Niveau des retraites
Question de :
M. Pierre-Henri Carbonnel
Tarn-et-Garonne (1re circonscription) - Union des droites pour la République
Question posée en séance, et publiée le 16 octobre 2025
NIVEAU DES RETRAITES
Mme la présidente . La parole est à M. Pierre-Henri Carbonnel.
M. Pierre-Henri Carbonnel . Permettez-moi, en ce jour si particulier pour elle, d’avoir une pensée pour ma prédécesseure et amie Brigitte Barèges. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.) Elle a siégé onze ans sur ces bancs et a eu le courage de l’union des droites. Elle est pour moi un modèle. Merci Brigitte !
M. Pierre Cordier . Je la préfère à Brigitte Macron !
M. Pierre-Henri Carbonnel . Monsieur le ministre du travail, votre gouvernement a annoncé la non-indexation des retraites sur l’inflation. Vous voulez faire les poches de nos retraités. C'est une honte ! Ils ont travaillé dur toute leur vie. Arrêtez de punir les plus fragiles ! Aujourd'hui, 2 millions de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 42 % d'entre eux envisagent de réduire leurs dépenses alimentaires, un tiers ayant déjà renoncé à un soin. Les retraites agricoles sont misérables – 700 euros en moyenne. Ancien membre du parti LR, je vois les députés de ce groupe soutenir un gouvernement qui taxe les retraités. Chers collègues, réveillez-vous et censurez le gouvernement ! (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes UDR et RN.) Vous comptez sur vos bancs des agriculteurs, j’en suis un moi aussi. Alors, du courage !
Monsieur le ministre, comptez-vous, oui ou non, indexer les retraites et sortir de l’injustice ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.
M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités . Puisque c'est la première fois que je m'exprime dans une séance de questions au gouvernement, permettez-moi de commencer par vous dire que je suis un homme de dialogue, ce que j'ai démontré, je crois, à la SNCF. (Rires sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Je suis partisan de poursuivre dans cet esprit avec la représentation nationale. Mon ministère et mon téléphone vous sont ouverts ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Je veux aussi profiter de cette occasion pour remercier le président de la République et le premier ministre de leur confiance. Je le sais, le ministère qui m'a été confié est difficile.
Pour vous répondre sur le fond, il est vrai qu'au regard de la situation des finances publiques, que nous connaissons tous, un effort juste et partagé est nécessaire. Dans ce contexte, une année blanche a été annoncée, qu'il s'agisse des prestations ou des barèmes, qui ne seront pas augmentés, non plus que le montant des retraites. (« Une honte ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) L'effort sera collectif et concernera toutes les catégories de Français.
M. Hervé de Lépinau . Vous demandez aux pauvres de participer à l'effort… C'est de l'inhumanité !
M. Jean-Pierre Farandou, ministre . La règle sera de ne pas dépenser en 2026 plus qu'en 2025. Cette mesure rapportera 3 milliards d'euros d'économies au budget de la sécurité sociale.
Il est vrai qu'un effort particulier est demandé aux retraités avec le gel des pensions en 2026 et la sous-indexation des pensions, de 0,4 point, jusqu'en 2030. Reste qu'il s'agit d'une copie de départ et que les débats vont se tenir. Par ailleurs, soyez-en sûrs, nous serons attentifs aux pensions les plus modestes et aux retraités les plus démunis.
M. Hervé de Lépinau . On verra dans l'ordonnance !
M. Jean-Pierre Farandou, ministre . Les mesures proposées s'inscrivent dans le cadre du rapport du comité de suivi des retraites, mais aussi du travail de la délégation paritaire permanente. Nous devons faire attention : le déficit de la branche retraite ne cesse d'augmenter et atteindra 6 milliards en 2025, 6,6 milliards en 2030 sans ces mesures. Le gouvernement souhaite maîtriser la charge des retraites dans le budget de la sécurité sociale. Je le redis, nous aurons l'occasion d'en discuter et nous serons attentifs, dans le débat, aux plus petites retraites et aux retraites des plus démunis. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Mme la présidente . La parole est à M. Pierre-Henri Carbonnel.
M. Pierre-Henri Carbonnel . J'apprécie votre franchise : vous avouez faire les poches des retraités. C'est misérable, mais au moins, vous avez l'honnêteté de l'avouer. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Auteur : M. Pierre-Henri Carbonnel
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Retraites : généralités
Ministère interrogé : Travail et solidarités
Ministère répondant : Travail et solidarités
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 16 octobre 2025