Situation sécuritaire à Lens et effectifs de la police nationale
Publication de la réponse au Journal Officiel du 3 mars 2026, page 1919
Question de :
M. Bruno Clavet
Pas-de-Calais (3e circonscription) - Rassemblement National
M. Bruno Clavet appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la situation sécuritaire dans la commune de Lens, notamment dans le quartier de la Grande Résidence. Au début du mois d'octobre 2025, des feux de poubelles ont été constatés chaque soir dans ce quartier, suscitant de l'inquiétude chez les habitants. Ce phénomène s'inscrit dans un contexte plus large de dégradation du climat sécuritaire local, marqué également par plusieurs incendies de véhicules recensés au cours des mois d'août, septembre et octobre 2025 dans différents secteurs de la ville. Le quartier concerné ne bénéficie plus, à ce jour, de la présence d'un commissariat de proximité, fermé depuis les évènements de juin 2023. Plusieurs engagements de réouverture avaient été annoncés, mais aucune date concrète n'a encore été communiquée. Par ailleurs, les données officielles disponibles font état d'une hausse de plusieurs indicateurs de délinquance dans la commune. Entre 2016 et 2024, la délinquance a augmenté de 6,8 % tous faits confondus à Lens. L'usage de stupéfiants a progressé de 215,5 %, les violences sexuelles de 67 % et les coups et blessures volontaires de 70 %. Si M. le député se félicite de l'arrivée, en septembre 2024, de sept nouveaux policiers nationaux au commissariat central de Lens, il souligne que ces renforts demeurent insuffisants au regard de la pression sécuritaire croissante sur le territoire. Dans ce contexte, il souhaite savoir si des moyens supplémentaires, tant humains que matériels, sont envisagés à court terme pour faire face à la situation locale et si la réouverture du commissariat de quartier reste à l'étude. Il lui demande également quelles mesures sont prévues pour renforcer la présence des forces de l'ordre dans les secteurs les plus exposés de la ville de Lens.
Réponse publiée le 3 mars 2026
Renforcer la sécurité de nos concitoyens dans leur vie quotidienne constitue une priorité pour le ministre de l'intérieur et, dans le Pas-de-Calais comme ailleurs, une politique de sécurité efficace nécessite des moyens humains. La direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) du Pas-de-Calais enregistre à cet égard une augmentation de plus de 300 agents depuis fin 2016, avec un effectif de 3 240 agents, contre 2 923 fin 2016. Avec près de 680 agents - auxquels s'ajoutent régulièrement des renforts départementaux - la circonscription de police nationale de Lens, par son ancrage territorial (hôtel de police à Lens et quatre commissariats de secteur) et l'organisation de ses unités opérationnelles, assure une réponse efficace aux besoins de sécurité de la population et dispose de capacités de forte réactivité. Priorité est donnée à l'occupation du terrain. Chaque jour, un quadrillage territorial opérationnel est assuré dans l'ensemble de la circonscription par des patrouilles de police-secours, des équipages de la brigade de sécurisation de terrain, de la BAC, du groupe de sécurité de proximité, de la brigade de sécurisation des transports en commun, etc. L'action concrétise, notamment, les priorités fixées par le plan d'action départemental de restauration de la sécurité du quotidien, présenté par le secrétaire général de la préfecture en février 2025. À Lens même, qu'il s'agisse du travail mené sur le terrain par les effectifs de sécurité publique, au plus près de la population, ou du travail judiciaire mené par le service local de police judiciaire et le service interdépartemental de police judiciaire, les policiers sont totalement mobilisés pour renforcer leur présence de voie publique et faire reculer la délinquance. Un travail partenarial fort est accompli avec la mairie, notamment la police municipale, et les autres acteurs locaux. Tout fait signalé par les riverains, associations ou élus est immédiatement pris en compte. Les opérations de police sont nombreuses et les patrouilles sont quotidiennes. Des dispositifs opérationnels de sécurisation et de contrôle sont en particulier régulièrement mis en place, en coordination avec la police municipale, aux heures les plus sensibles. En 2025, plus d'une cinquantaine d'opérations de contrôle ont été menées. S'agissant des faits, évoqués dans la question écrite, de feux de poubelles et d'incendies de véhicules dans le quartier de la Grande Résidence, la police nationale a pleinement pris en compte la situation (5 incendies de poubelles en septembre et 7 en octobre). La présence policière a été renforcée dans le quartier, qui fait l'objet de la plus grande attention. Il doit aussi être noté qu'une personne a été interpellée le 21 août dernier alors qu'elle mettait le feu à un conteneur. Quant aux incendies de véhicules, un seul fait a été constaté, en août, dans ce quartier. Le quartier fait l'objet de points de situation réguliers lors des réunions du comité local de sécurité de la ville de Lens. Par ailleurs, un groupe de partenariat opérationnel (GPO) s'est réuni et a notamment conduit à la décision d'installer des caméras de vidéoprotection. À Lens, l'engagement des forces de police produit des résultats et la situation sécuritaire est maîtrisée. En 2025, on note une baisse des faits constatés (- 6,4 %), avec un taux d'élucidation de près de 50 % bien supérieur à celui de 2023. On observe en particulier une baisse des vols avec violences, des vols de véhicules et des vols avec effraction. Ces baisses s'observent aussi au cours de la période 2016 à 2024. S'agissant des dégradations, si elles sont en hausse à Lens en 2025, la tendance est à la baisse de 2016 à 2024. Dans le secteur de la Grande Résidence, la délinquance enregistrée en 2025 augmente légèrement, avec une hausse des atteintes volontaires à l'intégrité physique (+8 %), qui sont avant tout des violences intrafamiliales. La hausse des violences sexuelles à Lens, au cours de la période 2016 à 2024 comme en 2025, pour réelle qu'elle soit, s'explique aussi par la priorité donnée au traitement des violences intrafamiliales, avec la systématisation des procédures judiciaires, et par l'augmentation des dénonciations de faits par les victimes. Depuis 2018, la circonscription de police dispose en outre d'une cellule de traitement des violences sexuelles et sexistes, qui bénéficie de l'engagement d'une psychologue et d'une intervenante sociale en commissariat. À Lens comme partout sur le territoire national, la lutte contre le narcotrafic mobilise les services. La forte hausse des faits constatés, de 2016 à 2024 comme en 2025, aussi bien en matière de trafics que d'usages, concrétise le travail de terrain quotidien des effectifs de voie publique relayé par une mobilisation des services judiciaires. L'action offensive de la police nationale a permis d'obtenir une hausse de plus de 60 % des faits de trafic et revente sans usage de stupéfiants dans la circonscription de police en 2025. Pendant cette période, plus de 3 500 amendes forfaitaires délictuelles en matière de stupéfiants ont été dressées par les forces de l'ordre contre des consommateurs dans l'ensemble du département. S'agissant du poste de police de la Grande Résidence, fermé à la suite des dégradations commises à l'été 2023, il recevait environ cinq personnes par semaine en moyenne et son activité était limitée. Des réflexions sont en cours concernant sa rénovation. En tout état de cause, la couverture policière dans le secteur de la Grande Résidence, visible et dissuasive, est une réalité et prouve son efficacité. Par ailleurs, un délégué à la cohésion police-population est à la disposition des habitants du quartier, en tenant notamment une permanence au centre Dumas à la Grande Résidence.
Auteur : M. Bruno Clavet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sécurité des biens et des personnes
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Renouvellement : Question renouvelée le 27 janvier 2026
Dates :
Question publiée le 14 octobre 2025
Réponse publiée le 3 mars 2026