Protection des calanques et mouillages illégaux
Question de :
Mme Joëlle Mélin
Bouches-du-Rhône (9e circonscription) - Rassemblement National
Mme Joëlle Mélin attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la pression touristique qui s'exerce dans le parc national des Calanques. Les services de l'Office français de la biodiversité ont relevé quatre cent soixante infractions nautiques en 2024 : mouillages sur posidonies protégées, navigation dans des zones interdites et débarquements non autorisés sur des plages sensibles. Ces manquements répétés accélèrent l'érosion des fonds marins, dégradent les herbiers et aggravent la pollution sonore et chimique. Les gardes dénoncent un afflux quotidien de navires de plaisance qui dépasse largement la capacité d'accueil écologique du site, surtout entre juin et septembre. Dans ce contexte, Mme la députée souhaite savoir si le Gouvernement envisage d'instaurer un quota journalier d'entrées maritimes, géré par réservation numérique obligatoire, à l'image des jauges déjà appliquées aux sentiers pédestres du parc. Elle l'interroge aussi sur la possibilité de généraliser le mouillage écologique : pose de bouées d'amarrage équipées de lignes élastiques qui évitent le recours aux ancres destructrices. Elle demande enfin quel financement l'État compte mobiliser, en propre ou via le plan France Nature, pour épauler la direction du parc dans l'achat des dispositifs, la surveillance par drones et le renforcement des contrôles en mer, afin de garantir à long terme la préservation des écosystèmes des Calanques.
Réponse publiée le 11 août 2026
La protection des herbiers de Posidonie, habitats marins d'intérêt patrimonial majeur, constitue une priorité de l'État et du parc national des Calanques. Les infractions relevées par l'Office français de la biodiversité témoignent de la nécessité de maintenir et renforcer les dispositifs de régulation et de contrôle des usages en mer, afin de concilier fréquentation du site et préservation des écosystèmes. Le parc national des Calanques est situé sur un territoire emblématique comprenant un patrimoine écologique majeur, soumis à de fortes pressions anthropiques, particulièrement en période estivale : forte fréquentation touristique, activités de prélèvement de ressources (pêche professionnelle et de loisir), fort risque incendie… Afin de répondre à ces pressions, le parc national des Calanques mobilise trois leviers d'actions : la réglementation, l'information et la sensibilisation du public ainsi que l'aménagement des sites. D'un point de vue réglementaire, le parc national dispose de compétences en matière de police de l'environnement et de circulation des personnes. Dans le cœur marin, le conseil d'administration peut émettre des propositions de réglementation sur la circulation des personnes et des bateaux, toutefois le préfet maritime reste compétent. La directrice de l'établissement public peut à son niveau réglementer les activités sportives et de loisir, qu'elles soient terrestres ou subaquatiques. Elle a également la possibilité de prendre toute mesure conservatoire nécessaire à la protection d'espèces ou habitats menacés en cœur terrestre ou marin. Le parc national des Calanques est engagé depuis plusieurs années dans un effort de maîtrise et d'organisation de sa fréquentation nautique, au moyen de sa stratégie d'accueil et de ses déclinaisons opérationnelles : schéma d'accès, schéma de mouillage, schéma des sports et loisirs de nature. Depuis 2020, cette activité est soumise à un contingentement : seuls les professionnels reconnus et agrées par l'établissement bénéficiaires d'une vignette verte sont autorisés à louer une embarcation. L'instauration d'un quota journalier d'accès maritime, géré par un système de réservation numérique obligatoire, est une piste sérieusement étudiée pour réguler la fréquentation dans les zones sensibles. Par exemple, le parc national de Port-Cros expérimente déjà le système de réservation obligatoire pour les mouillages, avec des premiers résultats encourageants en termes de respect des zones protégées. Le développement du mouillage écologique constitue pour le parc national des Calanques un levier essentiel, afin de réduire l'impact des activités nautiques sur les fonds marins. L'État soutient le déploiement de bouées d'amarrage respectueuses des herbiers de Posidonie, notamment via les crédits du Fonds vert et du programme 113. La mise en place de quatre zones de mouillage et d'équipement légers, telles que définies dans le schéma global d'organisation des mouillages du parc national, est ainsi une mesure clé pour apaiser la fréquentation en mer et protéger les fonds marins. Le parc national des Calanques a déjà installé plus de 200 bouées écologiques depuis 2020, et vise à multiplier cette mesure pour couvrir au mieux le cœur marin. Le gouvernement restera pleinement mobilisé aux côtés de l'établissement public afin de garantir la préservation des écosystèmes exceptionnels des Calanques, dans un équilibre entre protection de la biodiversité et accueil du public.
Auteur : Mme Joëlle Mélin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Environnement
Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Ministère répondant : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Dates :
Question publiée le 21 octobre 2025
Réponse publiée le 11 août 2026