Pour le retour définitif du livre "Linguae Vasconum primitae" au Pays Basque
Question de :
M. Peio Dufau
Pyrénées-Atlantiques (6e circonscription) - Socialistes et apparentés
M. Peio Dufau appelle l'attention de Mme la ministre de la culture sur l'avenir du tout premier livre imprimé en langue basque, « Linguae Vasconum primitae » écrit par Bernat Etxepare et publié en 1545. Cet ouvrage fondateur, qui débute par les mots « La langue basque est digne, autant qu'une autre, d'être écrite », constitue un trésor du patrimoine linguistique et littéraire du Pays Basque. Composé de 28 feuillets de poèmes, ce livre rare a traversé les siècles en bénéficiant d'une remarquable conservation. Il est actuellement prêté par la Bibliothèque nationale de France au Musée Basque de Bayonne, où il est exposé jusqu'au 11 janvier 2026. Compte tenu de sa valeur patrimoniale, symbolique et culturelle pour les habitants du Pays Basque ainsi que de sa place dans l'histoire de la langue basque et de l'attachement profond de la population à cet ouvrage unique, il lui demande d'étudier les conditions pour le maintenir au Pays Basque au-delà de la période d'exposition. Par ailleurs, M. le député souhaite souligner le caractère vivant de la culture et de la langue basque. Sa transmission dépend à la fois de la visibilité de ses œuvres fondatrices, mais aussi des moyens attribués à la création. Alors que l'État vient de réduire le budget alloué à l'Institut culturel basque, il l'alerte sur la fragilisation de l'écosystème culturel basque. Celui-ci est pourtant au cœur de l'exercice effectif des droits culturels et demeure un pilier essentiel du lien social et de la création populaire.
Réponse publiée le 14 juillet 2026
Si l'ouvrage de Bernard Dechepare, en basque Bernat Etxepare, intitulé Linguae Vasconum Primitiae et imprimé à Bordeaux en 1545, revêt une importance particulière pour la langue basque, on ne saurait parler de « retour » s'agissant d un livre qui n'a été ni produit ni conservé au Pays basque. En effet, peu après son impression à Bordeaux, cet exemplaire est entré dans les collections de Louis de Bourbon-Condé (1530-1569), avant de rejoindre celles de la Bibliothèque du roi au XVIIIe siècle. Depuis lors, il n'a plus quitté les collections nationales. Depuis de longues années, la Bibliothèque nationale de France (BnF) apporte toutes les garanties en matière de sûreté et de sécurité pour assurer la bonne conservation du patrimoine écrit de la Nation, et ce livre a ainsi traversé les siècles en bénéficiant d'une remarquable conservation. Parallèlement, la BnF veille à la plus large diffusion de cet imprimé. Il est consultable par tous sur sa bibliothèque numérique Gallica et sur la bibliothèque numérique « Bilketa Portail des fonds documentaires basques », que le ministère de la culture soutient. La BnF a très récemment prêté cet exemplaire pour l'exposition « oeuvres invitées », organisée par le Musée basque à l'occasion de son centenaire, au cours de laquelle il a pu être admiré par un large public. Ces raisons paraissent constituer une solution équilibrée, qui concilie préservation de cet ouvrage et diffusion la plus large auprès du public du monde entier.
Auteur : M. Peio Dufau
Type de question : Question écrite
Rubrique : Patrimoine culturel
Ministère interrogé : Culture
Ministère répondant : Culture
Dates :
Question publiée le 9 décembre 2025
Réponse publiée le 14 juillet 2026