Question au Gouvernement n° 1183 :
Situation à Gaza

17e Législature

Question de : M. Aymeric Caron
Paris (18e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

Question posée en séance, et publiée le 14 janvier 2026


SITUATION À GAZA

Mme la présidente . La parole est à M. Aymeric Caron.

M. Aymeric Caron . Je vais vous reparler d'un peuple qui indiffère à ce gouvernement et d'ailleurs à la plus grande partie de cet hémicycle, dont on a parfaitement compris que son empathie était à géométrie variable (Plusieurs députés sont en train de quitter l'hémicycle) – votre départ nous en donne la preuve. Je vais vous parler du peuple palestinien. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Oui, je sais : ça vous ennuie ! Vous aimeriez bien qu'Israël puisse tranquillement continuer à génocider, nettoyer ethniquement, assassiner, torturer ou encore emprisonner sans le moindre motif. Ça vous ennuie qu'on refuse d'oublier les Palestiniens (Mêmes mouvements) parce qu'ils ne comptent pas pour vous, comme vous l'avez démontré sans ambiguïté depuis octobre 2023, avec un cynisme qui a définitivement jeté la honte et le discrédit sur notre diplomatie. Mais rassurez-vous : je ne vais pas être long puisque je suis limité par le temps. (Mêmes mouvements.)

Je voulais juste vous alerter quant au fait que le cessez-le-feu à Gaza annoncé il y a trois mois n'existe pas et que le génocide continue. Depuis le 10 octobre dernier, 450 Palestiniens ont été tués à Gaza. Parmi eux, plus de cent enfants, et des centaines d'autres enfants ont été blessés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Par ailleurs, Israël continue à tout raser : 2 500 bâtiments ont été détruits à Gaza ces trois derniers mois. La plupart des Gazaouis vivent sous des tentes, dans le froid, et les enfants sont toujours privés de tout, à commencer par l'éducation. L'aide humanitaire est largement insuffisante et cela va empirer puisqu'Israël vient de décider de retirer leur accréditation à trente-sept ONG étrangères.

La situation sanitaire et médicale est absolument terrifiante. Près de 20 000 Palestiniens sont en attente d'évacuation pour être soignés en dehors de Gaza. La France, là encore, ne fait strictement rien – ou presque, puisqu'elle n'a accueilli depuis deux ans que vingt-neuf enfants gazaouis blessés ou malades, un chiffre absolument dérisoire ! (Applaudissements et « Quelle honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Et en Cisjordanie occupée, évidemment, de nouvelles colonies illégales viennent d'être programmées.

À vrai dire, je n'attends aucune réponse de votre part, puisque je sais maintenant, par habitude, que vous hésiterez entre insinuer que ce constat est antisémite et nous dire que vous dénoncez bien sûr les actions d'Israël – avec la plus grande fermeté, ça va de soi… (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères . Vous avez des indignations sélectives. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et HOR. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Aymeric Caron . Mais bien sûr !

M. Jean-Noël Barrot, ministre . C'est votre problème, pas le nôtre.

Mme Christine Arrighi . Votre réponse n'est vraiment pas digne de la question !

M. Jean-Noël Barrot, ministre . Je dois vous rappeler qu'il y a à peine quelques semaines, c'est la France – ce président, ce gouvernement – qui a reconnu l'État de Palestine (Mme Blandine Brocard applaudit – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) et que nous n'avons aucune difficulté à dénoncer les violations du droit international lorsqu'elles se produisent à Gaza, en Cisjordanie, en Irak – du fait des bourreaux des yézidis –, au Soudan ou encore en république démocratique du Congo, pas plus, comme l'immense majorité de cet hémicycle, qu'à exprimer de tout notre cœur notre solidarité avec le peuple iranien aujourd'hui victime d'une répression sanglante. Cela, semble-t-il, est hors de votre portée puisque vous n'avez pas le moindre mot pour les victimes de cette répression ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Maxime Laisney . Tu sais que tu mens !

Mme Mathilde Panot. Lamentable !

M. Jean-Noël Barrot, ministre . Ceci étant dit, puisque vous appelez l'attention du gouvernement et de la représentation nationale sur Gaza, je dirai que nous partageons avec vous, comme avec d'autres, un certain nombre d'indignations. Le retrait de leur autorisation d'exercer à plus de trente ONG a fait l'objet de démarches de la part des autorités françaises…

Mme Mathilde Panot . Zéro sanction !

M. Jean-Noël Barrot, ministre . …et de leurs partenaires européens pour dénoncer ce qui risque d'aggraver encore une crise humanitaire irrésolue. L'autorisation par le gouvernement israélien de dix-neuf colonies nouvelles crée un risque d'annexion de facto de la Cisjordanie (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), qui briserait l'espoir du peuple palestinien de disposer de son propre État.

Que ce soit sur le plan humanitaire ou sur ceux de la sécurité à Gaza et de sa gouvernance, nous restons et resterons pleinement mobilisés.

Mme Marie Mesmeur . Et les réfugiés ?

Mme la présidente . La parole est à M. Aymeric Caron.

M. Aymeric Caron . La vérité, c'est que vous avez sacrifié le peuple palestinien ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Données clés

Auteur : M. Aymeric Caron

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Ministère répondant : Europe et affaires étrangères

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 14 janvier 2026

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