Question de : Mme Joëlle Mélin
Bouches-du-Rhône (9e circonscription) - Rassemblement National

Mme Joëlle Mélin attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur le taux de chômage élevé des moins de vingt-cinq ans en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le rapport de conjoncture de la DREETS pour le 1er trimestre 2025 fixe ce taux à 19 % et même à 20,4 % dans les Bouches-du-Rhône. Les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme restent les plus touchés, alors que l'Observatoire régional de l'industrie signale plus de mille offres d'apprentissage non pourvues dans la mécanique, la chaudronnerie et la maintenance industrielle. Mme la députée souhaite savoir si le Gouvernement envisage de réorienter une part du budget France Compétences vers un dispositif d'apprentissage renforcé ciblé sur ces filières, avec une prime majorée pour les entreprises de moins de cinquante salariés qui recrutent un jeune non diplômé ; un accompagnement administratif simplifié (dossier unique, versement automatique) pour accélérer les signatures de contrats ; la création, en partenariat avec la région et l'UIMM, d'un campus mobile de formation se déplaçant dans les zones périurbaines où les CFA sont éloignés. Elle lui demande également quel tableau de bord trimestriel sera publié, par bassin d'emploi, pour suivre le nombre de contrats signés, le taux de rupture et le taux d'insertion à six mois, afin d'ajuster rapidement le dispositif si nécessaire.

Réponse publiée le 24 mars 2026

La situation de l'emploi des jeunes de moins de vingt-cinq ans dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et plus particulièrement dans les Bouches-du-Rhône est marquée par un taux de chômage élevé, en particulier pour les jeunes qui sont sortis du système scolaire sans qualification. Depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018, le développement de l'apprentissage constitue une priorité du gouvernement comme en témoignent les différents dispositifs incitatifs mis en place au bénéfice des jeunes d'une part et des employeurs d'autre part. A ce titre, France Compétences, les opérateurs de compétences et les branches professionnelles sont mobilisés pour assurer le juste niveau de financement des formations ouvertes à l'apprentissage. Toutefois, la mise en relation des besoins de main d'œuvre dans certains secteurs d'activité avec les publics éloignés de l'emploi, notamment les jeunes sans qualification, reste un des sujets auquel le Gouvernement prête une attention particulière. En 2026, par le biais de France Compétences, il conviendra notamment de donner davantage de pouvoir aux branches professionnelles pour moduler les niveaux de prise en charge des certifications ouvertes à l'apprentissage en fonction des priorités sectorielles et des besoins de main d'œuvre que les branches identifieront, à moyens constants afin de permettre, à terme, de favoriser l'utilisation des financements au bénéfice des formations menant à des métiers en tension. Par ailleurs, il faut encourager les possibilités d'accès à l'apprentissage pour les jeunes des territoires où les freins sont les plus importants, comme les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les zones périurbaines notamment par la mobilisation de l'ensemble des acteurs de l'apprentissage et de ceux qui œuvrent spécifiquement sur ces territoires. Enfin, pour ce qui concerne la demande relative à un tableau de bord trimestriel des contrats d'apprentissage signés, les taux de rupture et les taux d'insertion, il est à noter que la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) met à disposition en libre accès, sur la plateforme POEM, des indicateurs détaillés relatifs aux contrats d'apprentissage. Ces données incluent notamment le nombre de contrats signés, les caractéristiques des contrats et les taux de rupture. Ces informations sont accessibles sous forme de séries longues et de données mensuelles, consultables via les liens suivants : séries longues sur les contrats d'apprentissage et données mensuelles sur les contrats d'apprentissage. La DARES et la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (éducation nationale) ont croisé différentes sources administratives afin de suivre les parcours des jeunes en voie professionnelle et leur insertion dans l'emploi. Pour chaque formation, lycée professionnel ou centre de formation d'apprentis, sont publiés le taux de poursuite d'études, le taux d'emploi à la sortie de formation (calculé à 6, 12, 18 et 24 mois) et le taux de rupture des contrats d'apprentissage. Ces indicateurs, disponibles en open data, permettent une analyse fine par bassin d'emploi. Ils sont accessibles à l'adresse suivante : Insertion des jeunes après une formation en voie professionnelle.

Données clés

Auteur : Mme Joëlle Mélin

Type de question : Question écrite

Rubrique : Chômage

Ministère interrogé : Travail et solidarités

Ministère répondant : Travail et solidarités

Dates :
Question publiée le 21 octobre 2025
Réponse publiée le 24 mars 2026

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