Projet d'aménagement sur la RN 10 entre Chartres et Châteaudun
Question de :
M. Philippe Vigier
Eure-et-Loir (4e circonscription) - Les Démocrates
M. Philippe Vigier interroge M. le ministre des transports sur le calendrier du projet d'aménagement en deux fois deux voies de plusieurs portions de la route nationale 10 entre Chartres et Châteaudun. La RN10 supporte un trafic total de 10 000 à 15 000 véhicules par jour, dont une forte proportion de poids lourds, qui jouent un rôle de transit grande distance dans cet axe nord-sud. Ce volume important et les comportements spécifiques au transport lourd influent sur la fluidité du trafic. M. le député avait fait réaliser il y a 10 ans une étude de sécurisation entre Chartres et Tours. Depuis, plusieurs aménagements ont été mis en place, comme la limitation à 50 km/h dans les villages traversés par la RN10 et la réalisation de ronds-points, permettant ainsi de limiter la vitesse et sécuriser la traversée. Mais il reste encore une difficulté à résoudre : celle de la fluidité du trafic alors que le projet de déviation de la commune de Marboué, qui connaît un important flux de poids lourds, voit ses financements non encore fléchés. Une étude conduite par la DIRNO a été réalisée il y a quelques semaines. Les constats réalisés sur place mettent en évidence la nécessité d'engager des travaux de mise à niveau sur une portion de 10 kilomètres de voies au total entre Chartres et Châteaudun. Il apparaît donc indispensable de procéder à l'aménagement de plusieurs portions de la RN10 en deux fois deux voies entre Chartres et Châteaudun, dans une démarche qui s'inscrit pleinement dans les priorités nationales en matière d'investissement dans les infrastructures et le renforcement des mobilités. C'est dans ce contexte qu'il lui demande le calendrier prévisionnel prévu pour la réalisation de ces aménagements ainsi que le montant de l'enveloppe allouée à cet effet.
Réponse en séance, et publiée le 14 janvier 2026
PROJET D'AMÉNAGEMENT SUR LA RN10 ENTRE CHARTRES ET CHÂTEAUDUN
Mme la présidente . La parole est à M. Philippe Vigier, pour exposer sa question, no 483, relative au projet d'aménagement sur la RN10 entre Chartres et Châteaudun.
M. Philippe Vigier . Meilleurs vœux à toutes et à tous pour une belle année 2026, et à vous particulièrement, monsieur le ministre, vu la magnifique et exigeante mission qui vous a été confiée : régler la question centrale de la mobilité du quotidien.
La nationale 10, l'axe Paris-Bordeaux, traverse le département d'Eure-et-Loir, avec une particularité : au nord de Chartres, cette route est devenue départementale, alors qu'elle est restée nationale au sud, en direction de Châteaudun et de Loir-et-Cher. J'avais obtenu de vos prédécesseurs la réalisation d'une étude de sécurité complète sur cet axe. Ce travail a été parfaitement mené – je tiens d'ailleurs à saluer la performance des services de la Dirno, la direction interdépartementale des routes Nord-Ouest, qui s'en sont occupés. Beaucoup de travaux de sécurisation ont également été faits : traversées de villages à 50 kilomètres par heure, aménagement de quatre diffuseurs et de quatre ronds-points. Cet axe était particulièrement accidentogène et nous sommes arrivés à de vrais résultats.
