Question écrite n° 10268 :
Conditions d'exercice des médecins européens expérimentés

17e Législature

Question de : M. Éric Martineau
Sarthe (3e circonscription) - Les Démocrates

M. Éric Martineau attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les difficultés rencontrées par certains médecins formés et expérimentés au sein de l'Union européenne qui souhaitent exercer en France. Alors que de nombreux territoires souffrent d'une pénurie criante de médecins généralistes et spécialistes, ces praticiens, pourtant dotés d'une solide expérience clinique et parfois déjà en fonction dans des structures hospitalières en lien direct avec la France, se voient imposer de longues mesures compensatoires avant d'obtenir leur autorisation d'exercice. Ces procédures, souvent perçues comme excessivement lourdes et déconnectées de la réalité de leur pratique, retardent inutilement leur installation et privent les citoyens d'un accès rapide à des soins de qualité, alors même que les médecins concernés occupent souvent déjà des responsabilités importantes à l'étranger ou dans des hôpitaux transfrontaliers, où ils soignent des patients français pris en charge par l'assurance maladie. Dans sa circonscription, une médecin spécialiste a encore alerté M. le député la semaine dernière car la Commission nationale d'autorisation d'exercice (CNG) lui impose un stage de 36 mois avant tout examen de son dossier. Actuellement cheffe de service dans un hôpital transfrontalier administré par la France et l'Espagne, elle ne pourra pas s'installer en Sud Sarthe à moins d'effectuer ce stage de 3 ans. Une exigence qui apparaît excessive et injustifiée au regard du besoin urgent de médecins sur la circonscription, accentué par le départ de six médecins cette année. Dans un contexte de désertification médicale préoccupante, avec des délais de rendez-vous toujours plus longs et un risque pour la continuité des soins, il paraît indispensable à M. le député de repenser les critères d'évaluation appliqués par la CNG, et ce afin de mieux reconnaître l'expérience acquise et d'accélérer l'intégration de praticiens qualifiés issus d'autres États européens. Il lui demande quelles mesures concrètes elle entend prendre pour simplifier et raccourcir les procédures de reconnaissance des diplômes et de validation de l'expérience pour les médecins européens expérimentés et garantir que cette expertise soit rapidement mobilisée dans les territoires en tension médicale.

Réponse publiée le 7 juillet 2026

Le Gouvernement est pleinement engagé à lutter contre la désertification médicale et à faciliter l'exercice des médecins diplômés au sein de l'Union européenne. La majorité de ces professionnels bénéficient d'une reconnaissance automatique, sur le fondement d'une liste de diplômes annexée à la directive européenne dite « reconnaissance des qualifications européennes ». Cependant, certains médecins, dont le diplôme n'est pas mentionné sur cette liste car il ne remplit pas ou plus les conditions applicables dans l'État membre, doivent présenter un dossier devant une commission organisée par le centre national de gestion. La prescription de mesures compensatoires permet de compenser d'éventuels écarts de formation et d'assurer la qualité des soins. Un recours gracieux peut être effectué par le praticien s'il estime que la durée ou la nature des mesures prescrites ne sont pas adaptées. Le ministère chargé de la santé poursuit les échanges avec le centre national de gestion pour mieux communiquer sur les critères des commissions et permettre un accès sécurisé au plein exercice des professionnels concernés.

Données clés

Auteur : M. Éric Martineau

Type de question : Question écrite

Rubrique : Professions de santé

Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités, familles, autonomie et personnes handicapées

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Dates :
Question publiée le 14 octobre 2025
Réponse publiée le 7 juillet 2026

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