Commission de la défense - Publication du rapport d'information sur l’arme du génie

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Communiqué de presse
Mise en place d'un engin de franchissement de l’avant | Copyright : Ministère des Armées

Lors de sa réunion du 11 février 2026, la commission de la défense nationale et des forces armées a autorisé la publication du rapport d’information en conclusion des travaux de la mission flash sur l’arme du génie, présenté par ses rapporteurs Mme Anne-Laure Blin (Droite Républicaine, Maine-et-Loire) et Mme Catherine Hervieu (Ecologiste et Social, Côte-d’Or).

L’arme du génie, héritière d’une tradition ancienne, constitue une composante d’appui essentielle de l’armée de Terre. D’abord issue de la construction d’ouvrages militaires, l’arme s’est progressivement spécialisée dans le soutien à la mobilité, la contre-mobilité et l'assistance aux populations.

Avec la fin de la Guerre froide qui éloignait le spectre d’un conflit sur le continent européen, l’arme du génie a été reléguée au second plan dans le format de l’armée de Terre. Ces choix structurels conduisent aujourd’hui à des ruptures visibles et durables de capacités. Dans son format actuel, le génie ne dispose pas de l’ensemble des moyens requis pour un engagement de haute intensité, en particulier dans les domaines du franchissement, de l’ouverture d’itinéraires, du brêchage, du minage et du déminage. Ces lacunes résultent de parcs insuffisants et de matériels vieillissants, voire de capacités abandonnées, auxquelles s’ajoutent des difficultés de maintien en condition opérationnelle liées à la diversité et à la vétusté des engins.

La remontée en puissance du génie, entamée par le nouveau modèle « au combat » de l’armée de Terre, constitue aujourd’hui une condition essentielle vers la haute intensité. Le conflit en Ukraine, marqué par la prolifération de tranchées et le retour à une guerre de position, illustre le retour de la maîtrise du terrain comme facteur central pour emporter la décision.

C’est dans ce contexte que s’est inscrite la mission d’information conduite par les rapporteurs, aucune mission parlementaire ou administrative n’ayant dressé un bilan du génie militaire depuis plusieurs décennies.

Les rapporteurs ont conduit de nombreux déplacements dans les unités du génie et sur les sites industriels de production de matériels nécessaires à cette arme, ainsi qu’une série d’auditions des entreprises industrielles pertinentes.

Devant les importants besoins du génie, les rapporteurs soulignent la nécessité de respecter les échéances prévues par la loi de programmation militaire 2024-2030.

Elles formulent ensuite une série de recommandations pour alimenter l’actualisation de la loi de programmation militaire, qui doit être mise à profit pour préciser les cibles capacitaires et développer des nouveaux programmes.

En effet, à échéance 2024‑2030, deux programmes structurants pour le génie méritent d’être rapidement concrétisés : SYFRALL, dédié au franchissement de coupures humides, et EGC, pour l’appui à la mobilité interarmes.

La remontée en puissance capacitaire suppose également un renouvellement de nombreux engins (déminage pyrotechnique, fourniture d’eau, disperseur de mine antichar), le recomplètement du stock de munitions et de mines et la hausse de la dotation en camions porteurs d’engins. La robotisation et l’innovation contribueront en outre à renforcer la sécurité et l’efficacité des sapeurs engagés en haute intensité.

Outre les efforts capacitaires indispensables, la réactivation de la brigade du génie en 2024 constitue un levier majeur pour assurer la cohérence, développer les compétences et renforcer l’interopérabilité interarmes.

Le génie dispose de capacités précieuses et spécialisées, réparties dans huit régiments, constituant une base solide pour une remontée en puissance. Avec une hausse prévue des effectifs du génie, les rapporteurs suggèrent de créer un nouveau régiment pour absorber ce surplus et réallouer certains moyens des 19e et 6e régiments du génie, dont la taille excède celle d’un régiment classique de l’armée de Terre.

Enfin, en parallèle du génie combat, il est constaté une augmentation des besoins du génie secours avec la multiplication des crises.  Les capacités de cette composante du génie doivent être consolidées, notamment via l’extension de l’ensemble des droits des militaires aux sapeurs-sauveteurs ou le meilleur usage de l’excellence opérationnelle des sapeurs-pompiers de Paris en milieu urbain pour la préparation à la haute intensité de l’Armée de Terre.

 

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Contact presse : Guillaume Zanin – guillaume.zanin@assemblee-nationale.fr