ma question s'adresse à M. le premier ministre. La SNCF vient d'annoncer que la ligne de train qui relie Bordeaux à Lyon passera par Paris et ne traversera pas le centre de la France, lequel se retrouve une nouvelle fois oublié par les politiques publiques.

Cette décision affaiblira encore les campagnes et leur attractivité. Ironie du sort, elle a certainement été prise par l'ancien président de la SNCF, que vous avez nommé il y a quelques semaines ministre du travail. Elle nous blesse profondément car nous n'avons plus aucun moyen de nous en sortir. Les lignes de train de nos campagnes sont supprimées et la voiture coûte toujours plus cher, les certificats d'énergie augmentant massivement le tarif à la pompe. C'est la double peine ! La voiture est pourtant primordiale pour rendre visite à nos familles, aller travailler, amener nos enfants dans des écoles toujours plus éparpillées, ou simplement nous faire soigner. Depuis plusieurs mois, dans mon département de la Creuse, on ne soigne plus le cancer ; il faut faire plus de deux heures de route, aller-retour, pour se rendre à Limoges.

Les conséquences sont terribles. Les campagnes sont un vivier extraordinaire d'initiatives, de compétences et de patriotisme. Elles sont le pilier de notre souveraineté industrielle et alimentaire. Sans les campagnes, la France n'est rien. J'adresse d'ailleurs toutes mes pensées aux éleveurs, victimes d'une gestion catastrophique de la dermatose nodulaire, à qui l'on impose manu militari l'abattage de leurs troupeaux.

Comptez-vous permettre l'accès au train dans nos campagnes et baisser les prix à la pompe, monsieur le premier ministre ? Vous incarnez la dernière vague d'une politique du temps d'avant. En se retirant, la marée du macronisme découvre d'un bout à l'autre du territoire le corps bouleversé de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre des transports.

M. Bartolomé Lenoir . Dommage !

M. Philippe Tabarot, ministre des transports . Je répondrai volontiers à votre question, sur sa partie ferroviaire – la desserte entre Bordeaux et Lyon via Massy. Cette nouvelle offre TGV Ouigo, que la SNCF mettra en service mi-2027 est, je le rappelle, librement organisée. Elle s'appuie sur une infrastructure existante, le profil des voies ne permettant pas de faire circuler les trains TGV et intercités dans de bonnes conditions via le Massif central. Merci de me donner l'occasion de le rappeler.

Il n'est pas possible de lancer de nouvelles offres de transport ferroviaire du jour au lendemain, a fortiori si elles nécessitent de nouvelles voies ferrées et un nouveau matériel roulant. Je rappelle que la ligne Intercités qui a existé entre Bordeaux et Lyon jusqu'en 2014 était très faiblement fréquentée, en raison du temps de parcours, tout en étant la plus subventionnée de France – de l'ordre de 275 euros par passager, pour un déficit de plus de 100 millions d'euros.

La priorité est de régénérer le réseau ferré national. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité, dans le cadre de la conférence Ambition France Transports, que les investissements dans les infrastructures augmentent de 1,5 milliard d'euros – ils atteindront 4,5 milliards d'euros – afin de ne pas créer une « dette grise » supplémentaire. La mission sur le financement des petites lignes ferroviaires, confiée au préfet François Philizot, traduit quant à elle notre souhait de conserver les lignes de desserte fine du territoire. Nous travaillons notamment à rénover le tronçon entre Montluçon et Gannat, dans l'Allier, et celui qui relie Guéret à Felletin, dans votre département, de concert avec les acteurs mobilisés dans le cadre du plan particulier pour la Creuse 2024-2026.

Mme la présidente . La parole est à M. Bartolomé Lenoir.

M. Bartolomé Lenoir . Merci pour votre réponse, monsieur le ministre, mais les mots ne suffisent pas. Les réponses concrètes manquent. Que devons-nous faire ? Nous n'avons plus de trains, plus de petites lignes, plus de grandes lignes, plus d'essence – elle coûte une fortune ! Les fins de mois sont de plus en plus difficiles ! Comment fait-on, monsieur le ministre ? (Exclamations sur les bancs du groupe Dem.)

M. Erwan Balanant . Il n'y a plus de pain, plus de farine… (Sourires.) Démagogue !

Données clés

Auteur : M. Bartolomé Lenoir

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Transports ferroviaires

Ministère interrogé : Transports

Ministère répondant : Transports

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 4 décembre 2025

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