Coalition des volontaires pour l’Ukraine
Question de :
M. Pieyre-Alexandre Anglade
Français établis hors de France (4e circonscription) - Ensemble pour la République
Question posée en séance, et publiée le 7 janvier 2026
COALITION DES VOLONTAIRES POUR L'UKRAINE
Mme la présidente . La parole est à M. Pieyre-Alexandre Anglade.
M. Pieyre-Alexandre Anglade . Aujourd'hui, les pays européens alliés de l'Ukraine et des émissaires américains se retrouvent à Paris, autour du président de la République, pour un nouveau sommet de la coalition des volontaires. Dans le brouillard qui accompagne ces négociations, nous défendons avec Gabriel Attal plusieurs priorités pour l'Ukraine.
D'abord, nous voulons une paix juste et durable en Ukraine, et la sécurité pour l'Europe. Dans ce cadre, nous soutenons des garanties de sécurité robustes, en commençant par le renforcement significatif des forces armées ukrainiennes, premier rempart face à la Russie.
Ensuite, une fois qu'un cessez-le-feu aura été obtenu, nous demandons le déploiement d'une force multilatérale conduite par les Européens, pour sécuriser l'Ukraine et l'Europe et s'assurer du respect du cessez-le-feu. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Enfin, parce qu'il ne peut y avoir de paix juste sans justice, nous appelons à utiliser les actifs russes gelés pour compenser les dommages subis par l'Ukraine et soutenir sa reconstruction. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et LIOT.)
Reconnaissons-le, le contexte international est bien sombre. La Russie poursuit la guerre en Ukraine et renforce sa guerre hybride contre tous les pays européens. La Chine mène une guerre économique contre les entreprises européennes. Quant aux États-Unis d'Amérique, ils attaquent notre indépendance. Nous l'avons vu dans le domaine du numérique, avec les sanctions qui ont frappé Thierry Breton.
S'agissant maintenant du Groenland, disons-le là aussi clairement : toute l'Europe, ses institutions, les capitales des Vingt-Sept, doivent se tenir aux côtés du Danemark. Cela ne doit pas seulement passer par des communiqués, certes nécessaires. Il faut aussi apporter notre soutien sur place, sans quoi le président Trump s'emparera du Groenland – nous avons été prévenus.
Soyons lucides : toutes ces urgences ne représentent pas simplement un mauvais moment à passer. Il s'agit de la nouvelle réalité brutale du monde dans lequel nous vivons. C'est pourquoi nous n'avons pas d'autre chemin que celui de la puissance européenne. Face aux empires hostiles, une Europe faible et divisée se fera piétiner.
Aussi, pouvez-vous nous dire où en sont les négociations de paix en Ukraine et comment le gouvernement entend préparer les Français aux chocs à venir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. Jean-Louis Thiériot applaudit également.)
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants.
Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants . En ce moment même, à l'Élysée, se tient un sommet de la coalition des volontaires, en présence de vingt-sept chefs d'État. C'est beaucoup. C'est même la première fois qu'autant de chefs d'État sont réunis dans ce cadre.
Lancée sur une initiative franco-britannique, avec nos partenaires européens, la coalition visait trois objectifs qui sont aujourd'hui acquis. D'abord, il s'agissait de soutenir l'Ukraine pour qu'elle soit en position de force dans les négociations et que sa souveraineté soit respectée. Ensuite, il fallait s'assurer de la robustesse des futurs accords de cessez-le-feu et de paix. On a vécu Minsk, on a vécu Budapest ; plus jamais on ne croira la Russie sur parole. Enfin, nous avons refusé que les négociations qui concernent directement la sécurité de l'Europe se passent sans les Européens.
Ces trois points, qui ont été beaucoup travaillés pendant un an et demi, s'accompagnent de propositions solides. La première garantie de sécurité sera évidemment le renforcement de l'armée ukrainienne Des mesures importantes ont également été prises – je pense, par exemple, à l'immobilisation des avoirs gelés.
C'est ainsi que l'Europe réussit à peser et à faire entendre sa voix. Vous l'avez dit, dans le monde brutal où nous vivons, le respect de notre souveraineté, du droit international et de notre sécurité, de même que la possibilité de la paix, dépendront non pas de notre faiblesse, mais de notre force, de notre puissance et de notre détermination.
Croyez bien que c'est ce qui nous pousse à réarmer la France et l'Europe. La coalition des volontaires est la première incarnation du pilier européen pour la défense et la sécurité de notre continent. Les Américains apportent des garanties de sécurité. Cela montre que nous les avons convaincus, que nous pesons dans les négociations et que nous continuerons à le faire. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. - M. Jean-Louis Thiériot applaudit également.)
Auteur : M. Pieyre-Alexandre Anglade
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : Armées et anciens combattants (MD)
Ministère répondant : Armées et anciens combattants (MD)
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 7 janvier 2026