Dispositions relatives au travail du 1er mai dans le secteur des jardineries
Publication de la réponse au Journal Officiel du 24 février 2026, page 1764
Question de :
Mme Corinne Vignon
Haute-Garonne (3e circonscription) - Ensemble pour la République
Mme Corinne Vignon attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les dispositions relatives au travail du 1er mai dans le secteur des jardineries. Le texte adopté au Sénat visant à encadrer le travail du 1er mai prévoit, dans sa version initiale, l'inclusion explicite des jardineries parmi les établissements susceptibles d'être concernés par ce dispositif, sous réserve du volontariat des salariés et d'une rémunération doublée. Pour ce secteur, la période allant de mars à mai représente environ 50 % du chiffre d'affaires annuel et le 1er mai constitue un jour déterminant puisque 41 % des achats de muguet ont lieu à cette date, dont près de 20 % dans les jardineries. La possibilité d'ouvrir ce jour-ci, dans le respect du volontariat et du cadre social existant, revêt donc une importance économique majeure pour les entreprises comme pour les salariés concernés. Or les professionnels du secteur s'inquiètent du fait que le texte issu du Sénat n'ait pas encore été débattu à l'Assemblée nationale, alors que la date du 1er mai approche. Ils appellent de leurs vœux une stabilisation rapide de ces dispositions, afin de sécuriser juridiquement la continuité de cette tradition populaire et de préserver l'équilibre économique de la filière. En conséquence, elle souhaite savoir si le Gouvernement entend inscrire ce texte à l'ordre du jour parlementaire avant le 1er mai, afin de garantir aux entreprises de jardinage et à leurs salariés un cadre clair et pérenne pour l'exercice volontaire de leur activité ce jour-là.
Réponse publiée le 24 février 2026
Le 1er mai est en France un jour férié et obligatoirement chômé pour tous les salariés. Le cadre juridique actuel n'interdit pas aux personnes non salariées de travailler le 1er mai, qui est un jour férié et chômé pour les salariés uniquement. Il permet en outre à un employeur d'employer des salariés le jour du 1er mai s'il démontre que, dans sa situation particulière, la nature de l'activité que ses salariés exercent ne permet pas d'interrompre leur travail le jour du 1er mai, ainsi qu'il résulte de la jurisprudence constante de la Cour de cassation. Toutefois, face aux difficultés remontées sur la règlementation relative au 1er mai, une évolution limitée de la loi - telle que prévue par la proposition de loi n° 550 déposée par la sénatrice Annick Billon - permettrait de clarifier le cadre applicable et de tenir compte de manière pragmatique des spécificités d'un nombre restreint de secteurs, dont font partie les jardineries. Ce texte adopté en première lecture par le Sénat le 3 juillet 2025 dans le cadre de la procédure accélérée élargit les dérogations au chômage du 1er mai à certains secteurs qui devront être précisés par décret et qui ont vocation à intégrer les jardineries. La Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a examiné ce texte et l'a adopté le 13 janvier 2026. La proposition de loi n'a pas pu être examiné en séance publique le 22 janvier 2026 mais devrait l'être le 10 avril 2026.
Auteur : Mme Corinne Vignon
Type de question : Question écrite
Rubrique : Travail
Ministère interrogé : Travail et solidarités
Ministère répondant : Travail et solidarités
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 16 février 2026
Dates :
Question publiée le 16 décembre 2025
Réponse publiée le 24 février 2026