Je suis fermement opposée à la proposition de loi pour l’aide active à mourir. Ce texte institue un dispositif d’accès à une substance létale, certes encadré, mais assumé comme un droit opposable. Ce basculement me semble incompatible avec notre conception du soin, de la vulnérabilité et de la protection due aux personnes fragiles. En légalisant l’aide à mourir, on introduit une rupture totale avec la philosophie du soin et avec les principes éthiques sur lesquels repose notre pacte social.

 
Notre droit actuel, issu notamment des lois Leonetti (2005) et Claeys-Leonetti (2016), permet déjà d’éviter l’obstination déraisonnable, de garantir le respect de la volonté du patient, en particulier au moyen des directives anticipées, et, lorsque la situation l’impose, de recourir à une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Ce cadre juridique me paraît équilibré : il protège, il accompagne, sans provoquer. Il m'apparaît donc particulièrement inopportun de le modifier. Par ailleurs, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir vient considérablement fragiliser le développement des soins palliatifs, alors même que ceux-là devraient être la priorité absolue.

 
J’ai voté CONTRE la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, en première lecture le 27 mai 2025 comme en deuxième lecture le 25 février 2026, et ai maintenu cette position lors du vote solennel du 30 juin 2026.


En revanche, je suis pleinement favorable au développement des soins palliatifs et à un égal accès de tous à ces soins sur l’ensemble du territoire. Cela implique d’en faire une véritable discipline, de former davantage de médecins et de soignants, et d’y consacrer des moyens budgétaires à la hauteur des besoins. Chaque fois que je me suis rendue à l’Unité de soins palliatifs de l’hôpital Rives-de-Seine, à Puteaux, dans ma circonscription, j’ai été profondément impressionnée par le professionnalisme, le dévouement et l’humanité des soignants ainsi que des équipes qui les entourent.