Stop au déclassement de la voie professionnelle
Publication de la réponse au Journal Officiel du 17 mars 2026, page 2375
Question de :
M. Aurélien Dutremble
Saône-et-Loire (3e circonscription) - Rassemblement National
M. Aurélien Dutremble appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les difficultés croissantes rencontrées par les élèves sortant des lycées professionnels pour accéder à l'emploi. D'après des données récemment relayées dans la presse, près de 180 000 jeunes issus de la voie professionnelle restent plus d'un an au chômage après leur sortie de lycée, soit un quart des 700 000 élèves qui s'orientent chaque année vers ces filières. Cette situation concerne en grande majorité des jeunes issus des catégories modestes, qui pourtant souhaitent travailler et s'insérer rapidement sur le marché du travail. Beaucoup d'entre eux témoignent de centaines de candidatures laissées sans réponse, de refus répétés et d'un profond sentiment d'abandon. Dans certains établissements, seuls 30 % des élèves trouvent un emploi après l'obtention de leur diplôme et il faut souvent près de deux ans pour décrocher un CDI. Les équipes éducatives soulignent le manque de réseau, la faible considération accordée à ces formations et l'écart croissant entre les promesses faites aux élèves et la réalité du marché du travail. Alors que 60 % des jeunes en difficulté d'insertion proviennent de la voie professionnelle, ces chiffres traduisent l'échec des politiques menées jusqu'ici et fragilisent gravement l'égalité des chances. Ils témoignent également d'une dévalorisation persistante de la voie professionnelle, pourtant indispensable à l'économie, aux métiers en tension et à la réindustrialisation du pays. La voie professionnelle souffre aujourd'hui d'une mauvaise réputation : près de huit Français sur dix considèrent qu'elle n'est pas suffisamment valorisée. Il lui demande donc quelles mesures urgentes il compte prendre pour améliorer l'accès à l'emploi des jeunes issus de la voie professionnelle ; comment il entend renforcer les partenariats entre établissements et entreprises afin de faciliter leur entrée dans la vie active ; et quelles actions seront mises en œuvre pour revaloriser concrètement ces filières et garantir à chaque jeune une réelle perspective d'insertion professionnelle.
Réponse publiée le 17 mars 2026
La réforme des lycées professionnels qui se déploie progressivement depuis la rentrée scolaire 2023 poursuit trois grandes finalités : mieux accompagner chaque lycéen professionnel et lutter contre le décrochage ; faire du lycée professionnel un choix d'avenir pour toute notre économie et donner à l'équipe éducative des moyens d'agir. Afin de mieux accompagner les élèves vers l'obtention d'un diplôme et vers l'insertion professionnelle, qu'elle soit immédiate ou après une poursuite d'études, différentes mesures ont donc été mises en place, telles que : la gratification des périodes de stage des élèves de la voie professionnelle, à la charge de l'État et non des entreprises. La gratification est une modalité de valorisation de la voie professionnelle et qui souligne l'importance accordée aux temps en entreprise considérés comme temps de formation. Cette mesure soutient aussi l'égalité des chances ; la systématisation de groupes à effectifs réduits pour les enseignements dédiés aux savoirs fondamentaux (mathématiques, français) afin de corriger les fragilités des élèves révélées par les tests de positionnement à l'entrée au lycée, la maitrise des savoirs fondamentaux soutenant l'exercice de la citoyenneté et l'employabilité ; l'organisation de l'année de terminale de baccalauréat professionnel en lien avec le projet de l'élève - soit accéder à l'emploi, soit poursuivre ses études - avec soutien au parcours durant toute l'année pour appuyer les élèves dans la finalisation de leur projet post-bac et les préparer au mieux à intégrer le marché de l'emploi ou une formation ; la création de bureaux des entreprises, un dans chaque lycée professionnel, ce qui vise notamment à ouvrir un réseau professionnel aux jeunes qui n'en ont pas et à créer un point d'entrée au sein des établissements pour chaque entreprise ou employeur potentiel du territoire. Un travail a également été engagé en vue d'adapter les cartes des formations en régions et donc l'offre de formation sur les territoires en fixant des objectifs ambitieux afin d'assurer d'une part la fermeture de formations qui mènent insuffisamment à l'emploi ou à la poursuite d'études, et d'autre part l'ouverture de places dans les secteurs plus porteurs (industrie, services à la personne, numérique, énergie, bâtiment durable, mobilités douces, métiers d'art, etc.). En outre, le dispositif Avenirpro expérimenté depuis plusieurs années, est généralisé à compter de cette rentrée 2025. Il vise avec les interventions de conseillers du réseau national pour l'emploi (France Travail, missions locales) auprès des élèves en dernière année de formation (CAP, bac professionnel, brevet des métiers d'art) à les aider à mieux comprendre le marché du travail, les attentes des employeurs et connaître les outils et services à disposition, ce en vue de favoriser leur insertion. Le dispositif se prolonge avec « AvenirPro + » qui vise à sécuriser l'accès à l'emploi ou à une poursuite d'études pour tous les élèves volontaires se trouvant sans solution à l'issue de leur cycle de formation au lycée professionnel. Les élèves peuvent ainsi bénéficier pendant quatre mois à leur sortie du lycée de plusieurs types d'accompagnement : une aide personnalisée d'adaptation à l'emploi ou à la recherche d'emploi incluant un bilan de compétences, des ateliers de techniques de recherche d'emploi, des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), des formations complémentaires, etc. Un suivi dédié est assuré par un professeur référent de parcours et les avantages liés au statut scolaire sont maintenus. Ces différentes mesures sont mises en œuvre et suivies au plan national et sont éventuellement ajustées pour favoriser la réussite des jeunes et leur insertion.
Auteur : M. Aurélien Dutremble
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement technique et professionnel
Ministère interrogé : Éducation nationale
Ministère répondant : Éducation nationale
Renouvellement : Question renouvelée le 3 mars 2026
Dates :
Question publiée le 25 novembre 2025
Réponse publiée le 17 mars 2026