Il reste cependant un problème : le trajet de cette route nationale s'étant allongé au fil du temps, la circulation est un peu lente ; c'est justifié par des raisons de sécurité mais l'attractivité du territoire – dont vous connaissez, en tant qu'élu, l'importance – s'en trouve un peu abîmée. Il faut rendre la circulation plus fluide en installant des segments à deux fois deux voies. Une étude complémentaire a été diligentée par vos services à l'automne 2025 ; la restitution ne devrait pas tarder mais, malheureusement, le volet mobilité du contrat de plan État-région Centre-Val de Loire est sous-financé. En tant qu'ancien élu régional, vous connaissez bien ces axes, que vous avez visités dans des circonstances moins heureuses, et vous savez combien nous sommes éloignés des sorties autoroutières. Cet aménagement est vital, stratégique pour ce territoire qui a su récemment accueillir de très belles entreprises. Il donnerait une impulsion au développement, tout en améliorant la fluidité de la circulation au quotidien. Imaginez que la capitale départementale, Chartres, qui n'est qu'à 48 kilomètres, est maintenant à plus d'une heure en temps de parcours si l'on respecte, comme il se doit, les limitations de vitesse ! Au-delà des études réalisées, qui permettront d'objectiver la situation, il faut absolument trouver des financements, et le plus vite possible.
Un dernier point noir persiste depuis quarante ans – mais vous n'y êtes pour rien – et concerne le projet de déviation de Marboué. Ce village est le lieu d'un des bouchons les plus célèbres de France : je dis toujours que, si vous avez une heure à perdre le vendredi soir, c'est à Marboué qu'il faut venir. Il est urgent de trouver les voies et les moyens de résoudre ce problème.
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre des transports.
M. Philippe Tabarot, ministre des transports . Merci pour vos vœux, que j'accepte à titre personnel mais surtout au nom du secteur des transports, qui en a besoin.
La RN10, vous l'avez dit, assurait historiquement la liaison de Paris à l'Espagne via Bordeaux. Si cette fonction a été en grande partie reprise par le réseau autoroutier – cela explique le déclassement de plusieurs de ses sections dans le réseau routier départemental –, la RN10 conserve un rôle structurant pour la desserte locale et demeure un axe de transit nord-sud important marqué par une forte proportion de poids lourds. Dans ce contexte, le volet routier du contrat de plan État-région Centre-Val de Loire concentre en priorité les investissements de l'État sur la sécurisation des itinéraires existants.
Depuis 2010, souvent à votre initiative, vous l'avez rappelé, de nombreuses études et opérations ont ainsi permis d'améliorer la sécurité et le confort des usagers ainsi que la fluidité du trafic, notamment grâce au réaménagement de carrefours et à la création de créneaux de dépassement des véhicules lents et des engins agricoles. Je pense notamment à la mise en service, en 2025, des carrefours giratoires de Bonneval et de La Chapelle-du-Noyer – les inaugurations me donneront l'occasion de revenir, avec plaisir, dans votre territoire ; la réalisation du carrefour de Cloyes-les-Trois-Rivières et la sécurisation de celui de la RD153 à Montboissier sont programmées cette année. Au total, entre Chartres et Châteaudun, près de 60 kilomètres ont bénéficié, en trois ans, d'une trentaine d'aménagements réalisés par l'État, représentant un engagement financier de 10 millions d'euros dans le cadre du CPER actuel et du précédent, au bénéfice des plus de 10 000 usagers quotidiens de cette route.
Votre question principale, qui porte sur l'aménagement de segments à deux fois deux voies, est posée de longue date – depuis 1988, m'a-t-on dit. Ce projet n'a pas pu être intégré au CPER en raison des priorités de sécurisation et des contraintes financières qui s'imposent à tous.
Toutefois, le diagnostic réalisé par la Dirno – merci d'avoir salué son travail – en novembre 2025 a permis d'objectiver les conditions techniques, environnementales et fonctionnelles d'un éventuel élargissement, y compris ponctuel. Si la priorité demeure l'achèvement des opérations de sécurisation en cours, l'opportunité d'aménagement d'une deux fois deux voies continuera d'être étudiée afin de préparer la prochaine contractualisation et de rechercher des solutions adaptées aux besoins de votre territoire.
Auteur : M. Philippe Vigier
Type de question : Question orale
Rubrique : Voirie
Ministère interrogé : Transports
Ministère répondant : Transports
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 6 janvier 2026