Politique de la natalité
Question de :
M. Jordan Guitton
Aube (1re circonscription) - Rassemblement National
Question posée en séance, et publiée le 15 janvier 2026
POLITIQUE DE LA NATALITÉ
Mme la présidente . La parole est à M. Jordan Guitton.
M. Jordan Guitton . La récente publication de l'Insee est alarmante : en 2025, pour la première fois depuis 1945, la France a connu plus de décès que de naissances. Cette baisse démographique touche particulièrement les campagnes – cette France périphérique et abandonnée depuis trop longtemps par les gouvernements successifs, où l'immigration ne peut encore cacher cette triste réalité. À l'image d'un département rural comme celui de l'Aube, plus vous êtes loin de l'agglomération centrale, plus vous perdez d'habitants. Nos villages se vident, nos bassins de vie s'étiolent, et l'équilibre territorial de la nation en pâtit profondément sur les plans humain, économique et, surtout, civilisationnel.
Les Français n'ont pourtant pas renoncé à la famille. Les études de l'Institut national d'études démographiques le montrent clairement : le nombre idéal d'enfants s'élève toujours à plus de 2,3 par couple. Un sondage récent révèle en outre que 35 % des femmes aimeraient avoir davantage d'enfants. Le désir est là, mais il se heurte à des obstacles concrets qui le découragent : pouvoir d'achat, insécurité, coût du logement, gardes d'enfants inexistantes, fermetures d'école, accès à l'emploi, désertification médicale, j'en passe.
Il est temps de dire stop à cette spirale infernale, qui est à l'image de votre bilan macroniste. Il faut agir pour déployer une véritable politique en faveur de la natalité, comme nous le proposons depuis des années au Rassemblement national, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella : priorité nationale pour les allocations et les logements sociaux, part fiscale pleine dès le deuxième enfant, doublement de l'allocation de soutien familial pour les parents isolés, croissance économique. Un pays qui ne fait plus assez d'enfants n'a pas d'avenir !
Mme Ségolène Amiot . Lâchez nos utérus, merde !
M. Jordan Guitton . Nos territoires ruraux en paieront doublement le prix. Ma question est simple, monsieur le ministre délégué chargé de la ruralité : face au déclin démographique qui frappe à la fois les campagnes et le pays, comptez-vous agir un jour ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé de la ruralité.
M. Michel Fournier, ministre délégué chargé de la ruralité . La situation que vous venez de présenter est affolante. Je n'ai pas du tout le même point de vue sur les ruralités et leur avenir. Si la baisse démographique qui les frappe est réelle, il ne faut pas ignorer leurs capacités potentielles à rebondir. Je tiens à opposer l'innovation à votre catastrophisme, autrement dit la capacité locale à créer de la croissance, qui est largement partagée en leur sein – ma propre expérience me permet de souligner ce point. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)
M. Philippe Vigier . Excellent !
Mme Caroline Parmentier . Mais il ne dit rien !
M. Michel Fournier, ministre délégué . Vous rappelez la réalité démographique : dans mon département des Vosges, nous perdons 800 gamins chaque année. Personnellement, j'ai fait trois enfants, je suis donc au-dessus du seuil que vous évoquez. (« Ah ! » et rires sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Je ne sais pas ce qu'il en est de votre côté ! (Sourires.)
M. Jean-Paul Lecoq . Toi, tu en as fait combien ? (M. Jordan Guitton trace un zéro de la main.)
M. Erwan Balanant . Faut s'y mettre !
M. Thibault Bazin . Ça fait 3-0 !
M. Michel Fournier, ministre délégué . Toujours est-il que la seule réponse que je peux donner à votre question consiste à faire en sorte de faciliter la vie des ménages en leur offrant de meilleures solutions. Cependant, le problème que vous soulevez n'est pas propre au milieu rural. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)
M. Hervé Berville . Exactement !
Mme la présidente . La parole est à M. Jordan Guitton.
M. Jordan Guitton . Le problème est que vous êtes un ministre macroniste et, comme tous les macronistes, vous n'êtes même pas capable de dresser le bon constat ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
M. Jean-Paul Lecoq . Mais il a fait trois enfants ! (Sourires.)
M. Jordan Guitton . Vous n'apporterez donc aucune solution – vivement 2027 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Vincent Trébuchet applaudit également.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué.
M. Michel Fournier, ministre délégué . Je suis moi-même et, avant tout, à jamais libre et non incorporable ! (Sourires et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem. – Mme Dominique Voynet et M. le premier ministre applaudissent également.)
M. Pierre Cordier . Faut dire qu'il n'y a plus grand monde de macroniste, ils quittent tous le navire !
Auteur : M. Jordan Guitton
Type de question : Question au Gouvernement
Rubrique : Démographie
Ministère interrogé : Ruralité
Ministère répondant : Ruralité
Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 15 janvier 2026